- La hausse des cours du pétrole explique l’excédent mensuel le plus important dans la balance commerciale du Canada depuis janvier 2025 (graphique 1). La valeur des exportations canadiennes a gagné 1,6 % en avril, grâce à l’apport le plus important des produits de l’énergie, mais aussi aux gains dans les produits agricoles et les automobiles. Dans l’ensemble, cette progression s’est déroulée malgré une baisse considérable des exportations d’or, après un très solide mois de mars. Les importations ont progressé de 0,3 %, menées par les lubrifiants et d’autres produits des raffineries de pétrole et malgré la baisse de l’or. Après rajustement pour tenir compte des prix, le volume des exportations a augmenté de 3 %, et les importations ont perdu 0,4 % dans le mois (graphique 2). Les données sur les échanges commerciaux ont pris du mieux après avoir mal commencé l’année et pointent un rebond au deuxième trimestre après un recul de la croissance au premier trimestre.
- Récemment, les solides exportations d’or et la hausse des cours de l’énergie ont effacé les baisses dans certains secteurs. Les exportations ont à l’évidence reculé dans les catégories des biens ciblés par les droits de douane sectoriels américains (graphique 3), dont l’acier (-49 % par rapport à décembre 2024), l’aluminium (-11 %), la foresterie (-19 %) ainsi que les véhicules automobiles et les pièces détachées (-4 %).
- La part des exportations canadiennes destinées aux États-Unis évolue peu à peu tendanciellement à la baisse : elle s’est établie à des moyennes de 76 % en 2024 et de 72 % en 2025 et s’est inscrite à 69 % en avril 2026. Cette baisse est attribuable au fléchissement des exportations à destination des États-Unis et à l’augmentation des exportations à destination d’autres régions – surtout l’Europe (graphique 4). En avril, les exportations destinées aux États-Unis ont gagné 4,8 % sur un mois et ont augmenté de 5,7 % par rapport à 2024. Les exportations destinées aux autres pays ont fléchi de 4,8 % sur un mois, mais ont progressé de 48,3 % sur 2024 – même si cette progression a en partie été portée par les exportations élevées d’or à l’étranger. Dans la colonne des importations (graphique 5), la part des importations canadiennes au départ des États-Unis a fléchi peu à peu pour s’inscrire à 59 % en avril contre une moyenne de 62 % en 2024.
- Le Canada continue de profiter d’un taux tarifaire effectif (relativement) faible sur l’ensemble des exportations. D’après notre estimation la plus récente (établie en fonction des courants commerciaux prétarifaires), nous chiffrons à 2,9 % la hausse des droits de douane depuis la fin de 2024, grâce à la plus grande partie de nos échanges commerciaux avec les États-Unis, qui se sont poursuivis sans sanctions tarifaires dans le cadre de l’ACEUM. Les droits de douane effectifs moyens déclarés sur les importations américaines de biens au départ du Canada ont été légèrement supérieurs à 3 % pour le cinquième mois d’affilée, ce qui représente une baisse par rapport à presque 4 % l’automne dernier (graphique 6). La part des biens canadiens importés aux États-Unis et soumis à des tarifs a augmenté pour passer de 17 % à 19 % en avril (graphique 7).
- Le déficit commercial américain est un peu moindre que son niveau prétarifaire (graphique 8). La balance commerciale américaine a accusé une forte volatilité au début de 2025 en réaction aux droits de douane, avant de se stabiliser vers la fin de l’année. En avril aux États-Unis, les exportations ont augmenté de 2,6 %, et les importations ont crû de 2,0 %, ce qui explique que le déficit commercial a baissé pour se chiffrer à 56 G$ US, contre environ 70 G$ US en 2024.
Les droits de douane américains sur les importations continuent de créer des pressions inflationnistes dans ce pays : selon l’estimation la plus récente de l’impact cumulatif des droits de douane sur les dépenses de consommation des ménages (DCM) de base aux États-Unis à 0,7 % environ (graphique 9) – ce qui assombrit l’horizon pour les baisses de taux d’intérêt aux États-Unis, surtout si l’on tient compte des récentes hausses et considérables des cours du pétrole.
- Les droits de douane et l’incertitude (graphique 10) sont toujours aussi élevés et ne cessent d’évoluer. Même si le remplacement des tarifs de l’IEEPA des États-Unis par le tarif mondial temporaire de 10 % a été une bonne nouvelle pour le Canada (et pour de nombreux autres partenaires commerciaux des États-Unis), la grande majorité de nos échanges commerciaux a été jugée conforme à l’ACEUM, ce qui l’exempte de ces droits de douane. Il semble aussi que le Canada sera essentiellement exempté des prochains droits de douane relatifs aux importations issues du travail forcé. Les droits de douane sectoriels ont nettement l’impact le plus retentissant pour le Canada et continuent de faire souffler de violents vents contraires sur les secteurs impactés, même si certaines mises au point ont été apportées le 1er juin, ce qui devrait alléger un peu le fardeau des droits de douane sur l’acier, sur l’aluminium et sur le cuivre jusqu’à la fin de 2027.
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