LE MARCHÉ CANADIEN DU LOGEMENT : LE PAYSAGE MONDIAL CONTINUE DE PESER SUR LES MARCHÉS ET LES PRIX DU LOGEMENT AU CANADA

RÉSUMÉ

En février, les ventes nationales (en logements) se sont repliées pour un quatrième mois consécutif, à l’heure où la léthargie de la conjoncture du marché continue de tirer à la baisse l’indice des prix des propriétés (IPP) MLS.

Le nombre de transactions de vente de logements a encore baissé en février : il a perdu -1,3 % (en données désaisonnalisées) par rapport à son niveau de janvier.  Les ventes nationales ont ainsi enchaîné un quatrième recul mensuel consécutif, puisqu’elles ont perdu en février 11,5 % (en chiffres désaisonnalisés) par rapport à leur niveau d’octobre 2025 (lorsqu’elles ont atteint leur pic le plus récent).  Pour le même mois en 2025, les ventes se sont établies à -8.1 % (en chiffres non désaisonnalisés) par rapport à février.  Dans l’ensemble du pays, les nouvelles inscriptions ont flanché de -3,9 % (en données désaisonnalisées) en février par rapport à janvier, en masquant une partie du sursaut de 5,1 % de janvier par rapport à décembre.  Sur la période de 12 mois terminée en février dernier, les nouvelles inscriptions ont cédé -3,8 % (en données non désaisonnalisées).

Parce que les ventes ont moins reculé que les nouvelles inscriptions en février, le ratio des ventes sur les nouvelles inscriptions a repris du mieux pour passer de 46,4 % en janvier à 47,6 % en février (en chiffres désaisonnalisés), ce qui se situe toujours dans la moitié inférieure de la fourchette de la conjoncture équilibrée et ce qui est proche du seuil pour les conditions favorables aux acheteurs.  L’autre indicateur de la conjoncture du marché que nous suivons — soit les mois de stocks — n’a pas bougé, à 5,0 en février, ce qui est légèrement inférieur à sa moyenne à long terme (prépandémique) de 5,2.  Comme dans les mois précédents, parmi les provinces, les mois de stocks surpassent leur moyenne à long terme en Ontario et en Colombie-Britannique seulement — par deux mois dans les deux cas — et sont inférieurs à cette moyenne dans toutes les autres provinces.

L’indice des prix des propriétés (IPP) MLS pour l’ensemble du pays a continué de fléchir en février, en perdant -0,6 % (en données désaisonnalisées) par rapport à son niveau de janvier et -4,8 % (en données non désaisonnalisées) depuis février 2025.  Comme pour les mois précédents, tous les types de logements ont participé aux baisses mensuelles et sur 12 mois de l’IPP MLS à l’échelle nationale.  Cet indice des prix des logements a flanché dans chacun des 15 derniers mois, essentiellement depuis que la nouvelle administration américaine a annoncé, peu de temps après son élection — et en agissant en conséquence par la suite — son intention de hausser considérablement les droits de douane sur ses importations, dont celles au départ du Canada.  C’est ce qui explique le net ralentissement de la demande de logements et de la conjoncture du logement, ce qui porte les prix à la baisse.

En février par rapport à janvier, les ventes ont baissé dans plus des trois quarts des 31 marchés locaux que nous surveillons et dans 90 % (28) de ces marchés pour la période de 12 mois terminée en février cette année.  Le ratio des ventes sur les nouvelles inscriptions a baissé dans à peine plus des deux tiers de ces marchés surveillés pour février 2026 par rapport au même mois en 2025.  D’après cet indicateur, 17 des marchés locaux suivis ont été jugés équilibrés en février et 12 d’entre eux, tous en Ontario ou en Colombie-Britannique, étaient favorables aux acheteurs.  Seulement deux de ces marchés surveillés — Lethbridge et St. John’s à Terre-Neuve — ont été favorables aux vendeurs en février.

CONSÉQUENCES

Les vents favorables qui soufflent sur la conjoncture du marché et sur les prix des logements depuis la dernière baisse des taux d’intérêt sont dominés par les vents contraires provoqués par la multiplication des tensions commerciales et géopolitiques depuis la fin de 2024.  Comme nous l’avons mentionné dans nos précédents rapports, ces tensions ont avivé l’incertitude qui pèse sur la conjoncture projetée de l’emploi et des revenus pour les acheteurs potentiels, ce qui réduit la demande de logements.  Cette incertitude s’est ravivée dans les dernières semaines en raison de l’offensive des forces américaines et israéliennes en Iran et de la menace qui plombe par conséquent les livraisons de pétrole et d’autres marchandises dans la région.  Cette situation devrait avoir un impact négatif sur les chaînes logistiques et l’activité économique mondiales, en plus de hausser les prix de l’énergie, des autres biens et des services, et par le fait même, plus généralement, les prix à la consommation.

En raison de la volatilité de cette conjoncture mondiale, il est plus difficile que d’habitude de prévoir l’évolution de la conjoncture de l’économie et du logement.  Dans ce paysage mondial très incertain, nous ne nous attendons pas à une reprise importante et soutenue des marchés et des prix des logements, puisque les acheteurs potentiels continueront probablement de faire preuve d’attentisme, jusqu’à ce que ces tensions mondiales s’apaisent considérablement et tant que l’incertitude ne commencera pas à se dissiper.

Tableau 1: Ventes, Nouvelles inscriptions, Prix moyen, IPL MLS, Ratio ventes/Mois d’inscriptions actives; Graphique 1: Ventes de logements dans certaines villes
Veille du marché du logement de la Banque Scotia — février 2026
Indice des prix des logements (IPL) MLS — ouest du Canada
Indices des prix des logements MLS (suite) — est du Canada
Indices des prix des logements MLS (suite) — est du Canada et total du Canada