L’année 2025 a été remarquable pour l’économie en raison de la lourde incertitude causée par les droits de douane et d’autres vents contraires, de même que pour la vigueur relative de l’économie canadienne malgré tout.
Que nous réserve donc 2026?
Jean‑François Perrault, économiste en chef de la Banque Scotia, livre son point de vue sur la nouvelle année pour l’économie du Canada et des États‑Unis, de même que sur l’évolution que pourraient suivre les taux d’intérêt et le huard.
Or, la nouvelle année reprend une thématique de 2025.
« À nos yeux, 2026 se déroulera dans un environnement dans lequel il y a aura encore beaucoup d’incertitude », a‑t‑il déclaré à l’occasion d’un récent événement virtuel organisé par la Banque Scotia pour les clients sous le titre Focus 2026.
Le Canada : Croissance économique modeste étayée par les dépenses budgétaires
La croissance économique du Canada devrait ralentir légèrement en 2026 par rapport à 2025, pour s’établir à 1,5 % cette année contre 1,7 % l’an dernier, selon les Études économiques de la Banque Scotia. Plus efficace, la politique budgétaire du Canada concourt à cette stabilité relative des rythmes de croissance malgré l’incertitude toujours aussi lourde et les droits de douane qui perdurent.
Les gouvernements canadiens, soit aussi bien l’État fédéral que les provinces, interviennent en faisant appel à des politiques destinées à renforcer l’économie à l’heure où le pays s’adapte à ses nouvelles relations commerciales avec les États‑Unis.
« Il est évident que la politique budgétaire du Canada sera, à terme, plus favorable à l’activité économique qu’elle l’a été pendant un certain temps, surtout dans le domaine des dépenses d’investissement, a déclaré M. Perrault. C’est ce qui nous permet d’être un peu optimistes, même si nous nous attendons à ce qu’en 2026, la croissance de l’économie canadienne se ralentisse plus que l’économie américaine. »
Les États‑Unis : La croissance de l’« économie à deux vitesses » est appelée à perdre de la vitesse
L’économie américaine reste étonnamment vigoureuse, malgré les incertitudes qui pèsent sur le commerce et sur les politiques. Mais il est question d’une « économie à deux vitesses », a fait savoir M. Perrault. Le secteur de la technologie s’illustre grâce à l’intelligence artificielle, alors que l’industrie américaine est en difficulté, a‑t‑il précisé. En 2026, la croissance de l’économie américaine devrait ralentir à 1,6 % contre 1,9 % en 2025, selon les Études économiques de la Banque Scotia.
« L’ennui, c’est que nous avons affaire à une économie à deux vitesses à l’heure actuelle. Cette année, le secteur industriel va tirer un peu plus de l’arrière dans le compartiment technologique de l’économie. C’est pourquoi nous nous attendons à ce que le dollar US soit un peu plus faible que d’autres monnaies. Pourtant, l’économie croîtra, mais au ralenti, au lieu de s’accélérer. »
Les taux d’intérêt : La Réserve fédérale américaine est la seule banque centrale appelée à abaisser ses taux
La Banque du Canada a probablement fini d’abaisser ses taux d’intérêt, puisque les risques inflationnistes perdurent. Les Études économiques de la Banque Scotia s’attendent à ce qu’elle hausse d’un demi‑point de pourcentage son taux directeur dans le deuxième semestre de 2026; cette intervention viendrait effacer les récentes baisses de taux. Elle pourrait toutefois intervenir plus hâtivement si l’économie du Canada réagit plus rapidement que prévu au programme de transformation du gouvernement, selon M. Perrault.
Au sud de la frontière, la Réserve fédérale américaine devrait abaisser son taux cible à 3 % dans le premier semestre de 2026. Les États-Unis seraient ainsi la seule grande puissance économique à le faire.
« Nous pensons que la plupart des grandes banques centrales ont certainement terminé leur cycle de baisse. Ce n’est toutefois pas le cas de la Fed, a fait savoir M. Perrault. Du point de vue des grandes puissances économiques, la Fed est la seule banque centrale à envisager d’autres baisses de taux. Il va de soi, comme vous le savez, que les interventions de la Fed sont extrêmement importantes pour les perspectives mondiales, surtout pour les marchés. »
Le dollar : Le huard devrait reprendre du mieux à l’heure où divergent la Banque du Canada et la Fed
Dans l’ensemble, puisque la Banque du Canada met en veilleuse les baisses de taux d’intérêt alors que la Réserve fédérale américaine devrait réduire son taux directeur cette année, le dollar canadien est censé reprendre du mieux. Les Études économiques de la Banque Scotia s’attendent à ce que le huard atteigne 0,75 $ US d’ici la fin de cette année.
Pour en savoir plus sur les prévisions des Études économiques de la Banque Scotia dans leur dernier rapport, nous vous invitons à lire l’article Surtout à cause des révisions statistiques : Tableaux des prévisions de la Banque Scotia.