• L’aluminium a porté à un niveau record la hausse des valeurs des exportations (graphique 1).  La valeur des exportations canadiennes a crû de 0,9 % en mai, en augmentant dans sept des 11 catégories exportatrices.  Les exportations d’aluminium ont mené l’augmentation des valeurs dans l’ensemble, grâce à un bond de 51 % sur un mois, porté par la hausse des livraisons en Europe. Le combustible nucléaire, le canola et le soufre ont aussi apporté un énorme concours à la progression mensuelle de l’ensemble des exportations; pour ce qui est du soufre, les exportations ont pu compter sur les tumultes dans le détroit d’Ormuz.  Les exportations de pétrole, qui ont légèrement baissé par rapport à avril, sont restées élevées – aussi en raison des chocs produits par les blocages de la chaîne logistique mondiale.  Les importations ont perdu 0,2 %, en raison d’une importante baisse mensuelle des importations d’or, qui a compensé les progrès accomplis dans la plupart des autres catégories.  Les importations de machines et de biens d’équipement industriels ont gagné 2,8 % et progressé de 6,8 % sur un an, ce qui est une bonne nouvelle pour les investissements des entreprises.  Le volume des exportations (soit la valeur des exportations rajustée en fonction des prix) n’a essentiellement pas bougé, et les importations ont augmenté de 0,4 % dans le mois (graphique 2).  Les exportations d’avril ont aussi été révisées légèrement à la hausse.  Dans l’ensemble, les données sur les échanges commerciaux ont pris du mieux après avoir mal commencé l’année et pointent un rebond au deuxième trimestre. 
Graphique 1 : Le commerce international canadien de marchandises; Graphique 2 : Le volume des exportations et des importations du Canada
  • La vigueur des exportations d’or et d’énergie a effacé les baisses dans certains secteurs.  Les exportations ont reculé dans la plupart des catégories de biens ciblées par les droits de douane sectoriels américains (graphique 3), dont l’acier (-49 % par rapport à mai 2024), la foresterie (-12 %) ainsi que les véhicules automobiles et les pièces détachées (-7 %). Toutefois, après avoir perdu essentiellement 50 % l’an dernier, les exportations d’aluminium se sont maintenant largement rétablies – grâce à la normalisation de la demande américaine (portée par un incendie dans une usine de New York), de concert avec une augmentation des exportations à destination des marchés d’outremer. 
Graphique 3 : Les exportations du Canada par secteur
  • La part des exportations canadiennes destinées aux États-Unis évolue peu à peu tendanciellement à la baisse : elle s’est établie à des moyennes de 76 % en 2024 et de 72 % en 2025 et s’est inscrite à 70 % en mai 2026.  Cette baisse est attribuable au fléchissement de la plupart des exportations à destination des États-Unis et à l’augmentation des exportations à destination d’autres régions – surtout l’Europe (graphique 4).  En mai, les exportations destinées aux États-Unis ont gagné 1,5 % sur un mois et ont augmenté de 9,3 % par rapport à 2024, après avoir enchaîné trois hausses mensuelles d’affilée, portées par l’augmentation des cours du pétrole.  Les exportations destinées aux autres pays ont cédé 0,3 % sur un mois; elles ont toutefois décollé de 49,5 % sur 2024 – même si cette progression a essentiellement été portée par l’or.  Dans la colonne des importations (graphique 5), la part des importations canadiennes au départ des États-Unis a fléchi peu à peu pour s’inscrire à 58 % en mai contre une moyenne de 62 % en 2024. 
Graphique 4 : Les exportations canadiennes de marchandises, par région; Graphique 5 : Les importations de marchandises canadiennes, par partenaire commercial
  • Le Canada continue de profiter d’un taux tarifaire effectif (relativement) faible sur l’ensemble des exportations.  D’après notre estimation la plus récente (établie en fonction des courants commerciaux prétarifaires), nous chiffrons à 3,0 % la hausse des droits de douane depuis la fin de 2024, grâce à la plus grande partie de nos échanges commerciaux avec les États-Unis, qui se sont poursuivis sans sanctions tarifaires dans le cadre de l’ACEUM.  Les droits de douane effectifs moyens déclarés sur les importations américaines de biens au départ du Canada ont été légèrement supérieurs à 3 % pour un sixième mois d’affilée, ce qui représente une baisse par rapport à presque 4 % l’automne dernier (graphique 6).  La part des biens canadiens importés aux États-Unis et soumis à des tarifs s’est maintenue à 19 % pour un deuxième mois consécutif (graphique 7). 
Graphique 6 : La moyenne calculée des droits de douane sur les importations américaines, par partenaire commercial %; Graphique 7 : La part des importations américaines donnant lieu à des droits de douane
  • Le déficit commercial américain a augmenté (graphique 8).  En mai aux États-Unis, les exportations ont décroché de 3,2 % et les importations ont bondi de 3,3 %, ce qui a eu pour effet de porter à 78 G$ US le déficit commercial américain, soit un peu plus que le niveau atteint en 2024. 
Graphique 8 : Balance commerciale des États-Unis
  • Les droits de douane américains sur les importations continuent de créer des pressions inflationnistes dans ce pays : selon l’estimation la plus récente de l’impact cumulatif des droits de douane sur les dépenses de consommation des ménages (DCM) de base aux États-Unis à 0,7 % environ (graphique 9) – ce qui assombrit l’horizon pour les baisses de taux d’intérêt aux États-Unis, surtout en raison de l’augmentation des cours du pétrole depuis le début de l’année. 
Graphique 9 : L’impact cumulatif des droits de douane sur l’IPC américain
  • Les droits de douane et l’incertitude (graphique 10) sont toujours aussi élevés et ne cessent d’évoluer.  Le pacte destiné à proroger l’ACEUM au-delà de 2036 n’a pas été conclu avant l’échéance du 1er juillet; toutefois, le statu quo est maintenu jusqu’à ce que les pays s’entendent.  Après un lent départ, les pourparlers sur l’ACEUM devraient s’intensifier durant l’été, même si le délai qu’il faut compter pour parvenir à un accord reste incertain.  La volatilité ravivée des échanges commerciaux ne peut pas être laissée pour compte, d’autant plus que le tarif mondial de 10 % imposé par les États-Unis (en vertu de l’article 122) devrait arriver à expiration le 24 juillet.
Graphique 10 : L'incertitude de la politique économique au Canada, aux États-Unis et au Mexique
Tableau 1 : Canada, États-Unis et Mexique – Exportations et importations de biens (en données désaisonnalisées)
Tableau 2 : Canada – Exportations de marchandises par région (en données désaisonnalisées)
Tableau 3 : Canada – Exportations par certains secteurs (en données désaisonnalisées)
Tableau 4 : États-Unis – Importations de marchandises par région (en données désaisonnalisées)
Tableau 5 : Les droits de douane en vigueur
Tableau 6 : Canada – Taux effectif des droits douaniers (tarif effectif)
Tableau 7 : Mexique – Taux effectif des droits douaniers (tarif effectif)
Tableau 8 : États-Unis – Taux effectif des droits douaniers (tarif effectif)
Tableau 9 : États-Unis – Droits de douane perçus