- En février, les exportations de biens du Canada ont rebondi de 6,4 % (sur un mois); les importations ont fait encore mieux, en gagnant 8,4 % (graphique 1). Les véhicules automobiles et les pièces détachées, qui expliquent essentiellement cette progression des exportations, ont décollé de 24,2 % en février, après avoir dégringolé de 21 % en janvier (en raison d’un arrêt de la production plus long que d’habitude dans la saison des Fêtes). Ce secteur a été talonné par les métaux : les livraisons d’or ont crû de 11 % après avoir plongé en janvier, et les exportations d’aluminium ont inscrit un solide gain de 19,6 %. Pour ce qui est des importations, la catégorie de l’or, de l’argent et du platine a plus que doublé par rapport au mois précédent et a essentiellement porté l’augmentation de février. Après rajustement pour tenir compte des prix, le volume des exportations a augmenté de 4,9 %, et les importations ont monté de 7,1 % pour le mois. Les données de février confirment que la balance commerciale nette pèsera sur la croissance du T1 — et probablement plus que ce à quoi nous nous attendions dans nos plus récentes prévisions. Nous nous attendons toutefois à un rebond au T2, notamment en raison de la hausse des cours du pétrole.
- Un retour sur la volatilité mensuelle nous apprend que les exportations correspondent essentiellement aux niveaux de 2024, même si l’or a effacé certaines baisses. À l’exclusion de l’or, les exportations canadiennes ont baissé en moyenne d’environ 12 % par rapport aux trois derniers mois comparativement à la même période il y a un an (graphique 2), menées par les catégories ciblées par les droits de douane sectoriels des États-Unis (graphique 3) : l’acier (-55 %), l’aluminium (-12 %), la foresterie (-23 %), et enfin, les véhicules automobiles et les pièces détachées (-24 %).
- La part des exportations canadiennes destinées aux États-Unis évolue peu à peu tendanciellement à la baisse, pour s’établir à une moyenne de 76 % en 2024 et de 72 % en 2025 et pour ressortir à 66 % en février 2026. Cette baisse tendancielle est portée par un repli des exportations à destination des États-Unis et par la hausse des exportations destinées à d’autres régions — surtout l’Europe (graphique 4). En février, les exportations destinées aux États-Unis se sont envolées de 4,4 % sur un mois; elles ont toutefois perdu 10,4 % comparativement à 2024. Les exportations à destination d’autres pays ont progressé de 10,5 % après avoir sombré dans une léthargie en janvier et ont explosé de 42,4 % par rapport à 2024 — même si une grande partie de cette hausse a été portée par les exportations élevées d’or à l’étranger. Du côté des importations (graphique 5), la part des importations canadiennes depuis les États-Unis a légèrement fléchi en février pour s’inscrire à 59 % contre 62% en 2024.
- Le Canada continue de tirer parti de droits de douane effectifs (relativement) faibles sur le total des exportations. Selon notre estimation la plus récente (d’après les courants commerciaux prétarifaires), la hausse des droits de douane depuis la fin de 2024 se chiffre à 3,1 %, puisque la plus grande partie de nos échanges commerciaux avec les États-Unis se poursuit en franchise de droits de douane dans le cadre de l’ACEUM. Il s’agit d’une baisse par rapport à 4,5 % en février puisque les droits de douane américains propres à certains pays en vertu de l’IEEPA ont été remplacés par un tarif douanier mondial de 10 %. Les droits de douane réels moyens déclarés et versés sur les importations de biens américains depuis le Canada ont été légèrement supérieurs à 3 % pour le troisième mois d’affilée, contre presque 4 % il y a six mois (graphique 6). Ce chiffre pourrait baisser d’un cran en mars, compte tenu des changements apportés aux droits de douane à la fin de février. La proportion des biens canadiens importés aux États-Unis et assujettis à des droits de douane s’est établie aux alentours de 10 % (graphique 7).
- Le déficit commercial des États-Unis se rapproche de nouveau de son niveau prétarifaire (graphique 8). Les échanges commerciaux avec ce pays ont accusé une forte volatilité au début de 2025 en réaction aux droits de douane, avant de se stabiliser vers la fin de l’année. En février, les exportations américaines ont gagné 4,2 % et les importations ont progressé de 4,3 %, ce qui explique que le déficit de la balance commerciale se soit inscrit à 57 G$ US, contre environ 70 G$ US en 2024.
- Les droits de douane sur les importations américaines continuent de créer des pressions inflationnistes dans ce pays : selon l’estimation la plus récente de l’impact cumulatif des droits de douane sur ce pays, l’IPC américain a augmenté de presque un point de pourcentage entier (graphique 9) — ce qui assombrit l’horizon pour les baisses de taux d’intérêt aux États-Unis, d’autant plus que les cours du pétrole ont récemment augmenté.
- Les droits de douane et l’incertitude (graphique 10) sont toujours aussi élevés et dynamiques. Même si le remplacement des droits de douane américains en vertu de l’IEEPA par les droits de douane mondiaux temporaires de 10 % a été une bonne nouvelle pour le Canada (et pour de nombreux autres partenaires commerciaux des États-Unis), la grande majorité de nos échanges commerciaux a été conforme à cette loi et a donc été exemptée de ces droits de douane. Les droits de douane sectoriels sont nettement ceux qui ont l’impact le plus retentissant pour le Canada; ils n’ont pas été touchés par les récents changements. Or, des comptes rendus laissent aujourd’hui entrevoir des changements potentiels pour ce qui est des droits de douane sur l’acier et l’aluminium, ce qui pourrait donner lieu à un tarif douanier moindre pour certains biens, mais par rapport à une assiette plus vaste pour tous les biens — et avoir pour effet d’augmenter éventuellement, en chiffres nets, les droits de douane acquittés.
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