- Les exportations ont inscrit un nouveau record en enchaînant une cinquième hausse (graphique 1). La valeur des exportations canadiennes a crû de 0,4 % en juin, en augmentant dans six des 11 catégories exportatrices. Les exportations d’or expliquent la grande majorité de l’ensemble de la hausse, puisqu’elles ont bondi de 28 % sur un mois. Cette progression compense largement la baisse de 10 % sur un mois des exportations de produits énergétiques, qui ont été impactées par l’affaissement des prix en juin. Le total des importations a arraché un gain de 0,2 %, mené par la forte hausse des unités de traitement des centres de données. Les importations de machines et de biens d’équipement industriels (indicateur phare des investissements dans les immobilisations) ont flanché de 3,3 % sur un mois; elles sont toutefois restées élevées pour un quatrième mois de suite. Le volume des exportations (corrigé des prix) a gagné 1,1 % et les importations ont perdu 1,4 % dans le mois (graphique 2). Dans l’ensemble, ce rapport confirme que les échanges commerciaux viendront étayer solidement la croissance au T2, qui pourrait surpasser nos prévisions de juillet, soit 2,8 % en données désaisonnalisées et annualisées.
- La vigueur des exportations d’or et d’énergie continue de masquer les baisses dans certains secteurs. Les exportations ont reculé dans la plupart des catégories de biens ciblées par les droits de douane sectoriels américains (graphique 3), dont l’acier (-43 % par rapport à décembre 2024), l’aluminium (-5 %) et la foresterie (-15 %). Toutefois, les exportations de véhicules automobiles et de pièces détachées ont peu à peu repris du mieux et regagné les niveaux de 2024, après avoir d’abord dégringolé d’environ 10 % l’an dernier.
- La part des exportations canadiennes destinées aux États-Unis évolue peu à peu tendanciellement à la baisse : elle s’est établie à des moyennes de 76 % en 2024 et de 72 % en 2025 et s’est inscrite à 70 % en juin 2026. Cette évolution a été portée par l’accélération de la croissance des exportations à destination des marchés distincts des États-Unis – surtout l’Europe (graphique 4). En juin, les exportations destinées aux États-Unis ont gagné 0,3 % sur un mois et ont augmenté de 24 % sur un an (grâce à l’augmentation des cours du pétrole depuis l’an dernier). Les exportations destinées à d’autres pays ont progressé de 0,7 % sur un mois et ont gagné 50,9 % sur 2024 – même si cette progression a essentiellement été portée par l’or. Dans la colonne des importations (graphique 5), la part des importations canadiennes au départ des États-Unis a fléchi peu à peu pour s’inscrire à 60 % en juin contre une moyenne de 62 % en 2024.
- Le Canada continue de profiter d’un taux tarifaire effectif (relativement) faible sur l’ensemble des exportations; cet avantage pourrait toutefois s’amenuiser. D’après notre estimation (établie en fonction des courants commerciaux prétarifaires), nous chiffrons à 3,0 % la hausse des droits de douane depuis la fin de 2024, grâce à la plus grande partie de nos échanges commerciaux avec les États-Unis, qui se sont poursuivis sans sanctions tarifaires dans le cadre de l’ACEUM. Toutefois, ce taux pourrait augmenter et s’établir à 4,6 % d’ici la fin du mois si les nouveaux droits de douane américains en réaction à la présumée discrimination exercée par le Canada sur l’automobile, l’alcool et les produits laitiers entrent en vigueur comme prévu à l’heure actuelle. Les droits de douane effectifs moyens déclarés sur les importations américaines de biens au départ du Canada ont baissé pour s’inscrire à 2,8 % – en recul par rapport à presque 4 % l’automne dernier (graphique 6). La part des biens canadiens importés aux États-Unis et soumis à des tarifs s’est hissée à 23,6 % (graphique 7).
- Le déficit commercial américain a augmenté (graphique 8). En juin, les exportations américaines ont cédé 0,9 % et les importations dans ce pays ont perdu 1,8 %, ce qui a donné lieu à une légère baisse du déficit commercial américain, à 73 G$ US, ce qui correspond à son niveau de 2024.
- Les droits de douane américains sur les importations continuent de créer des pressions inflationnistes dans ce pays : selon l’estimation la plus récente de l’impact cumulatif des droits de douane sur les dépenses de consommation des ménages (DCM) de base aux États-Unis à 0,7 % environ (graphique 9) – ce qui assombrit l’horizon pour les nouvelles baisses de taux d’intérêt aux États-Unis, surtout en raison de l’augmentation des cours du pétrole depuis le début de l’année.
- Les droits de douane et l’incertitude (graphique 10) sont toujours aussi élevés et ne cessent d’évoluer. Le pacte destiné à proroger l’ACEUM au-delà de 2036 n’a pas été conclu avant l’échéance du 1er juillet; toutefois, le statu quo est maintenu jusqu’à ce que les pays s’entendent. Comme prévu, les États-Unis ont accentué leur conflit commercial avec le Canada lorsque les pourparlers sur l’ACEUM ont commencé à s’animer. D’après notre référentiel, le Canada doit toujours émerger des négociations de l’ACEUM avec un taux tarifaire effectif concurrentiel et un droit d’accès en franchise de tarifs douaniers à l’économie américaine pour la grande majorité de nos exportations. Or, le parcours menant à ce dénouement sera aussi volatil et entaché de tactiques de négociation théâtrales.
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