Dans le cadre de la transition vers une économie à plus faibles émissions de carbone, les technologies qui s’attaquent aux changements climatiques – l’innovation dans les technologies climatiques – sont plus importantes que jamais.
Sarah Goodman est cheffe de la direction de NorthX Climate Tech, un organisme sans but lucratif basé en Colombie-Britannique ayant pour mandat de soutenir les créatrices et créateurs de technologies climatiques de pointe. C’est-à-dire des solutions tangibles et scientifiques qui réduisent les émissions ou nous aident à nous adapter aux changements climatiques. Elle estime que le Canada est particulièrement bien placé pour jouer un rôle de chef de file dans ce domaine important.
« Le Canada dispose des talents et des antécédents nécessaires pour jouer un rôle de premier plan », affirme-t-elle. « Grâce à notre grande expertise dans le domaine de l’énergie et des ressources naturelles, nous sommes déjà en train de mettre au point des solutions de classe mondiale pour lutter contre les changements climatiques. Les occasions de marché sont énormes, et nous devrions gagner sur le plan international. »
Les entreprises en démarrage dans les technologies climatiques qui sont dirigées par des femmes constituent une part importante de la réserve de talents, mais qui est souvent négligée.
Sarah Goodman, cheffe de la direction de NorthX Climate Tech
« Nous savons qu’à l’échelle mondiale, seuls 2 % environ des fonds de capital-risque vont à des entreprises dirigées par des femmes », mentionne Mme Goodman. « Nous n’allons pas résoudre le problème des changements climatiques ou maximiser nos occasions économiques si nous laissons la moitié de l’équipe à la maison », souligne-t-elle.
C’est là qu’intervient l’appel à l’innovation de l’initiative « Women in Climate Tech » de NorthX. En collaboration avec la Banque Scotia, par l’entremise de sa filiale Roynat Capital et de L’initiative Femmes de la Banque ScotiaMD (l’initiative), NorthX réunit une communauté de personnes innovatrices, et de spécialistes des finances qui se consacrent à aider un plus grand nombre d’entreprises dirigées par des femmes à croître et à devenir des chefs de file.
« Nous savons que, pour favoriser l’économie de l’innovation au Canada, il faut aider les entrepreneures et entrepreneurs à surmonter les obstacles qui se dressent sur leur chemin », soutient David Rozin, vice-président et chef de Technologie et innovation – Services bancaires à Roynat Capital. « Les entrepreneures dans le domaine des technologies climatiques doivent en faire partie. »
LE CONCOURS
Le concours de l’appel à l’innovation de l’initiative Women in Climate Tech de NorthX invite les entreprises en démarrage dirigées par des femmes et exploitant les technologies climatiques du Canada à présenter une demande de financement et de soutien.
Le concours est axé sur ce que l’on appelle les technologies climatiques de pointe, c’est-à-dire des solutions tangibles, fondées sur la science, conçues pour réduire les émissions de carbone ou nous aider à nous adapter aux changements climatiques.
La procédure d’inscription comprend une courte demande et une vidéo, suivies d’un examen plus rigoureux des candidates sélectionnées. À partir de là, les finalistes bénéficient d’un mentorat personnalisé, d’une exposition à des investisseurs potentiels, et de la possibilité d’obtenir des capitaux afin de développer leurs solutions. Le prochain appel à l’innovation sera lancé en janvier. Il y avait beaucoup de concurrence au dernier cycle.
« Nous avons reçu près de 60 candidatures et nous avons placé la barre très haut, comme nous le faisons toujours », déclare Mme Goodman.
« Nous combinons l’examen de notre équipe avec une analyse technique complémentaire réalisée par un tiers, car certains de ces projets sont très techniques », souligne-t-elle.
En tout, NorthX a investi 2,45 millions de dollars dans 5 entreprises qui, lors de l’appel à l’innovation précédent, se sont révélées être les meilleures et les plus susceptibles de recevoir du financement. Elles ont été sélectionnées pour leur potentiel à fournir des solutions climatiques évolutives et des avantages économiques :
- Agora Energy Technologies : Transformation du dioxyde de carbone en énergie propre, par le regroupement du captage, de la purification et de la conversion en un même processus.
- Ayrton Energy Inc. : Facilitation du transport et du stockage de l’hydrogène par l’utilisation de l’infrastructure actuelle des carburants.
- EnviCore Inc. : Transformation des déchets industriels en substituts de ciment à faible teneur en carbone.
- Gaia Refinery : Élimination du carbone à grande échelle grâce à un système prêt à l’emploi pour les bio-industries.
- Seacork Studio Inc. : Création de matériaux de construction neutres en carbone à partir d’algues marines.
Mme Goodman se dit « époustouflée par la qualité des réponses » de ces entrepreneures.
« En soutenant les entrepreneures dans les technologies propres, nous n’investissons pas seulement dans les entreprises, nous investissons dans un avenir meilleur pour l’ensemble des Canadiennes et Canadiens », affirme-t-elle.
Les arguments économiques en faveur de l’égalité entre les hommes et les femmes sont convaincants. Selon MaRS Discovery District, l’augmentation de seulement 10 % du nombre de petites et moyennes entreprises (PME) détenues par des femmes pourrait contribuer au PIB du Canada à hauteur d’environ 198 milliards de dollars.
L’ÉLIMINATION DES OBSTACLES POUR LES ENTREPRENEURES
Les entrepreneures sont confrontées à des obstacles bien documentés en matière d’accès aux capitaux et aux réseaux.
Mme Goodman souligne l’importance de créer une plateforme où les entrepreneures dans les technologies propres, qui comprennent les technologies conçues pour réduire ou éviter les dommages causés à l’environnement, peuvent accéder au capital, au mentorat et à la confiance dont elles ont besoin pour passer au niveau supérieur. Elle note que les femmes sont souvent confrontées non seulement à un écart de rémunération, mais aussi à un manque de confiance, car elles demandent trop peu lorsqu’elles présentent leur projet, même si leur technologie présente un potentiel énorme.
LE PARTENARIAT QUI PORTE FRUIT
Grâce au soutien de l’initiative, l’appel à l’innovation Women in Climate Tech offre aux entreprises sélectionnées un programme sur mesure, un mentorat, une formation sur l’art de la présentation et une exposition aux investisseurs potentiels. À cela s’ajoutent des offres promotionnelles de comptes d’entreprise aux femmes qui ne sont pas clientes de la Banque Scotia.
« Ce qui rend le partenariat avec la Banque Scotia unique, c’est qu’il va au-delà de l’argent », déclare Mme Goodman. « Nous travaillons ensemble pour mieux comprendre les défis auxquels les entrepreneures sont réellement confrontées. Le soutien de la Banque Scotia permet d’offrir une formation sur les présentations efficaces, d’organiser des tables rondes avec des investisseuses et investisseurs, et d’apporter un soutien global qui est absolument essentiel. »
NorthX est parmi les plus grands bailleurs de fonds dans les technologies climatiques au Canada. Depuis sa création en 2021, l’organisme sans but lucratif a investi près de 48,3 millions de dollars dans 80 projets, contribuant à la création de plus de 900 emplois et recueillant 475 millions de dollars d’investissements complémentaires.
L’INNOVATION DANS LES TECHNOLOGIES CLIMATIQUES
Le Canada est le deuxième pays après les États-Unis en matière d’innovation dans les technologies climatiques, mentionne Mme Goodman, citant des études récentes menées par MaRS Discovery District, elle ajoute que le défi consiste à dépasser le stade des projets pilotes et à faire évoluer les entreprises vers les marchés mondiaux.
« Nous voyons souvent des entreprises canadiennes chercher leur premier client à l’étranger, puis revenir au pays et ne vendre à des clients canadiens qu’une fois qu’elles ont fait leurs preuves ailleurs », souligne-t-elle.
Pour franchir cette étape, il faut des visionnaires capables de transformer de grandes idées en solutions évolutives en toute confiance, et des investisseuses et investisseurs au Canada qui croient en leur potentiel.
« Avec les bons partenariats public-privé et des institutions comme la Banque Scotia, qui apportent le soutien financier dont ces entreprises ont besoin à cette étape de leur évolution, nous pouvons créer ici des entreprises qui seront également des leaders sur les marchés internationaux », conclut-elle.