- En janvier, les exportations canadiennes de biens ont perdu 4,7 %, et les importations ont fléchi de 1,1 % (graphique 1). Les véhicules automobiles et les pièces détachées ont essentiellement porté les exportations, qui ont atteint leur plus creux depuis septembre 2021 en raison d’un ralentissement saisonnier de la production plus long que d’habitude. Ont aussi expliqué la baisse mensuelle des exportations, le recul des livraisons d’or (qui ont effacé une partie de la forte hausse de décembre) ainsi que la baisse des exportations d’aéronefs et d’autres biens d’équipement de transport. Les véhicules automobiles ont aussi mené le recul des importations pour ce mois. Après rajustement pour tenir compte des prix, le volume des exportations a perdu 5,8 %, et les importations ont reculé de 2,2 % pour le mois (graphique 2). Les exportations devraient rebondir lorsque la production automobile reviendra à la normale; toutefois, selon le rapport de janvier, il faut effectivement s’attendre à ce que les échanges commerciaux pèsent sur la croissance du T1 un peu plus que ce que nous avions escompté dans nos plus récentes prévisions économiques.
- Hormis la volatilité mensuelle, les exportations correspondent essentiellement aux niveaux de 2024, même si la vigueur de l’or a masqué une partie des baisses évidentes. En excluant l’or, les exportations canadiennes ont baissé en moyenne de 11 % environ dans les trois derniers mois par rapport à la même période d’il y a un an, portées par les catégories ciblées par les droits de douane sectoriels américains (graphique 3), soit l’acier (-51 %), l’aluminium (-8 %), la foresterie (-23 %) ainsi que les véhicules automobiles et les pièces détachées (-22 %).
- La part des exportations canadiennes destinées aux États-Unis évolue peu à peu tendanciellement à la baisse : elle s’est établie à des moyennes de 76 % en 2024 et de 72 % en 2025 et s’est inscrite à 68 % en janvier 2026. Cette baisse est attribuable au fléchissement des exportations à destination des États-Unis et à l’augmentation des exportations à destination d’autres régions – surtout l’Europe (graphique 4). En janvier, les exportations destinées aux États-Unis ont cédé 3,8 % sur un mois et ont flanché de 13,7 % par rapport à 2024. Les exportations destinées aux autres pays ont perdu 6,5 % sur un mois, mais gagné 28 % par rapport à 2024 –même si cette progression a en partie été portée par les exportations élevées d’or à l’étranger. C’est une dynamique comparable qui est à l’œuvre du côté des importations (graphique 5), puisque la part des importations canadiennes au départ des États-Unis a baissé pour s’établir à 56 % contre 62 % en 2024.
- Le Canada continue de profiter d’un taux tarifaire effectif (relativement) faible sur l’ensemble des exportations. D’après notre estimation la plus récente (établie en fonction des courants commerciaux prétarifaires), nous chiffrons à 3,1 % la hausse des droits de douane depuis la fin de 2024, grâce à la plus grande partie de nos échanges commerciaux avec les États-Unis, qui se sont poursuivis sans sanction tarifaire dans le cadre de l’ACEUM. Cette estimation représente une baisse sur les 4,5 % du mois dernier parce que les droits de douane propres aux États-Unis dans le cadre de l’IEEPA ont été remplacés par des droits de douane mondiaux de 10 %. Les droits de douane effectifs moyens déclarés sur les importations de biens américaines au départ du Canada se sont établis à 3,1 % pour un deuxième mois d’affilée, ce qui représente une baisse par rapport à presque 4 % il y a six mois (graphique 6). Ces chiffres devraient continuer de baisser tendanciellement en février et en mars. La proportion des biens canadiens importés aux États-Unis et soumis à des droits de douane s’est inscrite aux alentours de 10 % (graphique 7).
- Le déficit commercial américain se rapproche à nouveau de son niveau prétarifaire (graphique 8). La balance commerciale américaine a accusé une forte volatilité au début de 2025 en réaction aux droits de douane, avant de se stabiliser vers la fin de l’année. En janvier, les exportations américaines ont crû de 5,5 %, et les importations ont plongé de 0,7 %, ce qui explique la baisse du déficit commercial, qui s’est inscrite à 55 G$ US, contre environ 70 G$ US en 2024.
- Les droits de douane américains sur les importations continuent de créer des pressions inflationnistes dans ce pays : selon l’estimation la plus récente de l’impact cumulatif des droits de douane sur l’IPC américain, le choc atteint presque un point de pourcentage complet (graphique 9) – ce qui assombrit l’horizon pour les baisses de taux d’intérêt aux États-Unis, surtout si l’on tient compte des récentes hausses des cours du pétrole.
- Les droits de douane et l’incertitude (graphique 10) continuent de peser sur la conjoncture malgré la décision de la Cour suprême des États-Unis. Même si les droits de douane imposés en vertu l’IEEPA américaine ont été abaissés le mois dernier, de nouveaux droits de douane mondiaux temporaires de 10 % ont aussitôt été décrétés pour les remplacer (en promettant de les hausser à 15 %), et l’administration américaine tâche aujourd’hui de mettre au point des droits de douane qui les remplaceront à plus long terme –et qui pourraient être plus élevés. Le nouveau tarif douanier mondial est inférieur aux droits de douane de 35 % qui étaient imposés au Canada sur les biens non conformes à l’ACEUM, même si la grande majorité de nos échanges commerciaux se conformait à cet accord et était donc exemptée de ces droits de douane. Les droits de douane sectoriels sont nettement ceux qui ont l’impact le plus retentissant pour le Canada, et ils n’ont pas été touchés par les récents changements.
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