• L’IPC sous-jacent s’est illustré.
  • Les prix des biens de base ont dérapé…
  • … alors que l’inflation des services de base a un peu reflué.
  • L’ampleur télégraphie plutôt cette fois un choc relatif sur les prix…
  • … par rapport à l’inflation généralisée de la pandémie.
  • Le facteur de désaisonnalisation de l’IPC sous-jacent a atteint un creux inédit, ce qui est plutôt douteux.
  • Les rendements des bons du Trésor ont plongé…
  • … Or, les tensions qui se multiplient au Moyen‑Orient ont entravé la réaction.
 
  • IPC des États-Unis/IPC sous-jacent, évolution en % sur un mois, en données désaisonnalisées, mai :
  • Données réelles : 0,47/0,21
  • Banque Scotia : 0,4/0,3
  • Consensus : 0,5/0,3
  • Auparavant : Données non révisées par rapport à 0,6/0,4

C’est le rapport sur l’inflation dont rêvait le président Kevin Warsh. Le ralentissement de l’inflation sous‑jacente et les détails ont motivé une légère baisse du rendement des bons du Trésor américain à deux ans. Il se peut que les marchés s’abstiennent de réagir peut‑être parce que la multiplication des tensions au Moyen‑Orient porte ombrage aux données en raison du conflit et des difficultés de la chaîne logistique qui pourraient s’inscrire dans la durée.

L’inflation selon l’IPC sous-jacent, à 0,21 % sur un mois en données désaisonnalisées, s’est repliée après avoir inscrit un gain de près du double de celui du mois précédent, ce qui indique qu’il n’y a guère d’effet de répercussion soutenue du choc de l’énergie sur l’inflation sous‑jacente. Le graphique 1 fait état des variations annualisées sur un mois.

Graphique 1 : États-Unis : L'inflation selon l'IPC fondamental

L’ampleur ne s’est que très légèrement améliorée, avec des pressions sur les prix un peu moins généralisées (graphique 2). Puisque le tiers environ du panier de l’IPC a gagné plus de 4 % et qu’environ la moitié a crû de plus de 3 % sur un an, le président de la Fed pourrait être tenté de considérer que les pressions sont plus endiguées et beaucoup moins généralisées que celles qu’a produites la pandémie. Ce qui est de bon augure pour lui qui analyse la conjoncture d’aujourd’hui : à ses yeux, il s’agit plus d’un choc relatif sur les prix qu’un signe que l’inflation s’est largement généralisée.

Graphique 2 : L'envergure de l'inflation aux États-Unis

Il est particulièrement évident que les pressions se sont moins répercutées sur les prix des biens de base (sauf l’alimentation et l’énergie), qui restent très discrets. Ces prix ont décroché de ‑0,1 % sur un mois en données désaisonnalisées en mai et n’ont essentiellement pas bougé depuis maintenant quatre mois (graphique 3).

Graphique 3 : L'inflation des biens aux États-Unis

Les prix des services de base (sauf les prix des logements et de l’énergie) ont eux aussi été un peu plus discrets qu’ils l’avaient été le mois précédent à 0,26 % sur un mois en données désaisonnalisées. Il en a été partout question cette année; toutefois, la moyenne mobile sur trois mois de 0,26 % sur un mois en données désaisonnalisées est assez bien contenue par rapport à certains mois (graphique 4).

Graphique 4 : L'IPC sous-jacent aux États-Unis : services sauf le logement

S’il a été relativement élevé par rapport aux mois comparables de mai dans les annales (graphique 5), le gain non désaisonnalisé des prix de base a été tempéré par un faible facteur de désaisonnalisation (graphique 6). En fait, il s’agit du facteur de désaisonnalisation le plus faible de ces temps modernes et du deuxième facteur le plus creux dans les annales, derrière celui de mai 1969 seulement, un peu comme les relents du désinfectant des toilettes publiques. Vous ai-je récemment confié que je n’ai guère confiance dans les statistiques américaines sur l’emploi et l’inflation? Eh bien, je viens justement de le faire.

Graphique 5 : La comparaison de l'IPC sous-jacent aux États-Unis pour tous les mois de mai; Graphique 6 : La comparaison des facteurs de désaisonnalisation de l'IPC sous-jacent aux États-Unis pour tous les mois de mai

Les graphiques 7 à 19 donnent d’autres ventilations. 

Graphique 7 : L'inflation du logement; Graphique 8 :Les prix des aliments aux États-Unis; Graphique 9 : IPC des États-Unis : essence; Graphique 10 : L'inflation des voitures neuves par rapport aux voitures d'occasion
Graphique 11 : États-Unis : Vêtements; Graphique 12 : IPC des États-Unis : Ameublement des ménages; Graphique 13 : IPC des États-Unis : biens récréatifs; Graphique 14 : Les primes d'assurance sur les véhicules automobiles aux États-Unis
Graphique 15 : IPC des États-Unis : services récréatifs
Graphique 16 : L'évolution, en mai, dans les catégories de l'IPC de synthèse aux États-Unis, sauf l'essence; Graphique 17 : Apports pondérés de mai à l’évolution mensuelle de l’IPC de synthèse américain, sauf l’essence
Graphique 18 : Les apports pondérés, en mai, à l'évolution sur 12 mois de l'IPC de synthèse aux États-Unis; Graphique 19 : L'évolution sur 12 mois, en mai, dans les catégories de l'IPC de synthèse aux États-Unis

Nous invitons également le lecteur à consulter le tableau complémentaire pour prendre connaissance des autres détails et des micrographiques.

Tableau : RÉPARTITION DES CONSTITUANTES DE L'INFLATION AUX ÉTATS-UNIS
Tableau : RÉPARTITION DES CONSTITUANTES DE L'INFLATION AUX ÉTATS-UNIS
Tableau : RÉPARTITION DES CONSTITUANTES DE L'INFLATION AUX ÉTATS-UNIS