CANADA : LA BAISSE DES VENTES DE VÉHICULES EST PEUT-ÊTRE EN TRAIN DE SE TASSER
En février, les ventes d’automobiles au Canada ont gagné 3 % sur un mois pour s’inscrire à 1,76 million d’exemplaires en rythme désaisonnalisé et annualisé, d’après les données d’Omdia (graphique 1). C’est en février que s’est produite la première hausse en données désaisonnalisées dans les ventes de véhicules depuis septembre 2025. La moyenne mobile sur trois mois est essentiellement inchangée, à 1,74 million d’exemplaires (en données désaisonnalisées et annualisées) : elle a donc atteint son plus creux depuis le milieu du T4 de 2023. Les ventes non désaisonnalisées du mois se sont chiffrées à 116 600 exemplaires, selon la même source, en baisse de 6,2 % sur un an.
Si le repli des ventes de véhicules au Canada semble vouloir se tasser, le secteur et l’ensemble de la conjoncture économique continuent d’affronter les vents contraires que font souffler les droits de douane et que d’autres chocs produisent. La récente décision rendue par la Cour suprême des États-Unis le 20 février a eu pour effet de révoquer les droits de douane de l’IEEPA, dont les droits de 35 % sur la plupart des biens exportés par le Canada aux États-Unis, ce qui n’a toutefois pas eu d’impact sur les droits de douane de l’article 232, par exemple ceux qui ciblent les importations américaines d’automobiles et de pièces détachées. L’administration Trump a vite annoncé et mis en œuvre des droits de douane de 10 % en faisant appel à l’article 122, et ces droits, comme ceux de l’IEEPA, ne s’ajoutent pas aux droits de douane de l’article 232 et viennent exempter de nombreux biens conformes à l’ACEUM. La volatilité de la politique commerciale et de la politique tarifaire vient exacerber le climat d’incertitude en prévision des discussions qui porteront sur la reconduction de l’ACEUM. Les changements importants qui pourraient être apportés à cet accord commercial ou une rupture totale de cet accord pèseraient lourdement sur l’économie du Canada, comme l’indique ce récent rapport des Études économiques de la Banque Scotia.
Dans le même temps, le récent pic des cours mondiaux du pétrole avive l’incertitude qui règne sur la conjoncture. Alors qu’un choc haussier permanent sur le WTI pourrait rehausser la croissance du PIB du Canada, comme l’indique ce rapport des Études économiques de la Banque Scotia, la hausse des prix à la pompe pendant une durée prolongée pourrait se répercuter sur la demande des consommateurs. Nos prévisions pour les ventes de véhicules légers au Canada s’inscrivent à 1,83 million d’exemplaires en 2026, puisque nous nous attendons à ce que la demande s’améliore d’ici la fin de l’année malgré l’incertitude avivée en raison de l’évolution récente de la conjoncture, et nous nous attendons à ce que ces ventes se hissent à 1,87 million d’exemplaires en 2027.
ÉTATS‑UNIS : MONTÉE DE L’INCERTITUDE SUR FOND DE VOLATILITÉ DES DROITS DE DOUANE ET DES COURS DU PÉTROLE
En février aux États-Unis, les ventes d’automobiles ont progressé de 6,3 % sur un mois à 15,75 millions d’exemplaires en rythme désaisonnalisé et annualisé, selon le BEA (graphique 2). Les ventes d’automobiles du mois écoulé ont rebondi après le récent creux de 14,8 millions d’exemplaires (en données désaisonnalisées et annualisées) pour le rythme des ventes de janvier, qui ont atteint leur plus creux depuis décembre 2022. Par conséquent, la moyenne mobile sur trois mois (mm3m) reste aux alentours de 15,5 millions d’exemplaires (en données désaisonnalisées et annualisées); elle accuse toutefois une baisse par rapport aux 16,3 millions d’exemplaires vendus l’an dernier.
Le 20 février 2026, la Cour suprême des États-Unis a révoqué les droits de douane imposés en vertu de l’International Emergency Economic Powers Act (IEEPA) et compris entre 10 % et 50 % ou plus pour presque tous les partenaires commerciaux. L’administration Trump a vite invoqué l’article 122 pour imposer des droits de douane généralisés de 10 % pour une durée pouvant atteindre 150 jours, dont la prorogation obligerait à demander l’approbation du Congrès, et a menacé de porter le taux des droits de douane à 15 %. Bien que cette nouvelle politique tarifaire ait amoindri le tarif douanier effectif estimé sur les importations américaines, les droits de douane imposés en vertu de l’article 232 sont inchangés. C’est pourquoi les droits de douane de 25 % sur les importations américaines d’automobiles et de pièces détachées restent en vigueur et continueront de peser sur le secteur de l’automobile aux États-Unis et dans toute l’Amérique du Nord.
Hormis les droits de douane, il y a toujours une multitude d’autres vents contraires qui soufflent sur les perspectives. Aux États-Unis, les niveaux de l’emploi n’ont pas bougé depuis septembre, surtout grâce aux gains de l’emploi dans le secteur de la santé. Toutefois, le taux de chômage évolue tendanciellement aux alentours de 4,4 % en raison du ralentissement de la croissance de la population et de l’accroissement du nombre de travailleurs actifs. Dans le même temps, le récent pic des cours mondiaux du pétrole, qui se sont hissés aux environs de 100 $ US le baril contre 65 $ US le baril en février, en raison du conflit au Moyen-Orient, augmente les inquiétudes à propos de l’évolution de l’inflation. Si la Réserve fédérale peut normalement faire abstraction des chocs des cours du pétrole, l’IPC de synthèse et l’IPC sous-jacent continuent d’avoisiner 2,5 % sur un an, et les pressions chroniques à la hausse sur les prix pourraient ralentir les progrès accomplis pour ramener l’inflation à 2 %. Les marchés financiers ont donc commencé à revoir à la baisse une partie de l’anticipation, dans les cours boursiers, du taux directeur d’ici la fin de l’année. Nos prévisions pour les ventes d’automobiles aux États-Unis s’établissent à 15,8 millions d’exemplaires en 2026 et en 2027, et le rythme des ventes devrait se ralentir dans le premier semestre cette année en raison de la léthargie de la croissance de l’emploi et de sa légère amélioration l’an prochain, puisque la baisse attendue des taux d’intérêt viendra étayer la demande des consommateurs.
VENTES MONDIALES D’AUTOMOBILES : LENT DÉBUT D’ANNÉE DANS LA PLUPART DES RÉGIONS SUIVIES
En janvier ailleurs dans le monde, les ventes d’automobiles ont reculé de 5,3 % sur un mois, dans la foulée d’un affaissement tendanciel des ventes désaisonnalisées dans les trois derniers mois (graphique 3). Janvier a été, en données désaisonnalisées, le mois le plus lent pour le rythme des ventes mondiales d’automobiles depuis août 2024. Ce lent début d’année a été généralisé : les ventes d’automobiles ont baissé dans toutes les régions suivies, sauf l’Amérique du Sud, région dans laquelle les ventes ont légèrement augmenté (0,2 % sur un mois en données désaisonnalisées). À l’échelle régionale, c’est en Europe de l’Est que les ventes d’automobiles se sont le plus repliées en pourcentage, pour perdre 16,5 % sur un mois (en données désaisonnalisées) en janvier et pour atteindre leur plus creux depuis juin 2025. En Europe de l’Ouest, les ventes d’automobiles ont fléchi de 8,4 % sur un mois (en données désaisonnalisées), en régressant dans 11 des 15 pays suivis. Dans le même temps, dans la région de l’Asie-Pacifique, les ventes d’automobiles se sont ralenties de 3,5 % sur un mois (en données désaisonnalisées), en se contractant pour un troisième mois d’affilée, surtout en raison de la baisse des ventes en Chine (-4,9 %). Nous prévoyons que les ventes mondiales de véhicules flancheront de 0,4 % en 2026 avant de gagner 1,8 % en 2027 (graphique 4).
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