Nicolas Hamilton a marqué l’histoire en 2015 en devenant le premier athlète handicapé à participer au British Touring Car Championship (BTCC), l’un des championnats de véhicules de tourisme les plus prestigieux au monde.

Ayant reçu un diagnostic de paralysie cérébrale étant enfant, le pilote de course britannique utilise un véhicule adapté à ses besoins et prend part à des courses professionnelles depuis 2011, roulant à des vitesses qui dépassent souvent les 240 km/h.

La première demande de licence de pilote de compétition de M. Hamilton a été rejetée par les autorités du sport automobile. Toutefois, il a persévéré et, après plusieurs mois passés à prouver ses compétences et à démontrer qu’il pouvait répondre aux critères avec un véhicule adapté, il a finalement obtenu gain de cause.

D’après M. Hamilton, donner aux personnes handicapées la possibilité de réussir, ou d’échouer, selon leurs propres conditions, est crucial pour favoriser l’inclusion.

«Je suis un exemple vivant de la confiance des personnes valides envers les personnes handicapées et de leur réussite dans un domaine, a-t-il déclaré. Si je peux m’épanouir dans un milieu vraiment très exigeant sur le plan physique, alors les personnes handicapées peuvent s’épanouir partout. C’est là que la véritable inclusion prend tout son sens.»

M. Hamilton, dont le frère n’est autre que Lewis Hamilton, champion de Formule 1, a pris la parole lors d’un événement organisé par la Banque Scotia pour l’ensemble de son personnel afin de célébrer la Journée internationale des personnes handicapées, soulignée chaque année le 3 décembre par les Nations Unies.

Dans son discours d’ouverture, Ahmad Dajani, vice-président et chef, Gestion des risques d’entreprise, a expliqué que la Banque Scotia a investi pour promouvoir l’inclusion et le sentiment d’appartenance de ses membres, y compris des personnes handicapées, ainsi que des collectivités où elle est présente. Par exemple, dans le cadre de ScotiaINSPIRE, son initiative d’investissement communautaire de 500 millions de dollars sur dix ans, la Banque soutient l’Institut national canadien pour les aveugles (INCA) et son programme Ouvrir les portes du travail, qui met en relation des personnes malvoyantes en recherche d’emploi avec des employeurs. La Banque fournit également une technologie d’assistance au personnel canadien malentendant ou sourd sous la forme d’une application d’interprétation en langue des signes. 

«La Banque Scotia s’engage à promouvoir l’inclusion et l’accessibilité pour toutes et tous», a déclaré M. Dajani.

Comme le souligne Shannon McGinnis, cheffe, Gestion du risque, et championne de la haute direction pour le groupe de ressources pour le personnel (GRP) diversiTALENTS, cette mission nécessite une attention et des efforts constants.

«Faire progresser l’inclusion, c’est faire le choix conscient, chaque jour, de bâtir une organisation meilleure et plus solidaire, explique Mme McGinnis. Il s’agit d’instaurer une culture où chaque personne se sent reconnue, entendue et outillée pour réussir.»

Bien que M. Hamilton ait finalement été accepté dans le monde de la course automobile, où il concourt aux côtés de pilotes valides, son parcours n’a pas été facile.

"

Mon but est de mettre ma notoriété au service des autres et d’utiliser ma carrière comme levier pour mettre en avant les personnes handicapées.

Nicolas Hamilton

Alors qu’il avait 18 mois, ses parents ont appris qu’il ne marcherait jamais. Les médecins ont également affirmé qu’il souffrait d’une déficience visuelle grave qui continuerait de se détériorer avec l’âge.

«Toute ma vie, j’ai cherché ma voie… Je suis né dans les années 1990, et j’ai l’impression qu’on ne m’accordait aucune valeur à cause de mon handicap. J’ai été victime de harcèlement à l’école. J’ai vraiment eu du mal à trouver ma place.»

Dans sa jeunesse, il se déplaçait en fauteuil roulant, mais après de nombreuses années de physiothérapie et de travail acharné, M. Hamilton est parvenu à marcher sans assistance à l’adolescence.

Il a toujours été passionné par les voitures et rêvait de faire des courses. Alors qu’il avait 17 ans, ses parents ont cédé à sa demande et l’ont laissé prendre le volant d’une voiture de course. Après avoir obtenu sa licence en 2011, il a débuté sa carrière de pilote en participant au championnat Renault Clio Cup.

«Au début, l’association Motorsport a rejeté ma demande. Mais une fois qu’elle m’a accepté, c’est tout le monde du sport automobile qui m’a accepté. Les équipes m’ont accueilli à leur tour.»

M. Hamilton utilise un véhicule adapté, avec des pédales plus larges que la moyenne pour le freinage et l’accélération, ainsi qu’un système d’embrayage hydraulique à main situé à l’arrière du volant.

«Conduire avec mes jambes est la partie la plus difficile, car mes jambes ne fonctionnent pas aussi bien que celles des pilotes de course valides. Nous avons donc dû réfléchir aux ajustements nécessaires.»

Aujourd’hui, il tire profit de sa propre réussite pour ouvrir des portes à d’autres, en sensibilisant le public aux handicaps et en créant davantage de possibilités d’emploi pour les personnes handicapées dans le domaine du sport automobile.

Par exemple, l’année prochaine, il prévoit de réaliser un documentaire sur la formation de six personnes neurodiverses ou en situation de handicap physique pour les initier à la mécanique au sein de son écurie de course. D’ici la fin de la saison 2026, il espère que cette équipe sera entièrement composée de personnes handicapées.

«Mon but est de mettre ma notoriété au service des autres et d’utiliser ma carrière comme levier pour mettre en avant les personnes handicapées.»

M. Hamilton est également ambassadeur de l’organisme de bienfaisance britannique Scope, qui œuvre pour bâtir une société où toutes les personnes handicapées sont traitées de manière égale et équitable.

«J’essaie simplement de faire ce qui est en mon pouvoir, mais il est difficile pour la plupart des personnes handicapées d’être acceptées d’emblée. Le fait que j’aie été accepté montre que toutes les personnes handicapées peuvent l’être. C’est formidable!»