Bien avant que Katy Waugh n’assume ses fonctions de première vice-présidente et cheffe déléguée des affaires juridiques à la Banque Scotia – dans le cadre desquelles elle supervise les affaires juridiques au Canada, au Royaume-Uni et en Asie – elle passait ses étés dans un camp au parc Algonquin. Ces étés lui ont appris l’importance de poser des questions pertinentes et de savoir gérer la dynamique de groupe, de collaborer sous pression et de diriger avec confiance. Ces expériences formatrices, combinées à sa formation et à son apprentissage sur le terrain, ont jeté les bases du leadership solide et de l’approche axée sur les connaissances qu’elle met à profit dans son rôle actuel.
« De toute évidence, mon expérience au camp d’été ne m’a pas menée à devenir avocate ni à travailler dans le monde de la finance, explique Katy, mais les compétences que j’y ai acquises se sont avérées transférables. »
L’idée que des expériences en apparence sans lien et une curiosité innée peuvent jeter les bases de ce qui suivra, ce que Katy sait depuis des années.
Après le secondaire, elle a étudié l’histoire à l’Université Queen’s, non pas parce qu’elle avait une idée précise de ce qu’un baccalauréat ès arts lui apporterait, mais parce qu’elle aimait la matière et qu’elle était convaincue qu’elle acquerrait des compétences utiles.
« Quand on étudie l’histoire, on se demande constamment : Quelles sont les preuves? Quelle est la tendance? Comment puis-je élaborer un argument solide?, note Katy. Ce sont certaines des questions que je me pose tous les jours en tant qu’avocate et conseillère aux entreprises. Que je sois en train d’analyser une question juridique ou d’aider des dirigeants d’entreprise à prendre une décision stratégique, j’utilise les compétences que j’ai commencé à développer en tant qu’étudiante : examiner les faits, comprendre le contexte général et étayer l’option la plus judicieuse. »
Pour les jeunes professionnels qui craignent qu’une formation en sciences humaines limite leurs perspectives de carrière, elle ajoute : « Ne sous-estimez pas le pouvoir transférable de votre formation scolaire. Les capacités de penser de façon critique, d’analyser des renseignements et de communiquer clairement sont précieuses dans tous les domaines. Ces compétences de base vous accompagneront, peu importe où vous mènera votre carrière. »
Après avoir fréquenté l’Université Queen’s, Katy a poursuivi ses études en droit à l’Université de Windsor avant d’amorcer sa carrière en pratique privée, où elle a travaillé dans les domaines des valeurs mobilières et des fusions et acquisitions, un rôle qui lui a donné une vue directe de la façon dont les sociétés, y compris les institutions financières, se financent, structurent leurs transactions et gèrent les risques. Les compétences qu’elle a développées lui ont permis d’occuper son premier poste à la Banque Scotia à titre de conseillère juridique interne, de diriger l’équipe de gestion du risque d’exploitation lorsqu’elle a accepté un poste dans cette unité afin d’élargir ses compétences et de superviser une itération du plan de gestion de crise de la Banque. D’ailleurs, ces compétences lui sont toujours utiles dans son rôle actuel de cheffe déléguée des affaires juridiques.
« Les parcours professionnels sont rarement linéaires, dit-elle. J’ai appris au fil des ans à accepter l’inconfort, à rechercher des occasions de continuer à me dépasser et à trouver le courage de me placer dans ces situations où j’apprends le plus. Ce que j’ai constaté, c’est que la capacité d’adaptation et, bien sûr, le travail acharné créent des occasions de croissance accrue, dynamique et soutenue. Je ne me suis pas tant concentrée sur l’avancement hiérarchique dans ma carrière, mais plutôt sur ce qui me permettait d’élargir mes perspectives et d’acquérir différentes expériences. C’est ainsi que je me suis préparée au mieux pour saisir les occasions de croissance qui se sont présentées. »
Cette perspective globale a également façonné la façon dont Katy aborde le leadership lui-même. Elle a appris qu’aider ses collègues et partenaires d’affaires à se sentir soutenus et outillés est aussi important que d’exceller sur le plan technique, et elle a découvert que les meilleurs leaders créent un milieu permettant aux autres de s’épanouir dans des directions inattendues.
Mon objectif est de former une génération de leaders du domaine juridique qui maîtrisent le monde des affaires, qui sont à l’aise face à l’incertitude et qui ont l’aplomb nécessaire pour contribuer à la définition de la stratégie.
« Plus vous vous exposez à différents secteurs d’activité et à différentes situations et plus vous posez de questions, plus votre sphère d’influence peut s’élargir, indique Katy. Lorsque vous avez occupé différents postes au sein d’une entreprise, les gens savent qu’ils peuvent faire appel à vous pour un large éventail de questions. Vous n’êtes pas seulement spécialiste d’un domaine très précis. Vous comprenez comment les différentes parties de l’entreprise s’articulent, ce qui fait de vous un partenaire stratégique beaucoup plus précieux. »
Elle ajoute : « Je veux que mon équipe pense au-delà des cadres juridiques et se concentre sur l’incidence globale sur l’entreprise. Mon objectif est de former une génération de leaders du domaine juridique qui maîtrisent le monde des affaires, qui sont à l’aise face à l’incertitude et qui ont l’aplomb nécessaire pour contribuer à la définition de la stratégie. »
Pour ce faire, Katy encourage les mutations latérales au sein de l’entreprise afin de créer des réseaux, de tisser des liens et de développer des compétences. Elle recommande aussi aux membres de son équipe d’avoir des « conversations de cinq minutes » avec les parties prenantes avant de prendre une décision finale afin de s’assurer que leurs conseils tiennent compte de l’équipe concernée par la décision.
À titre d’exemple : « Il y a quelques années, mon équipe et moi cherchions des façons de souligner les excellents résultats du personnel et quelqu’un a suggéré de remettre des cartes-cadeaux, raconte-t-elle. J’ai demandé l’avis d’un jeune collègue et il m’a avoué qu’il voyait peu d’utilité à une carte-cadeau de 20 $, même si cette attention aurait été appréciée. Selon lui, un café avec un membre de la direction avait plus de valeur pour les employés, car lancer l’invitation eux-mêmes pouvait s’avérer difficile pour certains. » La leçon que j’en ai tirée est de ne jamais présumer de ce que quelqu’un veut ou de ce dont une personne a besoin. Prenez le temps de demander.
Cette même capacité à changer de perspective – en se rapprochant lorsque c’est nécessaire et en prenant du recul au moment opportun – se manifeste également dans la façon dont Katy conçoit le leadership et le cheminement professionnel.
Katy utilise ici la métaphore du « plancher de danse et du balcon ». Elle explique qu’une carrière évolue et que les leaders doivent apprendre à changer de perspective.
« Quand on est sur le plancher, surtout en début de carrière, on sait exactement ce qui se passe parce qu’on y est, explique-t-elle. Vous mettez la main à la pâte, vous voyez les détails, vous apprenez en faisant et couvrez beaucoup de terrain. » À mesure que vos responsabilités augmentent et votre mandat s’élargit, votre point de vue change. Du balcon, vous commencez à percevoir des tendances générales au sein de l’entreprise et à avoir une vue d’ensemble. Vous pouvez aider les autres à combler des lacunes qu’ils ne sont peut-être pas en mesure de voir de leur point de vue.
Katy souligne que les bons leaders savent qu’ils ne peuvent pas rester au même endroit. Ils doivent passer du plancher de danse au balcon, plonger au cœur des réalités vécues pour les comprendre, puis prendre du recul pour guider, faire des liens et influencer. Il est également important de savoir quand chaque point de vue est requis et de permettre aux autres de les expérimenter tous les deux, afin qu’ils soient mieux préparés lorsque ce sera à leur tour de diriger.
Les conseils de Katy pour la prochaine génération sont clairs : élargissez vos perspectives, posez des questions et réfléchissez à ce que vous pouvez apporter à une situation, et non à ce qui vous manque. Surtout, ne sous-estimez pas les expériences qui semblent sans rapport avec votre objectif final; ce sont souvent celles qui aident à façonner ce qui vient ensuite.
« Réfléchissez à ce que vous pouvez faire et aux autres endroits où vous pourriez aller ou à ce que vous pourriez essayer. Ne pensez pas à ce que vous n’avez pas, pensez plutôt à ce que vous pouvez apporter. Il est toujours préférable d’être ouvert aux occasions plutôt que de s’en tenir rigidement à un plan », ajoute-t-elle.
N’oubliez pas : « Nous sommes tous uniques, et il n’y a pas qu’un seul chemin vers le leadership ou le succès. Votre trajectoire peut être différente de celle d’une autre personne. Lorsque nous donnons à nos équipes les moyens de donner le meilleur d’elles-mêmes au travail, chacun se sent libre d’exprimer son point de vue et sa personnalité. C’est là que naissent les meilleures idées. »
Cet article a été publié pour la première fois dans Women of Influence et est republié avec permission.