- En novembre, les exportations de biens du Canada ont flanché de 2,8 %, et les importations ont baissé d’un cran, soit 0,1 %, ce qui donne un déficit de 2,2 G$ pour le mois. Si l’or non ouvré a été le principal facteur des changements dans la colonne des exportations (ce qu’il est depuis plusieurs mois), les véhicules automobiles et les pièces détachées ont aussi participé au repli de novembre — ce qui coïncide avec les nouveaux droits de douane américains sur les poids lourds et les autobus. Dans la colonne des importations, les baisses comptabilisées dans les véhicules automobiles et l’énergie ont été masquées par les hausses dans les biens de consommation.
- S’agissant des 11 premiers mois de l’année dans l’ensemble, les exportations de biens canadiens n’ont gagné que 0,1 %, puisque les hausses de l’or ont compensé les baisses dans la plupart des autres catégories de produits, soit essentiellement l’acier (‑30 %), l’aluminium (‑8 %), la foresterie (‑8 %) ainsi que les véhicules automobiles et les pièces détachées (‑2 %). Par contre, les importations ont inscrit un gain plus typique de 3,1 %, et par conséquent, les échanges commerciaux pèseront sur l’ensemble de la croissance du PIB pour 2025. Toutefois, le lest se réduit, et les échanges commerciaux sont en voie d’atteindre essentiellement le point neutre ou de dégager des résultats légèrement positifs au T4. Nous nous attendons à ce que le poids des échanges commerciaux continue de s’alléger peu à peu en 2027.
- La part des exportations canadiennes à destination des États‑Unis a fléchi pour passer de 76 % en 2024 à 68 % en novembre, en raison de la baisse des exportations destinées aux États‑Unis et de la hausse des exportations à destination d’autres pays. Les exportations aux États‑Unis ont perdu 1,8 % sur un mois et 13,3 % sur un an. Les exportations destinées à d’autres pays ont cédé 4,9 % en novembre, mais ont continué d’augmenter de presque 30 % par rapport à novembre l’an dernier grâce à la croissance comptabilisée au début de l’année — toutefois essentiellement portée par l’augmentation des exportations d’or à l’étranger. La même dynamique se déploie dans la colonne des importations : la part des importations au départ des États‑Unis a reculé pour passer de plus de 60 % à 56 % en novembre.
- Dans l’ensemble, la balance commerciale américaine a augmenté en novembre, après avoir plongé, en octobre, à son plus creux depuis mai 2009. Les importations ont évolué tendanciellement à la baisse, même si elles ont progressé de 5 % en novembre — menées par les produits pharmaceutiques et les ordinateurs. Les exportations américaines ont chuté de 3,6 % en novembre; elles ont toutefois gagné 5,9 % sur un an.
- Les changements dans la balance commerciale américaine tiennent aussi compte des variations compositionnelles dans les courants commerciaux américains. En novembre 2025 par rapport à novembre 2024, les importations américaines ont beaucoup baissé au départ de la Chine (‑44 %), du Canada (‑14 %) et de l’Union européenne (‑9 %); elles ont augmenté au départ du Mexique (+8 %) et du reste du monde (+12 %).
- Les statistiques douanières américaines nous apprennent que la proportion des biens canadiens importés aux États‑Unis et soumis aux sanctions douanières a été de l’ordre de 12 %, contre 20 %‑25 % en 2024 (parce qu’on encourage de plus en plus les entreprises à soumettre les documents confirmant qu’elles se conforment à l’ACEUM).
- Le Canada continue de profiter de droits de douane effectifs (relativement) faibles sur les exportations destinées aux États‑Unis (soit 6,3 % selon notre estimation actuelle, d’après les courants commerciaux d’avant les sanctions douanières) puisque la plupart de nos échanges commerciaux se déroulent toujours sans droits de douane dans le cadre de l’ACEUM. L’estimation la plus juste de la moyenne des droits de douane effectifs acquittés sur les importations américaines au départ du Canada semble s’inscrire à un peu moins de 4 %; il se peut toutefois que ce chiffre ne tienne pas compte de tous les droits prélevés sur les échanges commerciaux.
- Les droits de douane sur les importations américaines continuent de créer dans ce pays des pressions inflationnistes : l’estimation la plus récente de l’impact cumulatif des droits de douane sur l’IPC américain est supérieure à 0,6 point de pourcentage, ce qui assombrit l’horizon pour les baisses des taux d’intérêt américains.
- Puisque la Cour suprême des États‑Unis devrait se prononcer bientôt sur la légalité des droits de douane de l’IEEPA, il se pourrait qu’il y ait de nouvelles secousses, au cours des prochaines semaines, dans la guerre commerciale mondiale déclenchée par les États‑Unis. Si ces droits de douane sont révoqués, ils pourraient être remplacés par un nouveau mécanisme — qui serait probablement de nouveau contesté, ce qui aurait pour effet de raviver l’incertitude. Pour le Canada, les droits de douane sectoriels sont nettement ceux qui ont le plus d’impact, et ils continueront de peser sur l’économie canadienne tant qu’ils resteront en vigueur.
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