- L’inflation a brusquement plongé en deçà du consensus, en données sur un an.
- Les variations moyennes implicites sur un mois, en novembre par rapport à octobre, ont été essentiellement modestes.
- Il faut rester très sceptique puisqu’il s’agit de données montées de toute pièce…
- … dont les marchés ont essentiellement fait peu de cas.
- IPC américain/IPC sous‑jacent, sur un an, en novembre 2025 :
- Données réelles : 2,7/2,6
- Scotia : 3,1/3,0
- Consensus : 3,1/3,0
- Auparavant : 3,0/3,0 (par rapport à septembre, puisqu’il n’y a pas de données pour octobre)
Voyons donc! Dites‑moi que vous ne croyez pas ce que le BLS nous a lancé comme données dans le graphique 1. C’est ce qu’a fait le marché obligataire, en portant une légère remontée, qui a toutefois été assez mineure par rapport à l’ampleur apparente de la baisse qui a pris tout le monde de court. Les marchés n’ont intégré qu’une autre baisse des taux du FOMC en avril. Ceux et celles qui, sur les marchés, considèrent tout comme moi que les données ne sont pas fiables sont peut‑être assez nombreux; or, on pourrait défendre le choix du FOMC de s’en remettre aux chiffres présentés, notamment pour ce qui est des salaires, et d’aller de l’avant avec une baisse des taux en janvier.
Pourquoi? J’y reviendrai après avoir passé en revue les chiffres. Kevin Hassett est peut‑être le seul à avoir accepté les chiffres sur papier. On pourrait dire qu’il n’a pas réussi l’épreuve du ballon d’essai du marché obligataire, puisque ceux qui expriment des points de vue très conciliants sont très proches de l’Administration (graphique 2). Les rendements des bons du Trésor à 10 ans ont reflué et ont évolué et pourraient l’emporter. Si le président Donald Trump est vraiment préoccupé par le marché du logement, puisque le crédit hypothécaire sur 30 ans est coté en fonction des rendements à 10 ans, il se pourrait que ce que lui fait savoir le marché obligataire à propos de la candidature de Kevin Hassett ne lui plaise pas. Il faut s’attendre à ce que l’Administration lance encore d’autres ballons d’essai pour sonder le marché.
Les résultats
L’IPC sur un an s’est replié à 2,7 % par rapport au consensus de 3,1 %; l’IPC sous‑jacent a pour sa part replongé à 2,6 % (contre le consensus de 3,0 %). Les chiffres paraissent nettement moindres que prévu, et l’ampleur de l’écart est inédite pour des chiffres sur un an.
Si ce rapport ne comprend pas de chiffres sur un mois, c’est parce qu’aucune estimation n’a été publiée pour octobre en raison de la paralysie budgétaire de l’État dans la période comprise entre octobre et le 12 novembre, ce qui a empêché de recueillir les données.
Nous pouvons sommairement inférer la moyenne des chiffres sur un mois entre septembre et novembre en prenant les niveaux des indices des données désaisonnalisées par constituante et en reprenant les variations en pourcentage implicites sur les deux mois et en les divisant par deux.
C’est ce que fait le graphique 3 pour chaque constituante; ce graphique classe les estimations dans l’ordre décroissant. La léthargie s’est étendue à l’ensemble du panier de l’IPC. Au cours de cette période, la variation mensuelle moyenne implicite de l’IPC sous‑jacent s’est inscrite à 0,08 % sur un mois, en données désaisonnalisées.
Les prix des biens essentiels, sauf les aliments et l’énergie, ont gagné à peine 0,06 % sur un mois, en données désaisonnalisées.
Vous avez bien compris. Les prix des aliments ont augmenté de 0,03 % sur un mois, en données désaisonnalisées, ceux de l’essence, de 0,4 %, les loyers équivalents des propriétaires, de 0,14 %, les loyers, de 0,06 %, les vêtements ont perdu ‑0,36 %, les prix des voitures neuves ont progressé de 0,16 %, ceux des voitures d’occasion, de 0,52 %, et ceux de tous les services, de 0,11 %.
Voici pourquoi il s’agit de données totalement trafiquées
Si la collecte des données du BLS ne m’inspire guère confiance, c’est pour plusieurs raisons.
La plupart des données sur les prix d’octobre n’ont pas été recueillies à cause de la paralysie budgétaire de l’État.
C’est ce qui explique la déclaration selon laquelle « [le] BLS n’a pas pu recueillir les données de l’enquête sur la période de référence d’octobre 2025; les données de l’enquête de septembre 2025 ont donc été reprises en octobre 2025 conformément aux procédures normales ».
Il faut aussi se rappeler que la paralysie budgétaire s’est étendue jusqu’à la mi‑novembre (soit jusqu’au 12 du mois). Le retour au travail a accusé des retards qui ont probablement dépassé la déclaration selon laquelle « [la] collecte des données sur l’IPC a repris le 14 novembre 2025 ». Il faut prendre avec beaucoup de circonspection le temps et les ressources consacrés à la collecte des données en novembre. D’une part, les programmes du DOGE échus en septembre ont probablement fait en sorte que le BLS a été soumis à de plus fortes contraintes de ressources. Sans oublier le choc produit sur le moral des troupes par le congédiement de la dirigeante du BLS et par les licenciements généralisés qui ont suivi.
Selon le BLS, « [la] collecte a été lancée le vendredi 14 novembre. En autorisant des heures supplémentaires de collecte, le BLS a tâché de recueillir les données de tout le mois de novembre ». Cette déclaration est importante puisque certains feraient valoir que les chiffres ont peut‑être été faussés à la baisse par les soldes saisonniers comme ceux du Vendredi fou le 28 novembre et au cours de la période qui a précédé ce vendredi. Je ne suis pas un apôtre de cet argument : ces soldes ont lieu chaque année, et on ne peut guère conclure qu’ils ont été supérieurs ni inférieurs à ce qu’ils ont été auparavant et qu’ils se répercuteraient essentiellement sur certains biens, sans ne guère avoir d’incidence sur les services. Par exemple, ce n’est pas comme si les loyers équivalents des propriétaires et les autres loyers étaient soldés pour le Vendredi fou!
Ce qui nous amène à deux conclusions. Il manque les données de la première moitié de novembre, et elles n’ont tout simplement pas pu être recueillies. Je crois qu’il faut être prudent en se prononçant sur les ressources dont on disposait pour recueillir les données avec compétence dans la deuxième moitié de novembre.
De plus, à 11 h 15 (HE) environ, on publiera la part du panier qui a été calculée en faisant appel à d’autres méthodes (veuillez cliquer sur ce lien, dans la colonne « Different cell » [Cellule différente]). Les données s’étaient hissées à 40 % en septembre, pour atteindre un sommet dans les annales (graphique 4).
Le facteur de désaisonnalisation ne s’est pas autant illustré qu’il l’a fait pour les salaires non agricoles (graphique 5).
Quelle sera la réaction de la Réserve fédérale?
Je crois que le Comité fera preuve de prudence, mais qu’il s’en remettra aux données qui ont été publiées jusqu’à maintenant, ce qui n’est guère favorable au marché de l’emploi comme nous l’expliquons dans cette note et ce qui est anémique pour l’IPC si on y croit et qu’on s’en remet aux conversions des dépenses de consommation des ménages, en tenant compte de l’IPP.
Autrement dit, si on devait prendre la décision aujourd’hui, il est très probable qu’on abaisserait le taux d’intérêt de 25 points de base encore le 28 janvier 2026. On publiera énormément de données et il y aura de nombreux développements d’ici là. Or, je ne vois pas comment il pourrait avoir l’assurance de publier tous ces chiffres et d’en faire une analyse fouillée. Le Conseil des gouverneurs de la Fed est généralement plus conciliant que plusieurs comités régionaux qui alternent chaque mois.
Nous invitons le lecteur à consulter le reste des graphiques pour prendre connaissance des autres points de vue s’il le souhaite.
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