Après avoir soigneusement rassemblé tous vos reçus et fait votre déclaration de revenu, voilà enfin vos efforts récompensés: vous avez reçu votre remboursement d’impôt. Peu importe la somme, quelques centaines ou quelques milliers de dollars, vous avez une décision à prendre.

Que devriez-vous faire de cet argent? Dans cet épisode du balado Perspectives, notre animateur Stephen Meurice et Kingsley Chak, premier vice-président, Produits de dépôt, d’épargne et de placement à la Banque Scotia, discutent de différentes stratégies et de quatre possibilités : vous gâter, rembourser vos dettes, investir et établir un fonds d’urgence.

Écoutez cet épisode pour obtenir les conseils de Kingsley sur le type de dette à rembourser en premier, découvrir différentes options de placements et comprendre l’importance de vous préparer pour les imprévus. (Disponible en anglais seulement.)

Cliquez ici pour lire la transcription.

Le moment est venu de planifier votre avenir financier? Venez rencontrer un conseiller de la Banque Scotia dès aujourd’hui

Transcription :

Stephen Meurice : On dit que, dans la vie, les seules choses dont on peut être certain sont la mort et les impôts.  Mais au moins, quand vous faites vos impôts, vous finissez parfois par récupérer un peu d’argent. En fait, selon l’Agence du revenu du Canada, cette année, le remboursement moyen pour les Canadiens est d’environ deux mille dollars.

Mais nous savons tous que 2000 $ peuvent disparaître assez vite. Ça représente à peine... deux pleins d’essence ces temps-ci? Alors, que pouvez-vous faire pour tirer le meilleur parti de votre remboursement d’impôt?

Kingsley Chak est vice-président principal, dépôts, épargne et placements à la Banque Scotia. Qu’il s’agisse d’un remboursement d’impôt, d’une prime au travail ou de quelques centaines de dollars provenant de la vente de cette guitare Stratocaster bleu agave que vous avez achetée au début de la COVID et dont vous n’avez jamais joué. Il va nous faire part de la meilleure façon d’utiliser un surplus financier.

Commençons.

Merci beaucoup pour votre participation à l’émission d’aujourd’hui, Kingsley.

Kingsley Chak : C’est un plaisir d’être ici, Stephen.

SM : Pouvez-vous nous parler un peu de votre travail? Que signifie être vice-président, dépôts, épargne et investissements? Ça semble être une grosse responsabilité.

KC : C’est effectivement le cas. Mais il ne faut quand même pas en faire tout un plat. À un niveau élevé, je suis responsable des dépôts que les Canadiens confient à la Banque Scotia. Mon rôle est de veiller à ce que nos clients aient le bon produit pour faire fructifier leur argent, et ainsi être en mesure d’utiliser l’argent pour acheter des choses qui leur plaisent. 

SM : Donc, vous en connaissez un peu sur la façon dont les gens dépensent leur argent.

KC : Absolument.

SM : D’accord. Je tiens à préciser que nous sommes en 2022, nous en sommes dans la troisième année d’une pandémie et honnêtement, je dirais que si quelqu’un avait envie de dépenser de l’argent sur quelque chose qui lui fait plaisir, je comprendrais très bien. Ceci étant dit, si une personne se trouve avec quelques dollars en plus, provenant d’un remboursement d’impôt ou de quelque chose d’autre, quelle est la principale chose qu’elle devrait penser à faire avec cet argent, ou comment devrait-elle utiliser cet argent à bon escient

KC : Oui. Les gens ont le choix entre plusieurs options pour utiliser cet argent. N’est-ce pas? Tout d’abord, comme vous l’avez dit, si vous voulez le dépenser et l’utiliser pour voyager ou acheter quelque chose pour vous fairait plaisir après deux ou trois années difficiles, c’est tout à fait compréhensible. Une autre possibilité consiste à rembourser vos dettes. Une troisième possibilité serait d’utiliser cet argent et de l’investir, de le faire fructifier et de créer de la richesse. Enfin, ce à quoi la plupart des Canadiens ne pensent probablement pas, c’est d’utiliser cet argent comme fonds d’urgence. Si quelque chose devait arriver, vous avez une réserve d’argent dans laquelle vous pouvez puiser pour vous aider. 

SM : D’accord. Examinons ces possibilités une par une. La première chose que vous avez mentionnée est de dépenser l’argent, et je pense que la plupart des gens n’ont pas de problème avec ça. La deuxième chose que vous avez mentionnée était de rembourser ses dettes. Je crois que la plupart des ménages canadiens sont endettés. Plusieurs d’entre nous avons différents types de dettes, qu’il s’agisse de dettes sur des cartes de crédit, de dettes hypothécaires, de marges de crédit ou quoi que ce soit d’autre. Comment savoir quelle dette à payer en premier, ou si serait préférable d'essayer de les prendre en compte toutes en même temps? Quelle est la meilleure façon de gérer cela?

KC : En effet, dans un récent sondage que nous avons examiné, environ 23 % des répondants disent qu’ils utiliseront leur remboursement d’impôt pour rembourser des dettes. Et votre question sur quelle dette rembourser en premier est géniale. En bref, le principe est de rembourser celle qui a le taux d’intérêt le plus élevé. Donc, si on pense aux cartes de crédit, le taux d’intérêt d’une carte de crédit se situe entre 12 % et 20 %. Et la suivante à rembourser est probablement une marge de crédit non garantie, qui est, comme vous le savez, de 4 à 6 %, puis votre hypothèque qui est garantie, et dont le taux d’intérêt, ces temps-ci, est de 3 à 4 %. Donc, si vous voulez rembourser vos dettes, évidemment, vous voulez choisir celle dont le taux d’intérêt est le plus élevé, car cela vous permettra d’économiser le plus d’argent.

SM : D’accord. Comme je l’ai dit, tout le monde a... la plupart des gens ont un certain montant de dettes. Peut-on dire qu’il existe de bonnes dettes et de mauvaises dettes?

KC : Oui, absolument. Je pense qu’une façon de décrire une bonne dette est une dette que vous contractez et qui créera de la valeur pour vous dans l’avenir. Pensez à un prêt hypothécaire : vous vous endettez pour bâtir de la richesse à long terme, n’est-ce pas? Ces dettes-là sont généralement de bonnes dettes, et représentent un bon moyen de résoudre un problème de trésorerie pour vous aider à bâtir de la richesse. Du côté des mauvaises dettes, si vous empruntez de l’argent et achetez quelque chose pour vous rendre vraiment heureux, il y a une quelconque utilité à cela. Mais, en général, si vous achetez des choses qui ne font qu’augmenter vos paiements et qui n’ont pas beaucoup de valeur, c’est probablement davantage du côté de la mauvaise dette.

SM : Parlons de prêts hypothécaires. Disons que vous n’avez pas beaucoup de dettes sur des cartes de crédit, mais que vous avez un prêt hypothécaire. Vous savez, vous pouvez avoir l’impression qu’avec un remboursement d’impôt de quelques centaines ou quelques milliers de dollars, cela ne fera pas beaucoup de différence sur une hypothèque de plusieurs centaines de milliers de dollars. Ce n'est qu'une goutte d’eau dans l’océan. Que répondriez-vous à quelqu’un qui regarderait la situation de cette façon?

KC : En effet, je pense que chaque petit geste a de l’importance. L’avantage de payer plus sur votre hypothèque, c'est que vous payez réellement le capital. Ainsi, lorsque le capital diminue, cela signifie que vous payez moins d’intérêts sur le taux que vous payez. Et donc, même si ce n’est qu’un petit montant, chaque petit montant aide à sauver de l’intérêt sur le long terme. Mais il faut bien comprendre qu’une hypothèque typique se chiffre en centaines de milliers de dollars, voire en millions, et que cela ne représente qu’une infime baisse. La question qui se pose est la suivante : existe-t-il une meilleure façon d’utiliser cet argent? Et je pense qu’une chose à laquelle nous ne pensons pas vraiment est : avons-nous un fonds d’urgence que nous pourrons utiliser lors des jours difficiles? Et quelque chose de ce genre pourrait être très utile et vous donner un peu plus de sentiment de sécurité si quelque chose devait se produire un jour.

SM : Absolument. Vous l’avez mentionné dans la liste des utilisations possibles de l’argent. Parlez-nous un peu plus de ce qu’est un fonds d’urgence. Combien les gens devraient-ils essayer d’avoir à disposition? À quoi ressemble un fonds d’urgence?

KC : Il s’agit généralement d’avoir un coussin de protection de trois à quatre mois de vos dépenses fonctionnelle sur une base mensuelle. Je dirais que si vous avez un fonds d’urgence, investissez-le et mettez-le dans un véhicule facile à retirer et qui vous rapporte un peu d’intérêt. Un compte d’épargne à intérêt élevé ou un dépôt à court terme, quelque chose que vous pouvez retirer à tout moment. C’est un peu comme ça que fonctionne le fonds d’urgence.

SM : Absolument. Donc, vous devez additionner toutes vos dépenses, vos remboursements hypothécaires, vos autres dettes, votre épicerie, tout le reste. On additionne tout cela pour le mois et vous pensez que nous avons besoin de trois à quatre mois?

KC : De trois ou quatre mois, c’est bien ça.

SM : D'accord. Ce n’est donc pas une somme insignifiante. Il faut faire des économies importantes pour être en mesure d’en arriver là.

KC : Oui. Et je pense que l’autre façon de voir les choses en cas d’urgence est : avez-vous accès à l’argent et aux liquidités? Donc, une solution est d’avoir l’argent dans votre tirelire. L’autre solution est : avez-vous une marge de crédit non garantie dans laquelle vous pouvez puiser en cas de situation d’urgence? C’est une autre façon d’aborder la situation.

SM : Oui, parce qu’il pourrait arriver soudainement une fuite dans votre toit ou quoi que ce soit d’autre et vous auriez besoin de beaucoup d’argent d’un coup.

KC : Sans aucun doute.

SM : D’accord, l'autre chose dont vous avez parlé, c’est de mettre faire fructifier son argent. L’investir d’une manière ou d’une autre, évidemment, des tonnes de possibilités existent. Mais quelle est votre suggestion aux gens possédant une somme d’argent assez modeste, mais qui veulent qu’elle travaille pour eux?

KC : Oui, je pense que l’épargne est la priorité des Canadiens et des Canadiennes. Vous savez, dans le sondage, 47 % des répondants disent qu’ils l’utiliseront sous une forme ou une autre pour économiser. Qu’il s’agisse d’un CELI, d’un REER ou d’un REEE, il faut faire fructifier son argent. Je dirais que la situation de chaque personne est différente. Ce sera un moment idéal pour parler à vos conseillers financiers pour voir quel est le bon plan et quel est le bon véhicule d’investissement pour vous. Cela dépend également des circonstances; avez-vous une dépense importante à venir? Est-ce un investissement pour dans vingt ou trente ans, une fois que vous prendrez votre retraite, ou économisez-vous pour une voiture neuve? Tous ces facteurs influent votre stratégie d’investissement.

SM : D’accord, j’espère donc que les gens iront voir un conseiller et obtiendront de l’aide. Mais à court terme, pouvez-vous nous donner un bref rappel? Vous avez mentionné les CELI, vous avez mentionné les REER. Peut-on faire un bref résumé de ce que sont chacune de ces options?

KC : Certainement, nous pouvons passer rapidement en revue tous les produits d’épargne enregistrés. Le premier est le régime enregistré d’épargne-retraite, le REER. Ainsi, tous les Canadiens peuvent contribuer jusqu’à 18 % de leur revenu annuel à ce régime. Le montant est déductible de l’impôt. Ainsi, dans un an, vous obtiendrez plus de retour d’impôt si vous y contribuez, et lorsque vous prendrez votre retraite, vous retirerez l’argent qui sera imposé à ce stade. La bonne chose est qu’au moment où vous prendrez votre retraite, votre revenu sera inférieur, vous serez alors imposé pour une fourchette de revenu inférieure. Voilà en quoi consistent les avantages. Il y a deux caractéristiques du REER qui sont bonnes à savoir. L’une d’entre elles est le Régime d’encouragement à l’éducation permanente. Donc, disons qu’un jour, vous voulez suivre un cours. Vous pouvez consacrer jusqu’à 20 000 $ à votre plan d’éducation. Vous devez rendre cet argent dans 10 ans. Mais c’est une bonne façon de l’utiliser, en l’investissant sur vous d’un point de vue éducatif. L’autre est le Régime d’accession à la propriété : vous pouvez prendre jusqu’à 35 000 $ en franchise d’impôt à verser en acompte sur votre première maison. Le dernier régime est le régime enregistré d’épargne-études. Ainsi, pour beaucoup de parents, il s’agit essentiellement d’un instrument d’épargne pour les études postsecondaires. Vous pouvez cotiser jusqu’à 50 000 $ dans chaque régime de REEE. Et voici l’avantage : pour les personnes de moins de 18 ans, il existe une subvention canadienne pour l’épargne-études. Cela signifie que le gouvernement versera jusqu’à 500 $ par année pour l’éducation de votre enfant. Et jusqu’à 7200 $ au total. Enfin, le compte d’épargne libre d’impôt. Essentiellement, l’argent que vous y mettez, vous pouvez le faire fructifier et l’investir, et les gains que vous obtenez sont libres d’impôt. Donc, vous n’avez pas besoin de payer d’impôt là-dessus. Et c’est donc très bon pour les objectifs d’épargne à court terme et à long terme.

SM : Vous vous souvenez, j'ai mentionné au début qu'il y a une certaine valeur à dépenser de l’argent. Je ne sais pas s’il y a de la valeur à dépenser de l’argent, [rires] mais il y a au moins parfois du plaisir à en tirer. Avez-vous des conseils pour les gens qui se disent, « Vous savez quoi, je vais juste dépenser l’argent pour moi-même »? Doit-on avoir investi dans toutes les autres possibilités au préalable ou…

KC : [rires] Je pense que la situation de chacun est un peu différente, n’est-ce pas? Comme prendre soin de soi, s’occuper de soi et l’amour de soi sont importants, n’est-ce pas? Je pense que ça a été dur pendant deux ans. Je sais, d’après le sondage, que 17 % des répondants au sondage disent « Je veux dépenser l’argent », et la moitié d’entre eux diront « Je veux voyager et partir en vacances », n’est-ce pas? Cela a été un long moment d’attente avant de prendre l’avion pour quelque part, et vous savez évidemment que voyager est un grosse dépense. S’il y a quelque chose qui vous procure de la joie et que vous ne l’achetez pas, en voici une autre. Je vous suggérerais de rénover votre maison. Pour les propriétaires, cela pourrait être d’améliorer l’efficacité énergétique de votre maison. Vous dépensez de l’argent, votre maison est plus belle, vous obtenez un retour et des économies dans le futur. L’autre possibilité serait un organisme de charité qui vous tient à coeur et auquel vous voulez contribuer. Il se passe beaucoup de choses dans le monde, et vous obtenez un reçu fiscal qui contribue à vos déductions de revenus de l’année prochaine. 

SM : D’accord, qu’est-ce qui vous ferait plaisir, seriez-vous intéressé à acheter une guitare?

KC : [rires] Je ne suis pas doué pour la musique, donc ce ne sera certainement pas une guitare. Je suis cycliste, vous savez, et le nombre optimal de vélos que n’importe quel cycliste pourrait avoir est N+1. Et donc, quand il y a un retour d’impôt, je regarde assurément pour voir si un vélo supplémentaire ne me serait pas utile, mais j’ai besoin d’obtenir la permission de mon épouse d’abord.

SM : Très bien, nous allons nous arrêter ici. Merci beaucoup Kingsley d’être venu nous parler aujourd’hui. C’était vraiment intéressant et j’apprécie que vous ayez pris le temps de m’écouter.

KC : Génial! Merci de m’avoir invité, Stephen

SM : Je m’entretenais avec Kingsley Chak, vice-président principal, dépôts, épargne et placements à la Banque Scotia.