LE MARCHÉ CANADIEN DU LOGEMENT :  LES VENTES DE LOGEMENTS EXISTANTS SUIVENT PROBABLEMENT UNE TRAJECTOIRE DE REPRISE; OR, LA CONJONCTURE NATIONALE DES MARCHÉS EST TOUJOURS LÉTHARGIQUE

RÉSUMÉ

Les ventes de logements (en unités) ont enchaîné en juin une troisième hausse à l’échelle nationale tandis que les nouvelles inscriptions ont fléchi, ce qui a eu pour effet de durcir modestement la conjoncture des marchés en juin par rapport à mai, d’après le ratio des ventes sur les nouvelles inscriptions.  L’IPP MLS national (pour tous les marchés) est resté en berne en juin par rapport à mai : il n’a pas inscrit de baisse mensuelle pour la première fois depuis février 2025.

Les ventes nationales de logements (en unités) ont crû de 0,5 % (en données désaisonnalisées) en juin par rapport à mai, pour enchaîner une troisième hausse mensuelle consécutive.  Les ventes ont cumulativement gagné 7 % (en chiffres désaisonnalisés) sur ce trimestre; toutefois, en juin 2026, elles se situaient toujours à 12 % (en données désaisonnalisées) de moins que leur niveau de novembre 2024, au moment où les tensions commerciales mondiales commençaient à flamber peu après la présidentielle américaine.  En juin par rapport à mai, presque 60 % des marchés locaux que nous suivons ont comptabilisé une hausse de leurs ventes : les résultats les plus solides ont été constatés pour Sudbury (21,2 %), Peterborough (14,8 %) et Kingston (13,1 %).

À l’échelle nationale, les nouvelles inscriptions ont perdu 1,3 % (en données désaisonnalisées) en juin par rapport à mai, toujours fidèles à leur tendance (légèrement) baissière entamée en septembre 2025.  Les reculs mensuels les plus brusques de cet indicateur ont été observés pour St. John’s (Terre-Neuve et Labrador; -17,5 %), Sudbury (-10,3 %) et Victoria (-8,5 %).  Les nouvelles inscriptions ont flanché de 1,4 % (en données non désaisonnalisées) sur les 12 mois clos en juin 2026.

Le ratio national des ventes sur les nouvelles inscriptions s’est encore durci en juin par rapport à mai, en gagnant 0,9 point de pourcentage pour s’inscrire à 50,2 %, ce qui se situe toujours dans la moitié inférieure de notre fourchette estimative pour une conjoncture équilibrée; ce ratio évolue tendanciellement dans cette fourchette depuis le printemps 2022.  Depuis le même mois en 2025, ce ratio s’est durci de 1 point de pourcentage; or, seulement 45 % environ des marchés suivis font aussi état d’un durcissement durant cette période.

Les mois de stocks, soit l’autre indicateur de la conjoncture des marchés que nous suivons, sont restés constants de mai à juin, à 4,8, ce qui est inférieur à sa moyenne à long terme prépandémique (de 5,2 mois).  Depuis maintenant plusieurs mois, cet indicateur est inférieur à sa moyenne à long terme dans toutes les provinces, sauf la Colombie-Britannique et l’Ontario.

L’indice des prix des propriétés (IPP) MLS national (pour tous les marchés) a fait du surplace en juin par rapport à mai.  Au cours de cette période, les baisses enregistrées pour les habitations d’un étage et pour les maisons en rangée (-0,2 % sur un mois dans chaque cas; en chiffres désaisonnalisés) ont été effacées par les hausses inscrites pour les appartements (+0,7 %; il s’agit de la première hausse mensuelle depuis l’été 2023) et pour les habitations de deux étages (+0,1 %).  De juin 2025 à juin 2026, l’IPP MLS national a cédé 3,6 % (en chiffres non désaisonnalisés), et tous les types de logements ont participé à cette baisse.

CONSÉQUENCES

Il y a eu de bonnes nouvelles à nouveau en juin, puisque les reventes de logements à l’échelle nationale ont poursuivi la hausse entamée en avril.  Cette évolution s’accorde avec nos attentes pour une amélioration de la demande de logements sur notre horizon prévisionnel en tandem avec la croissance de la population qui se normalise et le raffermissement de la conjoncture économique et des revenus.  L’autre bonne nouvelle – toutefois très modeste – veut qu’en juin, l’IPP MLS national se soit stabilisé, après avoir enregistré chaque mois des baisses depuis février 2025. Il semble aussi qu’on puisse constater ce rendement sur plusieurs marchés locaux, comme l’indique la proportion ayant affiché une baisse de l’IPP MLS dans chacun des trois derniers mois qui est aujourd’hui proche de sa moyenne de long terme, après avoir été nettement supérieure à cette moyenne jusqu’à une récente époque (graphique 1).  Toutefois, il est trop tôt pour affirmer qu’une reprise de l’IPP MLS national pointe à l’horizon, comme l’illustre la part toujours faible de ces marchés locaux ayant comptabilisé une hausse de cet indicateur dans chacun des trois derniers mois (graphique 2). 

Graphique 1 : Part des marchés dont la croissance de l’IPP MLS a été négative dans chacun des trois derniers mois; Graphique 2 : Part des marchés dont la croissance de l’IPP MLS a été positive dans chacun des trois derniers mois

Cette évolution de l’IPP MLS cadre avec notre point de vue selon lequel la reprise soutenue attendue dans la demande de logements exercera des pressions à la hausse sur les prix, qui seront toutefois muselées par la fermeté de l’offre de logements sur notre horizon prévisionnel.  Comme nous l’avons mentionné dans nos précédents rapports, le ratio des ventes sur les nouvelles inscriptions et les mois de stocks donnent tous deux une idée partielle de l’offre de logements, puisque ces deux indicateurs ne tiennent pas parfaitement compte du fait que les nouveaux logements répondent, pour une part importante, à la demande de logements et que cette part a augmenté dans les dernières années, puisque les mises en chantier de logements ont nettement surpassé leur moyenne prépandémique.  Effectivement, la brusque hausse des logements récemment achevés et non absorbés dont font état les précédents rapports est une illustration du fait que la conjoncture actuelle de la demande est trop anémique pour absorber à un rythme normal les logements nouvellement achevés.  Voilà pourquoi, tant que la demande de logements ne se sera pas raffermie considérablement, les mouvements à la hausse des prix des logements sont appelés à être modestes sur notre horizon prévisionnel jusqu’en 2027. 

Tableau 1: Ventes, Nouvelles inscriptions, Prix moyen, IPL MLS, Ratio ventes/Mois d’inscriptions actives; Graphique 1: Ventes de logements dans certaines villes
Veille du marché du logement de la Banque Scotia — juin 2026
Indice des prix des logements (IPL) MLS — ouest du Canada
Indices des prix des logements MLS (suite) — est du Canada
Indices des prix des logements MLS (suite) — est du Canada et total du Canada