• L’inflation, selon l’IPC sous-jacent, est plus élevée que ce à quoi s’attendait le consensus, ce qui concorde avec l’estimation de la Scotia...
  • ... Toutefois, l’IPC et l’IPP brossent un portrait plus terne pour les DCM de base pour un troisième mois d’affilée.
  • Or, la Fed devrait hausser ses taux la semaine prochaine…
  • ... essentiellement parce que Kevin Warsh et les tenants du durcissement n’ont plus de marge de manœuvre dans la réaction des marchés.
 
  • États-Unis : IPC/IPC sous-jacent, sur un mois en % et en données désaisonnalisées, août :
  • Données réelles : 0,4/0,3
  • Banque Scotia :  0,4/0,3
  • Consensus :  0,4/0,2
  • Auparavant :  0,1/0,2
  • États‑Unis : IPC/IPC sous-jacent, sur un an en %, août :
  • Données réelles : 3,4/2,4
  • Banque Scotia :  3,4/2,5
  • Consensus :  3,4/2,4
  • Auparavant :  3,4/2,5

Aux États-Unis, l’inflation selon l’IPC a été au rendez-vous des attentes internes de la Banque Scotia pour ce qui est de l’inflation de synthèse (0,4 % sur un mois) et de l’IPC sous-jacent (0,3 %).  L’inflation selon l’IPC sous-jacent a été supérieure au consensus, à 0,29 % sur un mois en données désaisonnalisées et à 3,5 % sur un mois en données désaisonnalisées et annualisées (graphique 1). Je vais expliquer pourquoi cette évolution ne devrait pas avoir d’importance pour la Fed, mais qu’elle en tiendra probablement compte.

Il est probable que la Fed hausse ses taux de 25 points de base la semaine prochaine, même s’il y a de fortes chances qu’elle manque son coup.  Les chiffres publiés aujourd’hui pour l’IPC et les prix des producteurs d’hier continuent de pointer un ralentissement de l’inflation sous-jacente pour les dépenses de consommation des ménages (DCM) dans les récents mois, après les conversions voulues.

Alors, pourquoi hausser les taux?  L’argument le plus solide veut que le président Kevin Warsh se soit probablement enfermé dans un coin en s’en remettant massivement aux marchés.  Il devrait tenir compte de l’anticipation de 21 points de base environ dans les cours boursiers et décréter une hausse de 25 points de base, avec suffisamment d’appui de la part du Comité.  Sinon, il assouplirait curieusement la conjoncture financière et irait à l’encontre de son discours de durcissement monétaire. Si vous ne haussez pas les taux lorsqu’ils sont anticipés dans les cours, quand le ferez-vous?  Or, je crois qu’une hausse des taux serait une erreur de politique monétaire.

Il faut savoir que les chiffres équivalent à ce que nous avions l’habitude d’interpréter comme le baromètre de l’inflation privilégié de la Fed : l’IPC sous-jacent des DCM.  Selon nos calculs, l’inflation selon les DCM de base est appelée à s’inscrire à 0,2 % sur un mois en données désaisonnalisées quand nous connaîtrons les chiffres, ce qui ne se produira malheureusement pas avant la fin du mois.

Autrement dit, l’inflation sous-jacente selon les DCM s’inscrirait, selon une moyenne mobile sur trois mois (mm3m), à 0,2 % en données désaisonnalisées sur un mois (soit 2,4 % sur un mois en données désaisonnalisées et annualisées), avec des gains de 0,15 % sur un mois en données désaisonnalisées pour juin, de 0,25 % pour juillet et de 0,2 % pour août.  C’est dire qu’elle ralentit.

Le graphique 3 fait état du calcul de la conversion pour passer de l’IPC sous-jacent à l’IPC sous-jacent des DCM, en tenant compte des différents coefficients de pondération des constituantes essentielles.  Rien ne prouve irréfutablement que l’IPC sous-jacent des DCM sera inférieur à l’IPC sous-jacent par opposition aux effets additifs dans l’ensemble des catégories; or, la moitié environ de l’effet de -0,1 % de la conversion des coefficients de pondération s’explique par le logement.

Le graphique 4 fait état des effets des catégories pertinentes dans les prix des producteurs et de leurs répercussions sur l’IPC sous-jacent des DCM, qui n’ont aucune incidence cette fois.  Le graphique 5 regroupe ces effets.

Les graphiques 6 à 22 font état des tendances dans les principaux compartiments du panier de l’IPC.  Les graphiques 23 à 26 donnent la répartition des chiffres d’août en pourcentage sur un an et sur un mois, pour les apports non pondérés comme pour les apports pondérés.

J’invite aussi le lecteur à consulter ma note de ce matin pour nos avis sur l’inflation relative par rapport à l’inflation généralisée.  Sauf si on fait appel à des méthodes non officielles, le FOMC n’exprimera aucune réaction dans la période d’interdiction.  En haussant les taux, la Fed risque fortement de devenir de la chair à canon à l’approche des élections de mi-mandat.