De nombreuses entreprises se tournent aujourd’hui vers l’intelligence artificielle (IA) pour obtenir un avantage concurrentiel et pérenniser leurs activités. C’est encore plus impératif dans le secteur bancaire mondial, où l’IA est déployée de diverses façons, allant des assistants virtuels à la prévention de la fraude.
Cependant, en plus de la technologie de pointe elle-même, les entreprises ont besoin de personnel qualifié, capable de l’utiliser de manière novatrice et à grande échelle pour obtenir des résultats significatifs.
Le Centre d’analytique et d’IA Banque Scotia de la Smith School of Business de l’Université Queen’s a pour objectif principal de former une main-d’œuvre prête pour l’IA. Pour ce faire, elle utilise la recherche appliquée et l’apprentissage expérientiel, tout en rendant le savoir-faire généré au Centre accessible aux parties prenantes de la Banque.
« Je ne saurais surestimer la valeur de la contribution de la Banque Scotia ici, tant pour la recherche que pour le développement des étudiants et étudiantes, » affirme la docteure Ceren Kolsarici, directrice du centre.
La Banque s’est d’abord associée à l’Université Queen’s en 2016 afin de créer le Centre, puis elle a renouvelé son partenariat ce mois-ci avec un investissement de 2,5 millions de dollars. Dans le cadre de ScotiaINSPIRE, son programme d’investissement de 500 millions de dollars sur 10 ans, la Banque offre un soutien afin de créer une résilience économique en aidant des personnes et des familles à saisir les occasions de croissance économique, à s’adapter aux changements, à surmonter les obstacles et à participer pleinement à l’économie.
Ceren Kolsarici, qui est professeure agrégée de marketing à la Smith School of Business, travaille avec des étudiantes et étudiants de cycle supérieur sur plusieurs projets de recherche appliquée utilisant l’IA générative. Un étudiant vise à créer un modèle mathématique qui relie les composantes créatives d’une campagne publicitaire – comme la complexité visuelle, la présence humaine et même la couleur – au rendement de la campagne avant son lancement, alors qu’il est habituellement évalué après.
« Les étudiantes et étudiants de cycle supérieur ont le meilleur des deux mondes, explique Ceren Kolsarici, citant leur accès à des problèmes concrets à résoudre, à la rigueur académique et aux connaissances des chefs d’entreprise, alors que des membres du corps professoral, de la population étudiante, du personnel et de la direction de la Banque Scotia issus de divers domaines, notamment le marketing, la finance et l’informatique, collaborent pour repenser l’expérience client au moyen d’outils d’IA innovants. »
Cela aide vraiment les étudiantes et étudiants à se démarquer sur le marché du travail, » ajoute-t-elle.
L’expérience du secteur ouvre des portes dans le domaine de l’IA
Victoria Armstrong, étudiante actuelle et chercheuse attachée au Centre d’analytique et d’IA Banque Scotia de la Smith School of Business, qui a récemment soutenu sa thèse de doctorat en informatique, abonde dans le même sens.
« L’occasion avec la Banque Scotia a été incroyable », indique Victoria Armstrong, qui a travaillé à l’amélioration du volet sur les renseignements sur la clientèle de Clavardage Scotia, un assistant virtuel alimenté par l’IA sur l’appli mobile de la Banque de 2022 à 2025. Elle ne sait pas si elle acceptera un poste d’enseignement ou travaillera dans le secteur, mais elle estime que cette expérience lui a permis de constater l’éventail de possibilités offertes en dehors du milieu universitaire.
« J’ai fait mon baccalauréat, ma maîtrise et mon doctorat coup sur coup, et j’ai donc eu peu d’occasions d’acquérir de l’expérience dans le secteur. Lorsque le moment est venu de postuler à des emplois, ayant eu la chance de travailler avec la Banque Scotia, je comprenais mieux la réalité du secteur et les types d’emplois offerts », affirme-t-elle.
« Il n’est pas nécessaire de faire de la programmation 24 heures par jour. »
« Le partenariat entre l’Université Queen’s et la Banque Scotia est une expérience mutuellement bénéfique, ajoute-t-elle. La Banque Scotia nous apporte son expérience du secteur et nous lui offrons cette nouvelle source de connaissances. Nous nous encourageons ainsi mutuellement à aller de l’avant. »
Les occasions offertes par les groupes de recherche des institutions
Azin Ghasemi, qui en est à la première année de sa bourse de recherche au Centre d’analytique et d’IA Banque Scotia, estime que le programme lui correspondait parfaitement, en citant son intérêt pour le marketing quantitatif et son désir de mener des recherches à la fois pertinentes sur le plan académique et utiles sur le plan commercial.
Cette année, elle s’est penchée sur la capacité des agents d’IA à offrir une personnalisation à grande échelle à la clientèle de la Banque Scotia dans un environnement contrôlé et à faible risque avant leur lancement.
« C’est extrêmement précieux dans le secteur financier, car c’est un secteur très à risque », indique-t-elle.
Le fait d’avoir accès à des données de qualité pour orienter ses recherches est important pour Azin Ghasemi, qui a rencontré des difficultés à ce chapitre pendant son MBA en Iran. « Les bonnes données déterminent la qualité de la recherche effectuée, la qualité des questions posées et la façon dont on y répond », note-t-elle.
Comme il lui reste plusieurs années avant de devoir chercher un emploi, Azin Ghasemi ne sait pas où elle finira, mais elle croit que l’estompement des frontières entre le monde universitaire et le secteur ne peut être que de bon augure pour son avenir.
« Les institutions mettent sur pied d’importants services de recherche et collaborent plus étroitement que jamais avec les universités. Être dans cet environnement m’aidera à me préparer à un rôle dans le milieu universitaire ou dans le secteur en tant que chercheuse », affirme-t-elle.
L’importance d’investir dans les talents en IA pour la compétitivité
Le développement d’une relève prête pour l’IA sera un facteur clé de compétitivité et de résilience pour l’économie canadienne.
« Depuis plus d'une décennie, la Banque Scotia investit dans l'apprentissage pratique de la recherche en données et en analyse afin de préparer les étudiants aux opportunités concrètes, grâce à notre partenariat avec Queen's, explique Phil Thomas, chef, Stratégie et Exploitation, Banque Scotia.
L'IA redéfinit le mode de fonctionnement des organisations, et à mesure que la technologie évolue, notre soutien évolue lui aussi. Je suis fier que nous investissions dans les compétences dont la prochaine génération de talents et de chefs d'entreprise aura besoin pour réussir, tout en promouvant une IA responsable, dotée d'une gouvernance et d'une surveillance rigoureuses. »
Alors que le Canada s’efforce de demeurer compétitif dans la course à l’innovation en matière d’IA, Azin Ghasemi souligne que le partenariat entre la Smith School of Business et la Banque Scotia devrait servir de modèle aux universités de tout le pays.
« Le Centre nous aide à adopter un état d’esprit plus positif qui nous permet de comprendre ce qui est important dans le secteur à l’heure actuelle, quelles questions nous devrions poser et où nous devrions mettre l’accent, déclare-t-elle. Cette culture de collaboration contribuera grandement à aider le Canada à atteindre ses objectifs. »