• L’économie du Canada a plutôt assez bien rebondi au T2.
  • Le PIB d’avril surpasse les estimations…
  • … et la croissance s’est poursuivie en mai.
  • La BdC pourrait faire valoir que le rendez-vous manqué du T1 et le rebond prodigieux du T2 ne lui laissent guère de surprise, dans l’ensemble, pour le S1…
  • … après avoir pris connaissance de la montée des attentes inflationnistes dans les enquêtes statistiques de la BdC.
 
  • PIB canadien, évolution en % sur un mois, en données désaisonnalisées, en avril :
  • Données réelles : 0,55
  • Banque Scotia : 0,4
  • Consensus : 0,4
  • Auparavant : -0,1
  • Pronostic « éclair » du PIB de mai : +0,1

L’économie du Canada n’a jamais répondu à une définition crédible de la récession; or, la croissance a plutôt bien rebondi au deuxième trimestre,  ce qui constitue une toile de fond favorable à un recadrage intégral des prévisions de la Banque du Canada dans le RPM du 15 juillet, dans la lignée des enquêtes statistiques de la BdC de la semaine prochaine, qui feront probablement état de la montée des attentes inflationnistes.

Le PIB du T2 inscrit un gain de 2,3 % sur un trimestre en données désaisonnalisées et annualisées et est très proche d’un arrondissement à 2,4 %.  Il s’agirait de la croissance la plus vigoureuse depuis le T3 de 2025 (graphique 1), d’après les comptes mensuels de production du PIB. 

Graphique 1 : La croissance du PIB canadien

En avril, le PIB a gagné 0,55 % sur un mois en données désaisonnalisées, ce qui est supérieur à l’estimation éclair préliminaire de 0,4 % offerte par Statistique Canada il y a environ un mois.  Il s’agit du taux de croissance mensuel le plus élevé depuis juillet l’an dernier.  Le printemps a été florissant, et certaines catégories de la croissance pourraient s’expliquer par la fin de l’hibernation, après une météo plus ingrate que la normale durant l’hiver.

Le PIB de mai a été provisoirement guidé à la hausse par un autre gain de 0,1 % sur un mois en données désaisonnalisées, ce qui a répondu à mes attentes de croissance soutenue malgré le point de départ supérieur à celui attendu en avril.

Le graphique 2 nous apprend que le PIB d’avril a pris beaucoup d’ampleur.  La croissance a été menée par l’extraction minière et pétrogazière; toutefois, la plupart des secteurs ont inscrit une hausse.  Le graphique 3 fait état des apports pondérés à l’ensemble de la croissance du PIB par secteur.

Graphique 2 : La croissance du PIB réel d'avril par secteur; Graphique 3 : Les apports pondérés des secteurs au PIB réel d'avril

Pour ce qui est du PIB de mai, nous devons nous contenter du pronostic livré de vive voix dans l’estimation préliminaire lorsque Statistique Canada a noté ce qui suit :  « Des augmentations enregistrées dans le secteur de la finance et des assurances et dans celui des services immobiliers et des services de location et de location à bail ont été partiellement contrebalancées par des baisses observées dans le secteur du commerce de gros et dans celui de l'agriculture, de la foresterie, de la pêche et de la chasse. »

Cet ensemble de chiffres et les résultats du T2 constituent une toile de fond satisfaisante pour le RPM de juillet.  Dans son RPM d’avril, la BdC a été prise au dépourvu par le PIB du T1 (-0,1 % sur un trimestre en données désaisonnalisées et annualisées, contre 1,5 % pour la BdC); toutefois, ce chiffre a sans doute été révisé à la hausse d’après les résultats des échanges commerciaux, puisque le PIB a gagné 1,5 % sur un trimestre en données désaisonnalisées et annualisées pour le T2 et que nous établissons cette hausse à près d’un point de pourcentage.  On fera valoir qu’une baisse par ci et une hausse par là reviennent essentiellement à ce que la BdC avait prévu en avril pour le S1 dans l’ensemble, puisque a) les chiffres s’annulent essentiellement et b) la BdC affirme presque toujours que tout répond à ses attentes d’une manière ou d’une autre.

Ses prévisions seront réactualisées dans l’ensemble lorsque la BdC publiera la semaine prochaine les résultats de ses enquêtes statistiques, qui feront probablement apparaître d’autres hausses des attentes inflationnistes.  Le graphique 4 indique où se situent, au T1, les attentes inflationnistes des consommateurs : sur tous les horizons temporels, elles s’inscrivent dans l’extrémité supérieure de 3 % ou plus de la fourchette de la cible inflationniste de la BdC, soit de 1 % à 3 %.  Le graphique 5 rend compte des attentes inflationnistes des entreprises d’après quelques indicateurs.  L’indicateur de l’enquête de la BdC sur les perspectives des entreprises, soit les attentes inflationnistes sur deux années d’avance, a du rattrapage à faire par rapport au Pouls des entrepreneurs un peu plus récent de la BdC, qui mesure les attentes inflationnistes.  La mesure des attentes inflationnistes de la FCEI pour les petites entreprises est la plus récente de toutes (en date de juin) et a tendance à évoluer sous les mesures de la BdC, ce qui laisse entendre que ces dernières mesures inscriront des hausses supérieures à celles de la FCEI.

Graphique 4 : Les attentes inflationnistes des consommateurs canadiens; Graphique 5 : Les attentes inflationnistes des entreprises