LE MARCHÉ CANADIEN DU LOGEMENT : MÊME SI LES VENTES DE LOGEMENTS EXISTANTS ONT AUGMENTÉ EN AVRIL, IL EST ENCORE TROP TÔT POUR PARLER D’UNE « REPRISE »

RÉSUMÉ

En avril, les ventes de logements ont progressé d’un océan à l’autre après avoir enchaîné cinq baisses mensuelles consécutives. Toutefois, les deux indicateurs de la conjoncture du marché dont nous rendons compte laissent entendre que la conjoncture est toujours ralentie dans l’ensemble du pays. L’IPP MLS national a continué de reculer en avril.

Le nombre de transactions de ventes de logements (en unités) a crû de 0,7 % (en données désaisonnalisées) en avril par rapport à mars, pour inscrire sa première hausse mensuelle depuis octobre 2025. En avril par rapport à mars, les ventes ont augmenté dans 17 des 31 marchés que nous suivons; les plus fortes hausses ont été comptabilisées à Barrie (18,8 %), à St. Catharines (18,2 %) et à Charlottetown dans l’Île-du-Prince-Édouard (16.6 %). Dans l’ensemble du pays, les ventes ont fléchi de
-4 % (en données non désaisonnalisées) sur la période de 12 mois qui a pris fin en avril 2026.

En avril, les nouvelles inscriptions pour l’ensemble du pays ont inscrit une hausse mensuelle de 4,1 % (en données désaisonnalisées); plus des trois quarts des marchés locaux que nous suivons ont participé à cette progression. Nous avons observé des hausses d’au moins 10 % pour Québec (12,4 %), Kitchener-Waterloo (10,5 %), Ottawa (10,2 %) et Peterborough (10 %). Les nouvelles inscriptions ont aussi augmenté d’un cran, soit de 0,2 % (en données non désaisonnalisées) dans l’ensemble du pays sur la période de 12 mois terminée en avril.

Puisque les nouvelles inscriptions ont augmenté plus rapidement que les ventes en avril par rapport à mars, le ratio des ventes sur les nouvelles inscriptions (RVNI) pour l’ensemble du pays a plongé à 45,6 % (en données désaisonnalisées). Ce chiffre se rapproche de la limite inférieure estimée de la fourchette de la conjoncture équilibrée (qui se situe à 44,7 % selon notre estimation); il est très proche de son plus bas depuis le début de 2009, alors que le Canada était en récession. Le RVNI de près des trois quarts des marchés locaux surveillés s’est replié en avril par rapport à mars.

Les mois de stock, soit l’autre indicateur de la conjoncture du marché du logement que nous suivons, ont légèrement augmenté (assouplissement) pour passer de 5,1 mois en mars à 5,2 mois en avril (en chiffres désaisonnalisés), ce qui correspond aujourd’hui exactement à la moyenne à long terme prépandémique de cet indicateur pour le marché national. Comme dans les précédents rapports, les mois de stock se sont situés au-delà de leur moyenne à long terme en Colombie-Britannique et en Ontario (soit 2 mois et 1,9 mois respectivement), alors que l’indicateur a été inférieur à la moyenne dans toutes les autres provinces. C’est à Terre-Neuve-et-Labrador (‑5,4 mois) et dans l’Île-du-Prince-Édouard (‑5 mois) qu’ont été observés les écarts négatifs comptabilisés les plus importants pour leur moyenne à long terme d’avril.

L’indice des prix des propriétés (IPP) (MLS) pour l’ensemble du pays a continué de flancher en avril, en perdant 0,2 % (en données désaisonnalisées) par rapport à son niveau de mars. Au cours de cette période, l’indice des prix des appartements a cédé ‑0,8 %, mais a gagné 0,1 % pour les logements de deux niveaux. Sur la période de 12 mois achevée en avril, l’IPP MLS national a flanché de 4,1 % (en données non désaisonnalisées); à nouveau au cours de ce mois, tous les types de logements ont participé à cette baisse annuelle.

L’indice des prix des logements suit une tendance baissière depuis que la Banque du Canada a entamé, en mars 2022, son cycle de durcissement monétaire, témoignant de la léthargie de la conjoncture du marché du logement. Au cours de cette période, c’est d’abord la hausse des taux d’intérêt et le fléchissement conséquent de la conjoncture économique et des revenus qui ont fait baisser la demande de logements. Cette pression baissière a cédé la place à la multiplication des crispations du commerce mondial causée par les États-Unis depuis le début de 2025 et par le ralentissement de la croissance de la population en raison du durcissement de la politique migratoire au Canada. La brusque hausse des logements nouvellement achevés, mais inoccupés dont nous avons parlé dans nos précédents rapports explique aussi le fléchissement du marché de la revente de logements, puisqu’elle offre d’autres options aux acheteurs potentiels.

CONSÉQUENCES

Voici la bonne nouvelle du mois : les ventes nationales de logements (en unités) ont progressé en avril; or, il est nettement trop tôt pour affirmer qu’elles suivent un parcours de reprise. La conjoncture nationale du logement est toujours léthargique, comme en témoigne le ratio des ventes sur les nouvelles inscriptions, qui a évolué, pour la plus grande partie de la durée écoulée depuis mars 2022, dans la moitié inférieure de la fourchette de la conjoncture équilibrée du marché. En outre, la tendance à la baisse de l’IPP MLS à l’échelle nationale depuis le début de 2022 – qui s’est poursuivie dans chaque mois depuis le début de 2026 – vient étayer nos prévisions sur le ralentissement de la conjoncture du marché dans l’ensemble du pays. Nous pouvons à juste titre affirmer que le marché national du logement est toujours trop détendue pour appuyer une hausse soutenue des prix des logements et que les ventes de logements se seraient ralenties encore sans cette baisse tendancielle des prix des logements, comme en témoigne l’IPP MLS.

Nous nous attendons toujours à ce que la conjoncture du marché du logement commence à prendre durablement du mieux vers la fin de cette année et en 2027, lorsque les vents contraires que font souffler les crispations commerciales continues et les récents événements géopolitiques se seront apaisés, ce qui permettra d’améliorer la confiance et la conjoncture attendue pour les revenus des acheteurs potentiels.

Tableau 1: Ventes, Nouvelles inscriptions, Prix moyen, IPL MLS, Ratio ventes/Mois d’inscriptions actives; Graphique 1: Ventes de logements dans certaines villes
Veille du marché du logement de la Banque Scotia — avril 2026
Indice des prix des logements (IPL) MLS — ouest du Canada
Indices des prix des logements MLS (suite) — est du Canada
Indices des prix des logements MLS (suite) — est du Canada et total du Canada