CANADA : LES VENTES DE VÉHICULES NEUFS TIENNENT BON AU T1
En mars, les ventes d’automobiles au Canada ont légèrement fléchi en perdant 0,1 % sur un mois pour s’inscrire à 1,81 million d’exemplaires en données désaisonnalisées et en rythme annualisé d’après les données d’Omdia (graphique 1). Les révisions à la hausse apportées aux données pour janvier et février ont donné lieu, pour le T1, à des ventes moyennes de 1,79 million d’exemplaires (en données désaisonnalisées et annualisées), ce qui est supérieur au chiffre auquel on s’attendait, mais ce qui représente quand même une baisse de 0,2 % par rapport au T4 de 2025. Les ventes non désaisonnalisées publiées par la même source pour mars se sont chiffrées à 170 600 exemplaires, ce qui représente un recul de 7,8 % sur un an, malgré un début d’année relativement solide en 2025 avant que les nouveaux droits de douane imposés commencent à chambouler le commerce mondial. Par rapport aux ventes du T1 en données non désaisonnalisées pour la même période dans les récentes années, les ventes se sont repliées de 6,5 % relativement à 2025 et de 2,3 % relativement à 2024.
Le récent ralentissement des ventes de véhicules neufs en données désaisonnalisées a sans doute atteint son plus creux, puisque le rythme des ventes des deux derniers mois s’est accéléré, ce qui cadre avec les tendances statistiques. Or, seul l’avenir le confirmera, puisqu’il y a une multitude de facteurs contradictoires qui se répercuteront sur la demande. Dans l’ensemble, le niveau de l’emploi du Canada s’est contracté en janvier et en février, alors que le taux de chômage évolue latéralement, aux environs de 6,7 % (mm3m). Les cours mondiaux du pétrole restent élevés en raison du conflit au Moyen-Orient et l’on s’attend généralement à ce que cette conjoncture porte à la hausse l’inflation de synthèse alors que la Banque du Canada sera attentive aux signes des risques que l’augmentation des coûts des intrants se répercute sur l’inflation sous-jacente. Et alors que nous estimons que la progression des cours du pétrole apportera probablement un modeste concours en chiffres nets à la croissance du PIB canadien, l’augmentation des prix à la pompe pourrait peser sur la demande de véhicules dans le court terme. Dans le même temps, le nouveau Programme pour l’abordabilité des véhicules électriques (VE) du gouvernement fédéral pourrait muscler les ventes de VE dans les prochains mois.
Nos prévisions pour les ventes de véhicules légers au Canada s’établissent à 1,81 million d’exemplaires en 2026. Nous nous attendons à ce que la demande s’améliore peu à peu cette année et l’an prochain, pour se hisser à 1,87 million d’exemplaires en 2027; l’incertitude est toutefois plus grande en raison des cours du pétrole élevés et volatils qui assombrissent l’horizon.
ÉTATS‑UNIS : LA LÉGÈRE BAISSE AU T1 MASQUE LA VOLATILITÉ MENSUELLE
En mars, les ventes d’automobiles aux États-Unis ont crû de 3,7 % sur un mois pour se chiffrer à 16,3 millions d’exemplaires en rythme désaisonnalisé et annualisé, selon le BAE (graphique 2). Au T1, les ventes se sont établies à une moyenne de 15,6 millions d’exemplaires (en données désaisonnalisées et annualisées), soit une baisse de 0,5 % par rapport au T4 à l’heure où le rythme des ventes continue de se replier après avoir récemment culminé en 2025. Pour mars, les ventes non désaisonnalisées se sont établies à 1,4 million d’exemplaires, soit une baisse de 11,9 % sur un an. Dans le même temps, les ventes du T1 en données non désaisonnalisées se sont repliées de 5,3 % et de 0,6 % par rapport au même trimestre en 2025 et en 2024 respectivement.
Sur un mois, les ventes de véhicules aux États-Unis restent volatiles, en raison des vents contraires qui soufflent sur une amélioration durable dans le court terme. La croissance de l’emploi aux États-Unis s’est améliorée depuis décembre, pour s’inscrire à une moyenne de 68 000 (mm3m); or, on ne sait pas s’il s’agit d’une augmentation durable ou passagère, alors que le taux de chômage se maintient aux alentours de 4,3 %. Dans le même temps, le risque d’une augmentation et d’une recrudescence de la volatilité des cours du pétrole fait peser une nouvelle pression à la hausse sur l’inflation sous-jacente. Ces facteurs pourraient compliquer la tâche de la Réserve fédérale, dont l’objectif est de ramener vers la fourchette de 2 % l’inflation, qui s’établit aujourd’hui à 2,5 %-3 %, tout en appuyant la croissance maximum durable de l’emploi. Dans le même temps, les récents changements apportés aux droits de douane américains sur les métaux et sur les produits pharmaceutiques rehaussent encore l’incertitude qui pèse sur le commerce mondial en raison de la politique commerciale plus protectionniste des États-Unis.
Nos prévisions pour les ventes d’automobiles aux États-Unis s’établissent à 15,7 millions d’exemplaires en 2026, alors que le rythme des ventes évolue tendanciellement en zigzag cette année, pour s’améliorer légèrement et se chiffrer à 15,8 millions d’exemplaires en 2027 puisque l’on s’attend à une baisse des taux d’intérêt et à une amélioration de la dynamique du marché du travail, qui devraient étayer la demande des consommateurs, ce qui reste toutefois très incertain en raison des vents contraires que font souffler les cours du pétrole élevés et volatils.
VENTES MONDIALES D’AUTOMOBILES : LES VENTES MENSUELLES PRENNENT DU MIEUX MALGRÉ UN DÉBUT D’ANNÉE ANÉMIQUE
Ailleurs dans le monde, les ventes d’automobiles ont progressé de 2,4 % sur un mois en février : il s’agit de la première hausse désaisonnalisée depuis septembre (graphique 3). La progression mensuelle a été généralisée dans la plupart des grands marchés régionaux suivis; or, les ventes mondiales restent atones par rapport aux niveaux atteints il y a un an. En Europe de l’Ouest, les ventes d’automobiles ont augmenté de 4,8 % sur un mois (en données désaisonnalisées) en février : elles ont en effet rebondi après avoir atteint, dans le mois précédent, leur plus creux en chiffres désaisonnalisés depuis septembre 2024; les ventes de février ont décollé de 1,5 % sur un an en chiffres non désaisonnalisés. Dans le même temps, en Europe de l’Est, les ventes de véhicules ont plongé de 1,2 % sur un mois (en données désaisonnalisées) en raison de la léthargie du début de l’année, alors que les ventes s’étaient repliées de 2,8 % sur un an (en données non désaisonnalisées). Dans la région de l’Asie-Pacifique, les ventes d’automobiles ont progressé de 1,1 % sur un mois (en données désaisonnalisées); elles ont toutefois baissé de 8 % par rapport au même mois il y a un an, parce que les ventes d’automobiles en Chine ont dégringolé de 15,4 % sur un an (en données non désaisonnalisées), même si elles ont augmenté de 1,4 % sur un mois (en données désaisonnalisées) en février. En Amérique latine, les ventes d’automobiles ont perdu 1,8 % sur un mois (en données désaisonnalisées) en février, dans la lignée d’une tendance haussière générale malgré la baisse mensuelle occasionnelle, puisque les ventes de la région ont gagné 3,8 % sur un an (en données non désaisonnalisées). Nous nous attendons à ce que les ventes de véhicules ailleurs dans le monde baissent de 0,6 % en 2026 avant d’augmenter de 1,9 % en 2027; elles pourraient toutefois être confrontées à un risque de baisse du fait de la hausse et de la plus grande volatilité récentes des cours du pétrole (graphique 4).
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