- Dans l’ensemble, le discours macroéconomique est essentiellement inchangé par rapport à notre précédent cycle prévisionnel, puisque les impacts actuels et attendus des politiques commerciales et économiques américaines continuent d’entraver les perspectives.
- Dans ce cycle, des changements minimes sont apportés aux prévisions sur l’économie américaine, en raison de l’absence de nouvelles données importantes depuis notre dernière publication à cause de la paralysie budgétaire de l’État. Nous continuons de nous attendre à ce que l’économie américaine fléchisse puisque les signes émergents de léthargie constatés dans le secteur des biens et sur le marché du travail sont appelés à perdurer l’an prochain.
- Les prévisions sur l’économie canadienne tiennent désormais compte des révisions statistiques les plus récentes, ce qui relève le niveau d’activité et ce qui laisse entendre que l’économie prendra un peu plus de mieux que ce que nous avions supposé auparavant. Ces révisions laissent intact l’ensemble du profil de la croissance, mais laissent entendre que l’économie sera un peu moins anémique, ce qui renforce notre pronostic existant sur le taux directeur de la Banque du Canada.
Aux États‑Unis, les nouvelles données publiées depuis nos dernières prévisions ont été limitées et concordent essentiellement avec notre précédente évaluation. C’est pourquoi les projections sur la croissance, l’inflation et le taux directeur américains n’ont essentiellement pas changé. La croissance devrait se ralentir et passer de 1,9 % en 2025 à 1,6 % en 2026 : la consommation sera quasiment freinée et les investissements des entreprises se modéreront. Les importations se replieront brusquement en raison des droits de douane et de l’atonie de la demande, ce qui empêchera le PIB de se détériorer plus brutalement. L’inflation devrait osciller aux alentours de 2,5 % au début de 2026, à cause des effets des droits de douane et des pressions qui pèsent sur les prix des services. La Réserve fédérale est appelée à continuer d’abaisser ses taux comme en font foi ces pressions sur les prix et réagit à l’ensemble des pressions politiques, en abaissant le taux des fonds fédéraux à 3,0 % d’ici au milieu de 2026, ce qui est inférieur au taux prédit du modèle, soit 3,5 %.
Au Canada, ce sont les révisions statistiques qui constituent l’élément d’information le plus important depuis le dernier cycle prévisionnel. Si ces révisions ne changent pas le parcours de croissance projeté sur l’horizon prévisionnel, elles situent dès lors l’économie dans une position plus solide. Selon notre évaluation, la révision du niveau du PIB témoigne surtout de la hausse de la production potentielle, puisqu’une large part de l’évolution s’explique par l’augmentation des investissements des entreprises. Or, ces révisions laissent entendre que la capacité excédentaire est moindre, ce qui étoffe la constatation selon laquelle l’économie se trouve dans une meilleure position cyclique que ce que nous pensions (graphique 1). Cette constatation cadre parfaitement avec notre point de vue : la Banque du Canada en a fini avec ses baisses de taux, et sa prochaine intervention consistera à les hausser.
Les perspectives du Canada continuent de laisser entrevoir une croissance modeste et inégale. Nous nous attendons à ce que la croissance du PIB se ralentisse légèrement pour passer de 1,7 % en 2025 à 1,5 % en 2026, mais à ce qu’elle s’améliore pour s’inscrire à 1,8 % en 2027. La reprise est surtout étayée par l’amenuisement des effets de la guerre commerciale sur la croissance des exportations et par les politiques de l’État destinées à promouvoir la croissance, surtout les investissements des entreprises. Comme nous l’avons déjà fait observer, les gouvernements canadiens se consacrent à déployer des outils de politique pour raffermir les perspectives économiques et muscler les investissements.
Même si les révisions statistiques ont réduit l’importance de la capacité excédentaire, l’économie est toujours en situation d’offre excédentaire. Nous nous attendons à ce que la reprise permette de combler cet écart au début de 2027. La léthargie de la demande rapprochera peu à peu l’inflation de la cible de la Banque du Canada; or, il faudra compter du temps pour le déroulement de ce processus. L’inflation sous‑jacente reste élevée et a été lente à s’adapter malgré l’atonie de la croissance et l’offre excédentaire : nous nous attendons à ce que cette torpeur perdure malgré le déroulement de la reprise.
Nous continuons de croire que la lente modération de l’inflation et les risques haussiers chroniques, de concert avec une économie qui tourne à un niveau proche du maximum de sa capacité, auront probablement pour effet d’amener la Banque du Canada à hausser les taux dans le deuxième semestre de 2026, en portant le taux directeur au point médian de sa fourchette du taux neutre. Pour prendre connaissance d’un examen plus complet des facteurs et des risques, nous vous invitons à consulter nos précédentes prévisions.
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