Ce compte rendu mensuel fait état des mutations du commerce en Amérique du Nord, en mettant en lumière ce que nous constatons dans l’environnement commercial dynamique d’aujourd’hui, en plus de faire état des conséquences de cette mutation pour la croissance à terme.
- Les exportations de biens du Canada ont gagné 6,3 % en septembre : elles ont continué de reprendre du mieux depuis le printemps. Les importations ont accéléré leur repli en reculant de 4,1 %, ce qui permet de dégager pour septembre un léger excédent, dans l’ensemble, dans les échanges commerciaux de biens. L’or, l’aluminium et les produits énergétiques sous forme brute ont inscrit les plus fortes hausses dans la colonne des exportations; l’or sous forme brute intervient aussi pour une large part dans la baisse des importations.
- Sur un an, les exportations de biens canadiens ont essentiellement fait du surplace en septembre; elles ont toutefois perdu 3,2 % pour l’ensemble du T3. Les hausses importantes de la valeur des exportations d’or (favorisées par la brusque augmentation des cours du métal jaune) sont venues masquer en partie la baisse des exportations dans la plupart des autres catégories de produits, dont l’acier et l’aluminium, les produits forestiers, les véhicules automobiles et les pièces détachées, les produits agricoles et les produits de la pêche, ainsi que les matériaux industriels.
- Compte tenu de toutes les données aujourd’hui disponibles sur les échanges commerciaux pour le T3, il semble que les exportations nettes aient été un peu plus vigoureuses que ce qu’avais supposé Statistique Canada dans ses comptes nationaux du T3 publiés à la fin du mois dernier, ce qui représente un certain risque de hausse pour cette estimation.
- La part des exportations canadiennes destinées aux États‑Unis a fléchi pour passer de 76 % en 2024 à 71 % en septembre; ce fléchissement s’explique par la baisse des exportations à destination des États‑Unis et par l’augmentation progressive des exportations destinées à d’autres pays. Les exportations à destination des États‑Unis ont progressé de 4,6 % sur un mois; elles ont toutefois baissé de 5,6 % sur un an. Les exportations destinées à d’autres pays ont bondi de 11 % sur un mois et ont aujourd’hui augmenté de 18,6 % sur un an.
- Après s’être creusé considérablement au début de l’année en raison des importations qui anticipaient les droits de douane, l’ensemble du déficit commercial des États‑Unis s’est amenuisé depuis. Les importations ont essentiellement regagné leur niveau de 2024 (après avoir culminé au début de 2025), et les exportations n’ont pas cessé de progresser. Les changements compositionnels sont toutefois intervenus dans les courants des échanges commerciaux avec les États‑Unis. Pour l’ensemble du T3, les importations des États‑Unis ont considérablement baissé sur un an au départ de la Chine (‑40 %), du Canada (‑10 %), de l’Union européenne (‑8 %) et ont augmenté au départ du Mexique (+4 %).
- Les données des douanes américaines nous apprennent que la proportion des biens canadiens importés aux États‑Unis et soumis aux droits de douane reste de l’ordre de 10 % à 15 %, contre 20 % à 25 % en 2024 (parce qu’on incite de plus en plus les entreprises à soumettre les documents portant sur la conformité à l’ACEUM).
- Le Canada continue de profiter du tarif douanier effectif (relativement) moins élevé sur les exportations à destination des États‑Unis (que nous estimons aujourd’hui à 6,3 %) puisque la plupart de nos opérations commerciales continuent de se dérouler en libre‑échange dans le cadre de l’ACEUM. Les droits de douane effectifs moyens versés sur les importations américaines au départ du Canada se sont chiffrés à 3,9 % en septembre et augmentent pour atteindre le tarif douanier effectif que nous estimons, puisque les stocks prétarifaires s’épuisent et sont remplacés par de nouveaux achats.
- Puisque la Cour suprême des États‑Unis devrait se prononcer bientôt sur la légalité des droits de douane de l’IEEPA, il se pourrait que de nouvelles secousses se produisent, au cours des prochaines semaines, dans la guerre commerciale mondiale que continuent de mener les États‑Unis. Si les droits de douane sont abaissés, ils pourraient être remplacés par un nouveau mécanisme — qui serait à nouveau probablement contesté et qui donnerait lieu à un nouveau climat d’incertitude. Pour le Canada, les droits de douane sectoriels produisent nettement l’impact le plus retentissant et continueront de peser sur l’économie canadienne tant qu’ils continueront de produire leurs effets.
- Les droits de douane sur les importations américaines continuent de créer dans ce pays des pressions inflationnistes, qui ralentissent le rythme du cycle d’assouplissement monétaire de la Réserve fédérale. Les récents reculs sur certains droits de douane imposés sur les produits alimentaires pourraient permettre de ralentir l’inflation des prix des aliments dans une certaine mesure, mais dans l’ensemble, les tarifs douaniers restent élevés; en outre, les nouvelles déclarations et menaces brandies démontrent que le paysage du commerce mondial est toujours aussi fluide.
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