CANADA : LES VENTES PROLONGENT LEUR RÉCENTE SÉQUENCE GAGNANTE AU T2
En juin, les ventes d’automobiles au Canada ont crû de 1,6 % sur un mois pour s’établir à 1,9 million d’exemplaires en rythme désaisonnalisé et annualisé, d’après les données d’Omdia (graphique 1). Le mois écoulé a enchaîné une quatrième hausse sur les cinq derniers mois, puisque la demande continue de rebondir après que les ventes se soient affaissées à la fin de 2025. Les ventes de véhicules ont progressé de 3,8 % sur un trimestre au T2, pour s’établir à une moyenne de 1,88 million d’exemplaires (en rythme désaisonnalisé et annualisé), en tenant compte des légères révisions à la baisse des données pour avril et mai. En chiffres non désaisonnalisés déclarés par la même source, les ventes de véhicules se sont établies à 175 400 exemplaires pour mai, et les ventes du T2 ont reculé de 3,4 % sur un an par rapport au printemps 2025, dont les résultats ont été en partie faussés; elles ont toutefois gagné 6,4 % par rapport à la même période en 2024. S’agissant des ventes de véhicules par segment, les ventes de voitures qui représentent un peu moins de 15 % de l’ensemble du marché ont décollé de 20,7 % sur un trimestre, en se rétablissant à peu près au même volume qu’il y a un an (0,2 % sur un an au T2). Dans le même temps, les ventes du segment des camions légers, qui pèsent plus de 85 % du marché des ventes de véhicules neufs, ont augmenté de 1,9 % sur un trimestre au T2; elles ont toutefois continué d’accuser une baisse de 4 % sur un an.
L’ensemble des facteurs économiques qui viennent en quelque sorte étayer la demande de véhicules ont récemment donné des signes d’amélioration. Le PIB réel mensuel a progressé de 0,5 % en avril; en effet, l’activité économique a semblé vouloir rebondir après avoir sombré dans une léthargie, ce que viennent confirmer les 88 000 emplois créés en mai, qui ont permis d’abaisser à 6,6 % (en données désaisonnalisées) le taux de chômage. Si l’inflation de synthèse s’est hissée à 3,2 % sur un an en mai, l’inflation fondamentale (hors alimentation et énergie) a augmenté de 1,6 % sur un an, ce qui apporte à la Banque du Canada une certaine marge de manœuvre pour maintenir le taux directeur à 2,25 %, en évaluant la situation pour savoir si la hausse et la volatilité des cours du pétrole se répercutent sous la forme de pressions inflationnistes plus vastes. Dans le même temps, l’incertitude qui plombe la politique commerciale est appelée à perdurer, en plombant l’investissement des entreprises, puisque le Canada, les États-Unis et le Mexique n’ont pas reconduit l’ACÉUM avant l’échéance du 1er juillet; cet accord commercial reste en vigueur et fait l’objet d’examens annuels jusqu’à son expiration en 2036 ou jusqu’à sa reconduction à une date ultérieure.
Nos prévisions pour les ventes de véhicules légers au Canada s’inscrivent à 1,86 million d’exemplaires en 2026; nous nous attendons à ce que les ventes évoluent tendanciellement en zigzag dans le milieu de l’année. Elles pourraient toutefois rester volatiles d’un mois au suivant. Les ventes de véhicules neufs devraient prendre du mieux l’an prochain, pour atteindre 1,9 million d’exemplaires en 2027. Toutefois, cette prévision est soumise à une grande incertitude en raison de la volatilité chronique des cours mondiaux du pétrole et des risques pour l’évolution potentielle des échanges commerciaux.
ÉTATS‑UNIS : LA DEMANDE SE MAINTIENT ALORS QUE LES VENTS CONTRAIRES S’ACCENTUENT
En juin, les ventes d’automobiles aux États-Unis ont crû de 2,7 % sur un mois pour s’inscrire à 16,5 millions d’exemplaires (en données désaisonnalisées et annualisées), selon le BEA (graphique 2). Les ventes de véhicules sont restées vigoureuses dans le milieu de l’année, pour s’établir à une moyenne de 16,3 millions d’exemplaires (en rythme désaisonnalisé et annualisé) au T2, en partie grâce à une solide fin de trimestre; elles ont progressé de 5,2 % sur un trimestre par rapport au T1 de 2026. Les ventes non désaisonnalisées déclarées par la même source se sont chiffrées à 1,36 million d’exemplaires pour le mois, en hausse de 7,2 % sur un an, alors que les ventes non désaisonnalisées pour le T2 ont grimpé de 0,5 % par rapport à 2025 et de 3,8 % comparativement au même trimestre en 2024.
Le marché du travail américain a paru vouloir se ralentir après avoir inscrit un solide rebond au printemps et au début de l’été. Même si le taux de chômage américain a plongé à 4,2 % en juin, l’emploi non agricole n’a gagné que 57 000 postes après s’être enrichi de 164 000 postes en moyenne sur les trois mois avant mai. Dans le même temps, l’inflation de synthèse et l’inflation fondamentale se sont envolées respectivement de plus de 4 % et de 3 % sur un an en mai. Le ralentissement du marché du travail de concert avec l’inflation toujours aussi élevée tire dans les deux sens le double mandat de la Réserve fédérale, qui doit assurer un maximum d’emplois durables et la stabilité des prix. Si la conjoncture ne se détériore pas, il est improbable que les taux d’intérêt se détendent immédiatement dans le court terme, alors que les données qui font état du ralentissement du marché du travail continueront probablement d’amener le FOMC à redouter de recommencer à hausser les taux.
Nos prévisions pour les ventes d’automobiles aux États-Unis se chiffrent à 15,9 millions d’exemplaires en 2026, alors que le rythme des ventes est appelé à se replier légèrement par rapport au niveau récent atteint dans le deuxième semestre de cette année, en s’améliorant marginalement pour s’inscrire à 16,1 millions d’exemplaires en 2027 puisque la détente attendue dans les taux d’intérêt et l’amélioration de la dynamique du marché du travail viendront étayer la demande des consommateurs.
VENTES MONDIALES D’AUTOMOBILES : PROGRESSION FREINÉE APRÈS LES RÉCENTS GAINS
Ailleurs dans le monde, les ventes d’automobiles ont baissé de 1,5 % sur un mois (en données désaisonnalisées) en mai, ce qui a mis fin à la tendance trimestrielle de la progression des volumes en chiffres désaisonnalisés (graphique 3). Le ralentissement a été généralisé alors que l’Amérique latine a été la seule région que nous suivons et dans laquelle les ventes n’ont pas baissé en mai. Dans cette région, les ventes ont gagné 1,5 % sur un mois (en données désaisonnalisées), portées à la hausse par la croissance soutenue des ventes désaisonnalisées du Brésil, qui ont augmenté de 4,9 %, alors que les ventes dans les cinq autres pays ont fait du surplace ou ont baissé sur un mois. L’élan de la demande d’automobiles au T2 vient étayer les ventes de la région, qui se sont envolées de 11 % depuis le début de l’année. En Europe de l’Ouest, les ventes de véhicules ont perdu 3,1 % sur un mois (en données désaisonnalisées) en mai, en continuant de se replier après le récent pic de mars puisque l’explosion des cours du pétrole se répercute probablement sur la demande des consommateurs, les ventes de véhicules s’étant ralenties dans 11 des 15 pays suivis. C’est pourquoi les ventes régionales n’ont progressé que de 4 % depuis le début de l’année. Dans le même temps, en Europe de l’Est, les ventes d’automobiles ont chuté de 3,4 % sur un mois (en données désaisonnalisées) et ont évolué tendanciellement en zigzag dans les cinq premiers mois de l’année : elles ont augmenté marginalement (0,9 %) depuis le début de l’année. De même, dans la région de l’Asie-Pacifique, les ventes d’automobiles sont restées relativement stables malgré l’explosion des cours du pétrole, puisqu’elles ont décroché de 1,5 % sur un mois (en données désaisonnalisées) alors que la hausse de 0,4 % des ventes de véhicules en Chine a été largement effacée par les baisses ailleurs dans la région, qui se sont établies à une moyenne de 5 %. Les ventes d’automobiles de la région ont cédé 2,1 % en mai (depuis le début de l’année), lestées par la baisse de 6,7 % (depuis le début de l’année) des ventes en Chine. Pour les ventes mondiales de véhicules, nous prévoyons une baisse de 0,2 % en 2026; elles devraient ensuite augmenter de 1,9 % en 2027 (graphique 4), mais elles sont plombées par une forte incertitude, notamment en raison de la volatilité chronique des échanges commerciaux mondiaux et des cours de l’énergie.
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