- L’IPC sous-jacent des États-Unis n’a pas bougé; l’IPC total a reculé en juin…
- ... ce qui a déclenché une remontée des taux et amené la Fed à anticiper des hausses de taux.
- États-Unis : IPC/IPC sous-jacent, évolution en % sur un mois, en données désaisonnalisées, juin 2026
- Données réelles : -0,4 / 0,0
- Banque Scotia : 0,1 / 0,3
- Consensus : -0,1 / 0,2
- Auparavant : 0,5 / 0,2
La publication des swaps indiciels à un jour (OIS) de juillet a rapporté ce matin : en effet, l’inflation américaine est ressortie nettement inférieure aux attentes. Le rendement des bons du Trésor à 2 ans a gagné 10 points de base, et les rendements à 10 ans ont perdu 5 points de base dans un mouvement haussier qui a fait fléchir le dollar et rehaussé les titres boursiers. Les cours des OIS pour la décision du FOMC le 29 juillet ont flanché de 7 points de base pour s’inscrire à 3 points de base à peine, ce qui a effacé toute la surréaction d’hier à la déclaration rendue par le gouverneur Christopher Waller.
L’inflation américaine selon l’IPC s’est avérée nettement inférieure à toutes les attentes pour le mois de juin. En effet, l’IPC de synthèse a baissé de -0,4 % sur un mois en données désaisonnalisées et l’IPC sous-jacent hors alimentation et énergie n’a pas bougé. Le graphique 1 fait état de l’affaissement de l’IPC sous-jacent.
La moyenne mobile sur trois mois de l’IPC sous-jacent s’établit aujourd’hui à 2,3 % sur un mois, en données désaisonnalisées et annualisées. Sur cinq mois, elle se chiffre à 2,4 %. Depuis le début de l’année, elle ressort à 2,6 %. Dans les deux derniers mois, elle s’établit à 1,2 %. Vous voyez où je veux en venir? Au moins d’après l’IPC sous-jacent, on peut en toute sûreté se prononcer : le problème de l’inflation présumément massive de l’économie américaine est largement surestimé.
Les pressions inflationnistes ont eu aussi moins d’ampleur (graphique 2).
Ce ralentissement s’explique à la fois par l’inflation des biens de base (graphique 3) et l’inflation des services essentiels (graphique 4). Dans un cas comme dans l’autre, on a observé une forte baisse. L’inflation des biens de base (sauf l’alimentation et l’énergie) a perdu -1,2 % sur un mois, en données désaisonnalisées et annualisées. L’inflation des services essentiels (sauf les services liés au logement et à l’énergie) a lâché 4,9 % sur un mois, en données désaisonnalisées et annualisées.
En tenant compte des différences dans la pondération des paniers de l’IPC et des dépenses de consommation des ménages (DCM), nous pouvons jusqu’à maintenant supposer que les DCM de synthèse, à publier dans quelques semaines, accusent une baisse de -0,3 % sur un mois en données désaisonnalisées alors que les DCM de base suivent elles aussi l’IPC sous-jacent, qui reste stable. Nous verrons bien demain ce que nous apprendront les constituantes des IPP qui entrent en ligne de compte dans les DCM; je me prononcerais toutefois pour une autre baisse.
Un peu comme pour les salaires non agricoles, il faut se demander où s’est produit l’effet de la Coupe du Monde. Le graphique 5 donne une généreuse définition des catégories qui pourraient rendre compte de l’activité de la Coupe du Monde.
Comme l’indiquent les graphiques 6 et 7, le mois de juin a été exceptionnellement atone par rapport à tous les précédents mois de juin pour les variations des prix selon l’IPC sous-jacent sur un mois en chiffres non désaisonnalisés et le mois a été particulièrement faible pour son facteur de désaisonnalisation par rapport aux précédents mois de juin. Dans l’ensemble, c’est ce qui explique que l’IPC sous-jacent sur un mois en données désaisonnalisées a connu un calme plat.
Il faut donc être attentif et éviter de surinterpréter les chiffres publiés. Ils ont beau monter ou baisser, les risques seraient plus considérables que ceux qui sont publiés, à mon avis. Il y a un parti pris de récence dans les facteurs de désaisonnalisation et dans leur mode de calcul. Il y a aussi des problèmes d’échantillonnage continus, par exemple pour ce qui est de la part du panier, qui est estimée, selon des méthodes quasi statistiques, aux environs de 40 % pour un certain temps et qui sera actualisée plus tard dans la journée.
Les graphiques 8 à 16 donnent la répartition des parts du panier par constituante.
Les graphiques 17 et 18 donnent la répartition du panier et des apports pondérés sur un an.
Les graphiques 19 et 20 font de même pour ce qui est des prix sur un mois en chiffres désaisonnalisés.
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