- Les chiffres sur l’emploi non agricole ont été au rendez-vous des attentes : les révisions ont été plus négatives qu’escompté.
- Le taux de chômage a dégringolé.
- Les marchés ont à peine réagi aux effets viciés portés par la météo et par les grèves, ce qui donne un grand risque de révision négative.
- Emplois non agricoles, en milliers sur un mois/taux de chômage en pourcentage, en données désaisonnalisées pour mars :
- Données réelles : 178/4,3
- Banque Scotia : 80/4,3
- Consensus : 65/4,4
- Auparavant : -133/4,4 (révisé par rapport à -92/4,4)
Aux États-Unis, les emplois non agricoles ont coiffé les attentes, et le taux de chômage a baissé d’un cran en mars.
La réaction des marchés a été discrète pour les motifs suivants : a) il s’agit de chiffres rétrospectifs; b) le gain des emplois non agricoles est appelé à être massivement révisé à la baisse; c) les effets positifs de la cessation des impacts de la météo et des grèves ont musclé temporairement le résultat; et d) le reste du monde est majoritairement fermé le Vendredi saint — et pour tous ces motifs, cette note sera brève! Le rendement des bons du Trésor américain à 2 ans a gagné à peine 3 points après la publication des données, alors que le rendement des taux à 10 ans a progressé d’autant. Les contrats à terme sur les titres boursiers du S&P ont fait peu de cas des données publiées.
L’ampleur a été satisfaisante, sans être exceptionnelle, comme l’indique le graphique 1. Le secteur de l’éducation et de la santé s’est enrichi de 91 000 emplois en mars, porté par la fin de la grève du personnel infirmier à New York, ainsi que par une conjoncture favorable. Le secteur des loisirs et de l’hôtellerie ainsi que la construction ont profité de l’effet positif de la météo que j’avais fait valoir. Il y a eu relativement peu de changements dans la plupart des autres catégories.
Les emplois salariés dans le secteur privé, hors soins de santé, restent volatils; ils ont toutefois augmenté dans deux des trois derniers mois, ce qui est peut-être encourageant après une longue séquence de déceptions (graphique 2).
Le risque de révision reste quand même élevé et négatif, et je continue de ne faire guère confiance aux données américaines sur l’emploi et l’inflation. Le graphique 3 nous apprend que le taux de collecte de la première salve de données reste très faible en raison des coupes budgétaires et des problèmes de dotation. Je ne serais guère étonné de constater que les chiffres sur l’emploi de mars soient révisés à moins de 100 000 dans la prochaine publication. Les révisions (graphique 4) ont retranché 7 000 emplois sur les deux mois précédents, dont une révision à la baisse de 41 000 en février.
Le taux de chômage — dérivé de l’enquête complémentaire sur les ménages — a baissé d’un cran, à 4,3 % ce qui correspond à mon pronostic très éloigné du consensus et ce qui vient freiner la détérioration de longue date (graphique 5). Le taux de participation (graphique 6) en explique les raisons; la population active s’est réduite de ~400 000 en mars, ce qui est nettement pire que la baisse de 65 000 de l’emploi selon l’enquête sur les ménages.
Les heures de travail, qui ont perdu -0,15 % sur un mois en données désaisonnalisées, enchaînent une deuxième baisse consécutive. Les heures de travail du T1 s’inscrivent à 0,9 % sur un trimestre, en données désaisonnalisées et annualisées, dans le prolongement du passage à vide qui dure depuis plusieurs trimestres, ce qui veut dire que la croissance du PIB s’en remet essentiellement aux espoirs de gains de productivité soutenus.
Les salaires ont crû de 0,2 % sur un mois en données désaisonnalisées : ils se sont ralentis par rapport aux mois précédents (graphique 7).
L’embauche au gouvernement a soustrait moins d’emplois que ce à quoi je m’attendais (-8 000). Les pertes du gouvernement fédéral (-18 000) ont été moindres puisque l’embauche a contrebalancé les absences au sein du département de la Sécurité intérieure (DHS). Les États et les administrations locales se sont enrichis de 20 000 emplois. Veuillez consulter, dans la page suivante, les graphiques sur les effets des grèves, sur les heures de travail, ainsi que sur les comparaisons en chiffres non désaisonnalisés et en chiffres désaisonnalisés.
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