LA PANDÉMIE ACCENTUE LES DIFFICULTÉS COMMERCIALES EN 2020

En raison d’un certain nombre de facteurs exceptionnels. 2020 sera probablement plus difficile pour la Nouvelle-Écosse que pour les autres provinces de l’Atlantique; or, sa situation budgétaire relativement solide et son économie diversifiée devraient finir par énergiser sa reprise.

Malgré le succès évident remporté dans le confinement de la première vague de la COVID-19 — on n’a pas déclaré, depuis mai, plus de trois nouveaux cas par jour —, le marché du travail de la Nouvelle-Écosse n’a pas fait aussi bien que les autres régions relativement épargnées par la COVID. C’est ce dont témoigne sa structure industrielle : le commerce de gros et de détail est intervenu pour plus de 15 % dans l’emploi à temps plein l’an dernier — ce qui est supérieur à toutes les autres provinces —, et son repli de 16,2 % est jusqu’à maintenant pire que celui de toutes les autres provinces. Et à presque 6 %, l’hôtellerie et la restauration — bousculées par les mesures de confinement —ont représenté, l’an dernier, une plus large part que toutes les autres provinces canadiennes dans la population active à temps plein en Nouvelle-Écosse. Les réservations de chambres, qui se sont légèrement améliorées depuis le lancement de la Bulle de l’Atlantique, sont restées nettement inférieures aux niveaux de 2019, à l’approche de la saison intermédiaire de l’automne.

Le caractère mondial de ce repli vient aussi neutraliser les liens commerciaux diversifiés qui pourraient normalement constituer un coussin. Les exportations symboliques de la Nouvelle-Écosse à destination des États-Unis, de la Chine et de l’Europe ont toutes baissé fortement jusqu’en août. Pour augmenter cette difficulté, la léthargie des prix des produits de la mer s’est généralisée pendant la pandémie, et la papetière Northern Pulp dans le comté de Pictou a fermé ses portes avant la pandémie. Dans les huit premiers mois de 2020, les valeurs des livraisons externes pour l’activité essentielle de fabrication du papier ont perdu plus de 50 % par rapport aux niveaux du début de l’année. À plus long terme, la relation commerciale avec la Chine sera essentielle : on peut en effet dire que la Nouvelle-Écosse profite plus, que toutes les autres provinces canadiennes, des ventes à l’empire du Milieu (graphique).

En Nouvelle-Écosse comme dans l’Île-du-Prince-Édouard, les inconvénients potentiels de léthargie de la croissance de la population pourraient être considérables. L’immigration, la migration interprovinciale et l’attraction nette des résidents non permanents expliquent un sommet dans la croissance de la population en 2019 depuis presque 50 ans : sur le marché du travail, les résultats pour les nouveaux arrivants se sont généralement améliorés depuis 2015. À terme, il sera essentiel, pour cette province, d’harmoniser, dans un souci de sécurité, la reprise des courants de population et la nécessité de prévenir les éclosions pandémiques.

Une hausse considérable des plans de dépenses d’infrastructures devrait soutenir à court terme les perspectives de croissance de la Nouvelle-Écosse. Grâce au coup de pouce supplémentaire de presque 250 millions de dollars annoncé en juillet, les dépenses du plan d’immobilisations de la province devraient aujourd’hui se hisser à 1,3 G$ environ (soit 2,9 % du PIB nominal de 2019) — ce qui représente une hausse de près de 90 % par rapport à l’EF 20. Cette augmentation pourrait permettre de combler le vide laissé par l’investissement atonique du secteur privé, et bien que cette augmentation donne lieu à des impératifs budgétaires, le gouvernement provincial est en voie d’éviter un fardeau sans précédent de sa dette dans la foulée de plusieurs excédents vigoureux et grâce à l’attention portée à la gestion de la dette avant la pandémie.

Malgré les difficultés de cette année, Halifax reste le carrefour du secteur des services le plus valorisé dans la région de l’Atlantique. Dans cette région, les TIC, le secteur financier et les services professionnels, scientifiques et techniques représentent la plus large part de la production et de l’emploi en Nouvelle-Écosse. Grâce à une plus grande capacité pour le télétravail, ces industries — et, par le fait même, la province — seront probablement plus résilientes et pourront mieux résister à un confinement prolongé.

 

Sources du graphique et du tableau : Études économiques de la Banque Scotia, Statistique Canada, SCHL, ministère des Finances de la Nouvelle-Écosse et Industrie Canada.

 

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