- Tous les grands baromètres de l’inflation sous-jacente se sont à nouveau ralentis en janvier.
- Les baromètres de synthèse et les indicateurs sous-jacents concordent avec le RPM de janvier de la BdC.
- La BdC voudra encore plus de statistiques confirmant qu’il ne s’agit pas simplement d’un autre passage à vide temporaire.
- Les marchés canadiens ont à peine réagi.
- IPC canadien, évolution en % sur un mois/sur un an, en données non désaisonnalisées, janvier 2026 :
- Données réelles : 0,0/2,3
- Banque Scotia : 0,1/2,4
- Consensus : 0,1/2,4
- Auparavant : -0,2/2,4
- IPC en moyenne tronquée, évolution sur un mois en %, en données désaisonnalisées et en rythme annualisé : 1,1 (auparavant révisé à 0,55 % contre 1,1 %)
- IPC en médiane pondérée, évolution sur un mois en %, en données désaisonnalisées et en rythme annualisé : 1,6 (auparavant révisé par rapport à 0,5 %)
- IPC sous-jacent traditionnel (hors aliments et énergie), évolution en %, en données désaisonnalisées et en rythme annualisé : 1,5 (auparavant sans révision à 3,1 %)
IPC sous-jacent traditionnel (hors aliments et énergie), évolution Les baromètres sous-jacents de l’inflation selon l’IPC canadien se sont à nouveau ralentis en janvier. Les marchés ont réagi en abaissant légèrement les rendements des obligations du gouvernement du Canada, qui ont entre autres inscrit une baisse de deux points de base pour ce qui est des rendements des obligations à deux ans; le dollar CA s’est aussi légèrement déprécié d’environ un quart de cent par rapport au dollar US.
Les trois baromètres de l’IPC sous-jacent se sont ralentis sur un mois en rythme désaisonnalisé et annualisé. Veuillez consulter les graphiques 1, 2 et 3. L’IPC sous-jacent traditionnel (hors aliments et énergie) a progressé d’à peine 1,5 % sur un mois en rythme désaisonnalisé et annualisé. L’IPC en médiane pondérée, qui capte l’inflation au point du 50e percentile du panier, s’est envolé de 1,6 %. L’IPC en moyenne tronquée, qui élague les tranches supérieure et inférieure de 20 % du panier après avoir classé les apports pondérés en partant du plus important et en se rendant jusqu’au plus faible, a augmenté d’à peine 1,1 %. Seul l’IPC en moyenne tronquée a été révisé, pour le mois précédent, à 0,55 % contre 1,1 %.
Pourquoi une réaction aussi timide? D’une part, le marché a été habitué à se faire dire que la BdC entendait maintenir ses taux pour une durée prolongée, puisqu’il évalue les risques de hausse et de baisse ainsi que l’ensemble des facteurs cycliques et culturels, de concert avec les changements qui pourraient être apportés à la politique budgétaire et à la politique commerciale. Il faut faire preuve de patience, et réagir trop hâtivement pourrait être catastrophique.
D’autre part, les chiffres ne devraient guère étonner la BdC. Le RPM de janvier établissait à 2,0 % sur un an l’IPC de synthèse, qui s’est chiffré à 2,3 % pour le premier mois du trimestre. Par rapport à il y a un an, beaucoup de facteurs transitoires auront des répercussions. Tout d’abord, les effets haussiers du congé de TVH sur l’IPC total sur un an commenceront à se dissiper en février et s’éclipseront complètement en mars, après quoi l’élimination de la tranche de la taxe carbone correspondant aux dépenses de consommation fera remonter l’IPC total sur un an.
En outre, la BdC s’attendait à ce que l’IPC en moyenne tronquée et l’IPC en médiane pondérée s’inscrivent à une moyenne de 2,5 % sur un an, et le chiffre de janvier se situe à peu près à ce niveau.
Il y a aussi l’importante question de devoir attendre beaucoup plus de données pour éviter de se laisser tromper par un passage à vide potentiellement passager. Un phénomène comparable a été observé au début de 2024, par exemple; puis, les baromètres de l’inflation sous-jacente sur un mois, en rythmes désaisonnalisé et annualisé, ont tous pris de la hauteur. Les investisseurs à courte vue réagissent aux données à court terme. Ce que les banques centrales ne doivent pas faire.
Les circonvolutions de l’inflation des services par rapport aux biens essentiels (sauf les aliments et l’énergie) justifient elles aussi une mise en garde. L’inflation des services, qui avait atteint des sommets vertigineux en décembre, s’est repliée en janvier (graphique 4). C’est dans les services hors logement que se sont déroulées la plus grande partie de l’accélération des services, puis leur décélération (graphique 5). L’inflation sous-jacente des biens s’était ralentie, et c’est depuis le milieu de 2025 qu’elle a subitement repris le plus de vitesse (graphique 6).
L’ampleur est elle aussi à la hausse (graphique 7), ce qui n’est pas alarmant. Or, si cette progression se poursuit, il s’agira d’un plus grand motif d’inquiétude pour la BdC.
Il se pourrait aussi qu’il y ait d’autres distorsions temporaires. La mesure des logements loués selon l’IPC est finalement en train de perdre de la vitesse. Ce ralentissement s’inscrit dans la foulée d’un important rebond en raison d’un influx de résidents temporaires, constitué d’étudiants internationaux, de travailleurs étrangers temporaires et de demandeurs d’asile. Le durcissement de la politique migratoire a fait baisser le nombre de résidents temporaires et a douché les pressions qui pèsent sur le marché locatif tant qu’on n’aura pas atteint un nouveau point d’équilibre.
Il se pourrait aussi que les effets temporaires de la météo aient fait baisser de nombreux prix puisque les consommateurs ont été confinés à la maison en raison de l’un des hivers les plus froids et enneigés depuis des années.
Par contre, le facteur de redressement saisonnier élevé appliqué à l’IPC sous-jacent traditionnel laisse entendre que ce baromètre de l’inflation se serait ralenti si un facteur de désaisonnalisation avait mieux concordé avec les mois de janvier des années précédentes (graphique 8). Il y a, dans le mode de calcul des facteurs de désaisonnalisation, un parti pris de récence qui est en quelque sorte irréfléchi et automatique.
Les graphiques 9 à 18 tracent l’évolution de certaines constituantes du panier. Les graphiques 19 et 20 donnent la répartition du panier en chiffres non pondérés sur un mois et en chiffres sur les apports pondérés. Les graphiques 21 et 22 font de même en chiffres sur un an.
Nous invitons aussi le lecteur à consulter le tableau complémentaire, qui comprend d’autres détails ainsi que les micrographiques.
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