- Les exportations plongent après avoir enchaîné cinq hausses mensuelles consécutives (graphique 1). En juillet, la valeur des exportations canadiennes a perdu 2,3 %, en inscrivant des baisses dans sept des 11 catégories exportatrices. Toutefois, les catégories volatiles de l’or et du pétrole ont porté ce recul mensuel, en partie à cause du fléchissement des cours en juillet – qui ont rebondi depuis. Dans l’ensemble, les autres catégories ont gagné 0,6 % dans ce mois. Le total des importations a crû de 2,2 %, grâce à une hausse de 11 % dans la catégorie des véhicules automobiles et des pièces détachées. Les importations de machines et de biens d’équipement industriels (indicateur phare des investissements dans les immobilisations) ont poursuivi leur hausse tendancielle en inscrivant une progression mensuelle de 2,2 %. Le volume des exportations (corrigé des prix) a cédé 1,5 %, et les importations ont gagné 2,2 % (graphique 2). Après un très solide apport à la croissance au T2, ce rapport laisse entendre que l’élan s’est ralenti au T3 – et qu’il faut s’attendre à d’autres vents contraires en raison des nouveaux droits de douane américains en août.
- La volatilité des exportations d’or et d’énergie continue de masquer les baisses dans certains secteurs. Les exportations ont reculé dans la plupart des catégories de biens ciblées par les droits de douane sectoriels américains (graphique 3), dont l’acier (-40 % par rapport à décembre 2024), l’aluminium (-1 %), la foresterie (-17 %) et l’automobile (-6 %).
- La part des exportations canadiennes destinées aux États-Unis évolue peu à peu tendanciellement à la baisse : elle s’est établie à des moyennes de 76 % en 2024 et de 72 % en 2025 et s’est inscrite à 66 % en juillet 2026. Cette évolution a été portée par l’accélération de la croissance des exportations à destination des marchés distincts des États-Unis – surtout l’Europe (graphique 4). En juillet, les exportations à destination des États-Unis ont dégringolé de 6,6 % sur un mois; elles ont toutefois progressé de 11 % sur un an (grâce à l’augmentation des cours du pétrole depuis l’an dernier). Les exportations destinées à d’autres pays ont progressé de 7,7 % sur un mois et ont gagné 64 % sur 2024 – même si cette progression a essentiellement été portée par l’or. Dans la colonne des importations (graphique 5), la part des importations canadiennes au départ des États-Unis a fléchi peu à peu pour s’inscrire à 59 % en juillet contre une moyenne de 62 % en 2024.
- Le Canada continue de profiter d'un taux tarifaire effectif (relativement) faible sur l'ensemble des exportations; cet avantage s’est toutefois amenuisé. Nous estimons que le taux tarifaire effectif (TTE) du Canada a augmenté pour passer d’environ 3 % à 4,3 % avec l’imposition de nouveaux droits de douane américains à la fin du mois dernier. Ce taux pourrait augmenter encore si les droits de douane de riposte du Canada interviennent la semaine prochaine et que les États-Unis donnent suite à leurs menaces de représailles. Les droits de douane effectifs moyens déclarés sur les importations américaines de biens au départ du Canada se sont maintenus à 2,8 % – en recul par rapport à presque 4 % l’automne dernier (graphique 6). La part des biens canadiens importés aux États-Unis et soumis à des tarifs a reculé à 22 % (graphique 7).
- Le déficit commercial américain a augmenté (graphique 8). En juillet, les exportations américaines ont baissé de 2,1 % et les importations ont progressé de 2,8 %, ce qui a eu pour effet de porter le déficit commercial américain à 89 G$ US – ce qui est légèrement supérieur à son niveau moyen de 2024. La hausse des importations a été menée par les ordinateurs et les accessoires informatiques, en raison des investissements que les États-Unis continuent de consacrer à l’IA et aux centres de données.
- Les droits de douane américains sur les importations continuent de créer des pressions inflationnistes dans ce pays : selon l’estimation la plus récente, l’impact cumulatif des droits de douane sur les dépenses de consommation des ménages (DCM) de base aux États-Unis s’établit à 0,7 % environ (graphique 9) – ce qui assombrit l’horizon pour les nouvelles baisses de taux d’intérêt aux États-Unis, surtout en raison de l’augmentation des cours du pétrole depuis le début de l’année.
- Les droits de douane ne cessent d’augmenter, et l'incertitude est toujours aussi vive (graphique 10). Le Canada continue de profiter de l’accès en franchise de droits de douane au marché américain pour la grande majorité de ses échanges commerciaux; toutefois, la guerre commerciale s’est embrasée dans la foulée de la dernière rupture des négociations. D’après notre référentiel, le Canada doit toujours émerger des négociations de l’ACEUM avec un taux tarifaire effectif concurrentiel et un droit d’accès en franchise de tarifs douaniers à l’économie américaine pour la grande majorité de ses exportations. Or, le parcours menant à ce dénouement sera volatil. Il pourrait y avoir d’autres escalades de mesures de rétorsion tarifaires dans les prochains mois. Toutefois, puisque les deux pays ont failli s’entendre le mois dernier et que les États-Unis ont reporté à l’an prochain la mise en œuvre de la hausse des droits de douane qu’ils venaient d’annoncer contre le Canada, il est encore possible que les deux pays s’entendent dans les prochains mois.
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