CANADA : UN REBOND TEMPORAIRE PLUTÔT QUE PLUS DURABLE
En avril, les ventes d’automobiles au Canada ont crû de 3 % sur un mois pour se chiffrer à 1,9 million d’exemplaires en données désaisonnalisées et annualisées, d’après les données publiées par Omdia (graphique 1). Le rythme des ventes du mois écoulé a atteint son plus haut en chiffres désaisonnalisés depuis juillet 2025, alors qu’une révision à la hausse de 1 % des ventes du T1 a donné un meilleur acquis pour le T2. En chiffres non désaisonnalisés, selon la même source, les ventes d’automobiles se sont élevées à 181 600 exemplaires en avril, soit une baisse de 4,1 % sur un an, mais une hausse de 7,9 % par rapport au même mois en 2024.
Les ventes d’automobiles au Canada ont pris du mieux dans les derniers mois : la moyenne mobile sur trois mois (mm3m) s’est hissée à 1,86 million d’exemplaires (en données désaisonnalisées et annualisées) en avril, contre 1,76 million d’exemplaires (en données désaisonnalisées et annualisées; mm3m) en janvier. Cette progression est essentiellement étayée par l’augmentation des ventes de voitures, qui ont gagné 22 % sur un mois (en données désaisonnalisées) en avril sur fond de regain de la demande pour les petites voitures. Encore faut-il savoir s’il s’agit d’un rebond temporaire par rapport au ralentissement des ventes à la fin de l’année écoulée ou d’un rebond plus durable. L’augmentation de la demande en raison de la récente mise en œuvre du Programme pour l’abordabilité des véhicules électriques (PAVE) pourrait expliquer la hausse des ventes de voitures. Statistique Canada devrait publier le 14 mai les ventes de véhicules neufs par type de carburant, ce qui pourrait permettre de constater les premiers signes d’un relèvement des ventes de véhicules non polluants grâce au programme de remises pour les véhicules électriques. Le marché canadien du travail continue d’affronter les vents contraires : les gains de l’emploi ont été freinés cette année, et le taux de chômage a augmenté pour s’inscrire à 6,9 % en avril. Dans le même temps, le conflit qui perdure au Moyen-Orient continue de faire exploser les cours du pétrole. La Banque du Canada n’a pas changé le taux directeur à sa réunion du 29 avril; elle a toutefois signalé qu’elle pourrait hausser le taux à un jour en réaction aux cours du pétrole chroniquement élevés afin d’éviter le risque que l’inflation augmente et se généralise. Dans le Rapport sur la politique monétaire, la BdC a aussi signalé qu’elle pourrait abaisser le taux directeur si d’importantes restrictions commerciales devaient être imposées à l’économie canadienne. Nous nous attendons à ce que la BdC commence à hausser ses taux au deuxième semestre 2026, en portant le taux directeur de 2,25 % à 3 % d’ici la fin de l’année et en le laissant inchangé par la suite, bien que la conjoncture reste fort incertaine en raison de la volatilité des cours du pétrole.
Pour les ventes de véhicules légers au Canada, nos prévisions s’établissent à 1,81 million d’exemplaires en 2026. Les ventes d’automobiles restent très volatiles en chiffres mensuels; en lissant les données de cette conjoncture volatile, nous nous attendons à ce que la demande s’améliore peu à peu d’ici la fin de l’année et l’an prochain, pour s’inscrire à 1,87 million d’exemplaires en 2027, malgré la plus grande incertitude suscitée par les cours élevés et volatils du pétrole qui assombrissent l’horizon.
ÉTATS‑UNIS : LES VENTES ÉVOLUENT TENDANCIELLEMENT EN ZIGZAG DANS UNE CONJONCTURE CONTRASTÉE
En avril, les ventes d’automobiles aux États-Unis ont reculé de 1,6 % sur un mois pour s’inscrire à 15,9 millions d’exemplaires (en données désaisonnalisées et annualisées), d’après le Bureau of Economic Analysis (BEA) (graphique 2). Les ventes de véhicules du premier trimestre ont été révisées en baisse à 1,4 %; c’est pourquoi la moyenne mobile sur six mois (mm3m) dans le rythme des ventes automobiles évolue tendanciellement aux alentours de 15,6 millions d’exemplaires (en données désaisonnalisées et annualisées) depuis février. En chiffres non désaisonnalisés, le BEA a comptabilisé 1,36 million d’exemplaires en avril, soit une baisse de 6,9 % sur un an, mais une hausse de 3,3 % par rapport à avril 2024.
Les ventes de véhicules légers ont essentiellement évolué tendanciellement en zigzag depuis octobre, malgré leur variabilité élevée sur un mois, dans une conjoncture sous-jacente contrastée. Le marché du travail des États-Unis s’est enrichi de plus de 100 000 emplois dans trois des quatre derniers mois, alors que le taux de chômage est resté stable, à environ 4,3 %. L’amélioration récente des données sur l’emploi donne à la Réserve fédérale du temps pour évaluer l’évolution des cours du pétrole et son impact potentiel sur l’inflation, puisqu’elle a maintenu à 3,75 % en avril son taux directeur. Selon nos prévisions, la Fed devrait commencer à abaisser son taux directeur vers la fin de cette année ou au début de 2027; toutefois, une hausse constante de l’inflation ferait souffler des vents contraires sur ces prévisions.
Pour les ventes d’automobiles aux États-Unis, nos prévisions s’établissent à 15,7 millions d’exemplaires en 2026, alors que le rythme des ventes évolue tendanciellement en zigzag cette année et s’améliore marginalement pour s’inscrire à 15,8 millions d’exemplaires en 2027, puisque l’assouplissement attendu des taux d’intérêt et l’amélioration de la dynamique du marché du travail viennent étayer la demande des consommateurs; toutefois, la conjoncture reste très incertaine en raison des vents contraires que font souffler l’augmentation et la volatilité des cours du pétrole.
VENTES MONDIALES D’AUTOMOBILES : VASTES AMÉLIORATIONS AU TERME DE LA LÉTHARGIE DU PREMIER TRIMESTRE
En mars, les ventes d’automobiles dans le reste du monde ont augmenté de 4,6 % sur un mois (en données désaisonnalisées) : en effet, les ventes mensuelles ont progressé dans presque toutes les régions suivies (graphique 3). Il n’empêche que les ventes de véhicules dans le reste du monde ont entamé l’année sur une mauvaise note, en accusant une baisse de -3,5 % sur un trimestre au premier trimestre, du fait de la baisse du rythme des ventes en janvier et en février.
En Europe de l’Ouest, les ventes de véhicules ont gagné 6,4 % sur un mois (en données désaisonnalisées) pour enregistrer le mois désaisonnalisé le plus faste depuis août 2023, et les gains ont été généralisés, puisque les ventes ont progressé dans 14 des 15 pays suivis. Or, les ventes d’automobiles dans la région restent très volatiles en chiffres mensuels et ont marginalement baissé (-0,3 % sur un trimestre) au premier trimestre. Dans le même temps, les ventes d’automobiles en Europe de l’Est ont perdu 0,7 % sur un mois (en données désaisonnalisées) : elles se sont ralenties dans quatre des cinq derniers mois et ont baissé de 17 % sur un trimestre au premier trimestre.
Dans la région de l’Asie-Pacifique, les ventes d’automobiles ont augmenté de 3,3 % sur un mois (en données désaisonnalisées); elles ont enchaîné une deuxième hausse mensuelle consécutive puisque les ventes désaisonnalisées ont repris du mieux après leur creux récent du début de l’année, surtout en Chine (4,6 % sur un mois), pays qui intervient pour environ le deux tiers des ventes de la région. Toutefois, au premier trimestre, les ventes d’automobiles ont cédé 5,3 % sur un trimestre dans la région de l’Asie-Pacifique, en raison de la léthargie des ventes en Chine (-7,8 % sur un trimestre).
En Amérique latine, les ventes de véhicules ont progressé de 15,7 % sur un mois (en données désaisonnalisées), grâce à un regain des ventes au Brésil (31,1 % sur un mois en données désaisonnalisées); elles ont progressé de 1,6 % sur un mois dans les autres pays suivis pour la région, et pour le premier trimestre, les ventes d’automobiles se sont envolées de 6,5 % sur un trimestre.
Pour les ventes de véhicules dans le reste du monde, nous prévoyons un repli de 0,6 % en 2026, puis un gain de 1,9 % en 2027; toutefois, la récente hausse et la plus grande volatilité des cours du pétrole pourraient constituer un risque baissier (graphique 4).
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