- Les Études économiques de la Banque Scotia s’attendent à ce que la BdC hausse ses taux de 25 points de base mercredi prochain.
- Tiff Macklem, gouverneur de la BdC, a déjà pivoté pour faire face aux risques prospectifs…
- … qui font ombrage aux données rétrospectives.
- Or, tous les indicateurs lissés de l’inflation sont suffisants pour prévoir des risques de hausse.
- Il sera question des enquêtes statistiques de la BdC et du scrutin imminent de l’inflation.
- IPC canadien, évolution en % sur un mois/sur un an, en données non désaisonnalisées, septembre 2026 :
- Données réelles : 0,1/3,1
- Banque Scotia : 0,2/3,2
- Consensus : 0,2/3,2
- Auparavant : -0,1/3,0
- Inflation sous-jacente sur un mois, en données désaisonnalisées et annualisées, septembre 2026 :
- IPC en moyenne tronquée : 2,2 (contre 2,8 auparavant, sans révision)
- IPC en moyenne pondérée : 2,2 (contre 3,3 auparavant, après révision à la hausse par rapport à 2,7)
- IPC hors alimentation et énergie : 1,5 (contre 3,1 auparavant; après révision à la baisse par rapport à 3,9)
L’IPC canadien rétrospectif pour un mois était probablement appelé à passer inaperçu avant d’être publié, compte tenu des alertes prospectives du gouverneur Tiff Macklem. Or, je crois que la tendance continue d’alerter la BdC et qu’elle doit enchaîner en durcissant le discours la semaine prochaine. Nous prévoyons donc que la Banque du Canada haussera ses taux de 25 points de base la semaine prochaine.
Il semble que les marchés aient capté ce message. L’anticipation de cette hausse dans les cours pour la réunion de la semaine prochaine n’a pas bougé, à environ 18 points de base d’une hausse après la publication de l’IPC, après avoir réagi aux commentaires du gouverneur Tiff Macklem en fin de semaine. Les obligations à deux ans du Canada ont fait fi de ces commentaires et restent les plus mauvais élèves parmi les plus grands titres à court terme du marché cet avant-midi. Le dollar canadien a à peine cillé, en perdant un quart de cent après la publication des données; or, il a aussi probablement été influencé par la volatilité du WTI.
Il ne s’agit pas d’une décision évidente, mais il y a probablement suffisamment d’éléments pour justifier une hausse. Le gouverneur Macklem semble relativiser l’importance des données rétrospectives pour privilégier un relèvement des prévisions inflationnistes prospectives et un plus grand risque d’inflation. Quoi qu’il en soit, la BdC se penche sur les tendances, et non sur les données ponctuelles. Si une hausse est fortement anticipée dans les cours, elle va probablement décréter une hausse puisqu’il serait difficile de justifier un assouplissement des conditions financières en passant à côté cette chance. Elle a donc retiré la mention d’un taux directeur « approprié » dans son dernier communiqué; on peut supposer qu’il s’agit d’une mise en garde, puisque les mises en garde sur les risques inflationnistes prospectifs pointent constamment une hausse des prévisions et qu’on s’inquiète de plus en plus d’un risque de hausse. Les taux se situent dans le bas de la fourchette des taux réels neutres et négatifs; il faut donc mettre en équilibre les risques inflationnistes prospectifs, surtout en raison des longs effets de décalage des variations du taux directeur. Comme nous l’avons fait observer, les membres du personnel de la BdC ont constamment tendance à passer outre les points d’inflexion pour ce qui est du risque d’inflation, qu’ils sous-estiment couramment, comme l’indique le graphique reproduit dans la note de cet avant-midi. Le Conseil de direction devrait pencher en faveur d’une hausse d’assurance à cette réunion et adopter une ligne de conduite prudente dans le parcours à suivre. Or, ce parcours pourrait bien être ponctué, après les élections de mi-mandat, par l’escalade de la guerre en Iran, par l’augmentation des cours de l’énergie et des autres produits de base ainsi que par un autre budget fédéral expansionniste. La politique monétaire doit stériliser certaines pressions qui exercent sur le budget et sur les produits de base à l’heure où la marge excédentaire se réduit. Attendre encore plus longtemps pourrait placer la BdC plus loin derrière les risques de hausse évolutifs de l’inflation, surtout en raison des longs effets de décalage des mises au point de la politique monétaire.
Dans l’ensemble, l’IPC s’est relevé d’un cran à 3,1 % sur un an après avoir gagné 0,4 % sur un mois en données désaisonnalisées et 0,1 % sur un mois en données non désaisonnalisées. Ces hausses sont légèrement inférieures au consensus sur l’IPC sur un mois, en données non désaisonnalisées comme sur l’IPC sur un an, ce qui positionne toutefois l’inflation dans son ensemble sur la limite supérieure de la fourchette cible de 1 %-3 %.
Les baromètres fondamentaux sous-jacents de l’inflation ont un peu reculé en septembre; il a toutefois fallu y apporter certaines révisions à la hausse, et la tendance lissée reste assez élevée. Le graphique 1 fait état des chiffres en données désaisonnalisées et annualisées sur un mois depuis le début de l’année.
Le graphique 2 représente les indicateurs sous-jacents de la médiane pondérée et de la moyenne tronquée lissées sur un mois en données désaisonnalisées et annualisées d’après une moyenne mobile sur trois mois. Ces indicateurs évoluent tendanciellement à la hausse, malgré la volatilité mensuelle indiquée dans les graphiques 3 et 4. Nous relevons un effet tendanciel évident de répercussion.
L’IPC sous-jacent traditionnel (hors alimentation et énergie) a gagné 1,5 % sur un mois en données désaisonnalisées et annualisées : il s’agit du chiffre le plus faible depuis avril, après une séquence de quatre publications consécutives sur un mois, en données désaisonnalisées et annualisées, à plus de 3 %. La moyenne mobile sur trois mois s’établit maintenant à 2,6 % sur un mois en données désaisonnalisées et annualisées. Le taux sur un an n’a pas bougé, à 2,1 %. Dans ce cas également, l’effet de répercussion est absolument évident.
Qu’est-ce qui a fait baisser en septembre l’IPC sous-jacent traditionnel sur un mois, en données désaisonnalisées et annualisées? Les touristes ont voyagé moins souvent que d’habitude après un surcroît d’inflation durant l’été et lorsque ces adorables petites créatures ont repris le chemin de l’école et que tout le monde a mis un terme à ses vacances estivales. Le choc a été beaucoup plus retentissant que ce qui est saisonnièrement normal. Les prix de l’ensemble des services de voyage ont plongé de 25 % sur un mois, en données désaisonnalisées et annualisées, en septembre : ils pèsent 1,58 % dans le panier, ce qui rogne 0,4 % sur un mois en données désaisonnalisées et annualisées sur l’IPC total et 0,5 % sur un mois en données désaisonnalisées et annualisées sur l’IPC sous-jacent. Les prix des voitures de location ont dégringolé de 38 % sur un mois en données désaisonnalisées et annualisées. Il s’agit de baisses tellement importantes qu’elles inspirent la prudence quant à la qualité des données, et pourtant, on ne maintient pas le taux directeur simplement parce que les touristes ont moins voyagé en septembre. Il suffit de retrancher les voyages pour que l’IPC sous-jacent traditionnel devienne beaucoup plus élevé généralement.
L’IPC en médiane pondérée a augmenté de 2,7 % sur un mois, en données désaisonnalisées et annualisées, et a été révisé à la hausse par plus d’un demi-point en août, ce qui donne une moyenne mobile sur trois mois de 2,7 % sur un mois, en données désaisonnalisées et annualisées. La mesure de la médiane pondérée sur un an n’a guère d’importance à 1,9 % puisqu’elle est calculée sous la forme d’une somme composée sur un mois, qui évolue trop lentement aux points d’inflexion, ce qui explique la raison pour laquelle nous insistons sur le baromètre sur un mois.
L’IPC en moyenne tronquée a gagné 2,6 % sur un mois, en données désaisonnalisées et annualisées et sans révision, ce qui donne une moyenne mobile sur trois mois de 2,6 % sur un mois, en données désaisonnalisées et annualisées. Le taux sur un an de 1,8 % est lui aussi sans importance pour la raison évoquée ci-dessus.
L’ampleur est caractérisée par une hausse de 2 % sur un an ou plus dans près de 60 % du panier (graphique 5).
L’inflation sous-jacente des biens a progressé en septembre (graphique 5), alors que l’inflation des services s’est ralentie (graphique 6); or, la tendance reste forte, surtout hors services de voyage. Les graphiques 7 à 15 donnent la répartition de différentes constituantes du panier. Les graphiques 16 à 19 répartissent le panier en données sur un mois et sur un an d’après les apports pondérés et les variations de prix non pondérées. Le graphique 20 fait état de ce que comprend cette fois la moyenne tronquée.
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