- Les exportations enchaînent un sixième excédent commercial mensuel consécutif (graphique 1). La valeur des exportations canadiennes a gagné 2,5 % en août, surtout grâce aux produits énergétiques, mais aussi aux augmentations dans la plupart des autres catégories – et malgré une forte baisse des exportations d’or volatiles. Le total des importations s’est replié de 2,0 %, surtout en raison d’une baisse de 8,8 % dans les véhicules automobiles et les pièces détachées (après une forte hausse passagère en juillet) et d’un recul dans les importations d’or. Les importations de machines et de biens d’équipement industriels (indicateur phare des investissements dans les immobilisations) ont poursuivi leur hausse tendancielle en inscrivant une progression mensuelle de 3,5 %. Le volume des exportations (corrigé des prix) a lui aussi augmenté, de 2,5 %; toutefois, les importations ont baissé d’à peine 1,1 % (graphique 2). Dans l’ensemble, les chiffres sont meilleurs qu’en juillet; ils ont toutefois été épaulés par l’anticipation des nouveaux droits de douane américains et des interdictions imposées dans l’importation en septembre. Même si le mois a été meilleur, les échanges commerciaux n’apportent probablement qu’un modeste concours à l’ensemble de la croissance économique du T3.
- La volatilité des exportations d’or et d’énergie continue de masquer les baisses évidentes dans certains secteurs. Les exportations ont reculé dans la plupart des catégories de biens ciblées par les droits de douane sectoriels américains (graphique 3), dont l’acier (-40 % par rapport à décembre 2024), la foresterie (-14 %) et l’automobile (-2 %) – même si l’aluminium a repris du mieux.
- La part des exportations canadiennes destinées aux États-Unis est volatile, mais évolue tendanciellement à la baisse : elle s’est établie à des moyennes de 76 % en 2024 et de 72 % en 2025 et s’est inscrite à 70 % en juillet 2026. Cette évolution a été portée par l’accélération de la croissance des exportations à destination des marchés distincts des États-Unis – surtout l’Europe (graphique 4). En août, les exportations à destination des États-Unis se sont envolées de 8,1 % sur un mois après avoir baissé en juillet et ont progressé de 11 % sur un an (grâce à l’augmentation des cours du pétrole depuis l’an dernier). Les exportations destinées à d’autres pays ont perdu 8,5 % sur un mois, mais ont décollé de 51 % par rapport à 2024 – même si cette progression a essentiellement été portée par l’or. Dans la colonne des importations (graphique 5), la part des importations canadiennes au départ des États-Unis a fléchi peu à peu pour s’inscrire à 59 % en août contre une moyenne de 62 % en 2024.
- Le Canada continue de profiter d'un taux tarifaire effectif (relativement) faible sur l'ensemble des exportations; cet avantage s’est toutefois amenuisé. Nous estimons que le taux tarifaire effectif (TTE) du Canada a augmenté pour passer d’environ 3 % à 4,6 % dans les deux derniers mois. Les droits de douane effectifs moyens acquittés sur les biens importés aux États-Unis depuis le Canada (en tenant compte des effets de la substitution) ont évolué tendanciellement à la baisse, mais augmenté pour passer de 2,8 % à 3,2 % en août (graphique 6); ils pourraient augmenter encore dans les prochains mois. La part des biens canadiens importés aux États-Unis et soumis à des tarifs a légèrement augmenté pour s’inscrire à 23 % (graphique 7).
- Le déficit commercial américain a augmenté vivement (graphique 8). En août, les exportations américaines ont gagné 1,4 % alors que les importations ont bondi de 4,3 %; le déficit commercial américain est ainsi passé à 105 G$ US – ce qui est nettement supérieur à son niveau moyen de 2024. La progression des importations a été menée par les fortes hausses des importations de fournitures industrielles et de biens d’équipement.
- Les droits de douane ne cessent d’augmenter, et l'incertitude est toujours aussi vive (graphique 9). Le Canada continue de profiter de l’accès en franchise de droits de douane au marché américain pour la grande majorité de ses échanges commerciaux; toutefois, la guerre commerciale s’est embrasée dans la foulée de la dernière rupture des négociations. D’après notre référentiel, le Canada doit toujours émerger des négociations de l’ACEUM avec un taux tarifaire effectif concurrentiel et un droit d’accès en franchise de tarifs douaniers à l’économie américaine pour la grande majorité de ses exportations. Or, le parcours menant à ce dénouement sera volatil. Il y a eu, dans les deux derniers mois, une certaine escalade des mesures de rétorsion tarifaires; or, il semble, heureusement, que cette escalade se soit calmée. Cependant, l’administration américaine a menacé d’imposer, en janvier, des droits de douane supplémentaires sur les voitures. Ceci dit, puisqu’un pacte a failli être conclu en août, il est encore possible qu’il le soit dans les prochains mois, afin d’éviter ces droits de douane et de réduire les lourds droits de douane qui pèsent sur certains secteurs.
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