- En décembre 2025, les exportations de biens du Canada ont crû de 2,6 %, et les importations ont augmenté de 0,6 % (graphique 1) – ce qui donne un déficit de 1,3 G$ pour le mois. Depuis plusieurs mois, l’or non ouvré a porté essentiellement les variations dans la colonne des exportations – même si l’augmentation des exportations d’aéronefs et d’autres biens d’équipement de transport a aussi concouru à cette progression mensuelle. Les importations d’or expliquent aussi une grande partie de l’augmentation des importations du mois, de concert avec l’accroissement des importations de véhicules automobiles et de pièces détachées.
- Pour l’ensemble de 2025, les exportations nominales de biens canadiens ont baissé de 0,2 % : en effet, les hausses importantes des exportations d’or n’ont pas suffi à compenser les baisses dans la plupart des autres catégories de produits (graphique 2), surtout l’acier (-31 %), l’aluminium (-7 %), la foresterie (-10 %) ainsi que les véhicules automobiles et les pièces détachées (-3 %), ce qui est inférieur à de nombreux autres pays (graphique 3).
- Le volume des échanges commerciaux tient un discours plus négatif. Après redressement pour tenir compte des prix, les exportations de biens ont fléchi de 2 % sur l’année et les importations n’ont essentiellement pas bougé (graphique 4). C’est pourquoi les échanges commerciaux devraient normalement peser sur l’ensemble de la croissance du PIB pour 2025. Or, le volume des exportations du T4 a gagné 2,1 % par rapport au T3, alors que les importations ont progressé d’à peine 0,3 %. Il s’agit d’un apport à la croissance plus solide que ce que nous avions supposé dans nos prévisions économiques de janvier. Nous nous attendons à ce que le poids des échanges commerciaux continue de s’alléger peu à peu en 2027.
- La part des exportations canadiennes destinée aux États-Unis a flanché pour passer de 76 % en 2024 à 72 % en 2025 et évolue tendanciellement à la baisse. Ce recul s’explique par le repli des exportations destinées aux États‑Unis et par l’accroissement des exportations vers d’autres régions — essentiellement l’Europe (graphique 5). En décembre, les exportations à destination des États-Unis ont gagné 1,1 % sur un mois, mais ont perdu 16,7 % sur un an. Les exportations destinées à d’autres pays se sont envolées de 5,8 % sur un mois et ont gagné 30 % sur un an — même si elles ont été en grande partie portées par l’augmentation des exportations d’or à l’étranger. Une dynamique comparable se déploie dans la colonne des importations (graphique 6), puisque la part des importations canadiennes au départ des États-Unis a fléchi pour passer de 62 % en 2024 à 59 % en 2025.
- Le Canada continue de profiter d’un taux tarifaire effectif (relativement) faible sur les exportations destinées aux États‑Unis. Nous estimons actuellement ce taux à 6,3 % (d’après les courants commerciaux prétarifaires), grâce à la plupart de nos échanges commerciaux toujours exemptés des droits de douane dans le cadre de l’ACEUM. L’estimation la plus juste des droits de douane réels moyens acquittés sur les importations américaines depuis le Canada a baissé dans les derniers mois, pour passer de 3,9 % en septembre à 3,1 % en décembre (graphique 7). La proportion des biens canadiens importés aux États-Unis et soumis aux sanctions tarifaires s’est établie aux alentours de 10 % (graphique 8).
- En décembre, le déficit commercial américain s’est rétabli à son niveau prétarifaire (graphique 9). Les échanges commerciaux américains ont été très volatils en 2025 : après avoir culminé au début de l’année en raison de la vigueur des importations portée par l’anticipation des sanctions tarifaires, le déficit commercial de ce pays a plongé, en octobre, à son plus creux depuis 2009, avant de redevenir normal à la fin de l’année.
- Les courants commerciaux des États-Unis ont subi des changements compositionnels. En comparant 2025 à 2024, les importations américaines ont nettement diminué depuis la Chine (-29 %) et le Canada (-7 %); elles ont toutefois augmenté au départ de l’Union européenne (+5 %), du Mexique (+6 %) et du reste du monde (+19 %).
- Les droits de douane sur les importations américaines continuent de créer des pressions inflationnistes dans ce pays : selon l’estimation la plus récente, l’impact cumulatif des droits de douane sur l’IPC américain s’est inscrit à un point de pourcentage entier (graphique 10) — ce qui assombrit l’horizon pour les baisses de taux d’intérêt aux États-Unis.
- Parce que la Cour suprême américaine devrait bientôt prendre une décision sur la légalité des droits de douane décrétés en vertu de l’IEEPA, la guerre commerciale mondiale en cours avec les États‑Unis pourrait connaître de nouvelles secousses. Si les droits de douane sont révoqués, ils pourraient être remplacés par un nouveau mécanisme — qui serait probablement à nouveau contesté, ce qui raviverait l’incertitude. Pour le Canada, les droits de douane sectoriels sont de loin ceux qui ont l’impact le plus retentissant et continueront de peser sur l’économie canadienne tant qu’ils resteront en place.
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