- L’inflation sous‑jacente au Canada n’a guère bougé en novembre…
- … Or, même si elle s’est calmée, elle continue de s’embraser tendanciellement.
- La réaction des marchés a été très légèrement conciliante…
- … Pourtant, la BdC en fera peu de cas pour plusieurs bonnes raisons.
- IPC du Canada sur un mois en %/sur un an en %, en données désaisonnalisées, novembre 2025 :
- Données réelles : 0,1/2,2
- Banque Scotia : 0,1/2,3
- Consensus : 0,1/2,3
- Auparavant : 0,2/2,2
- IPC en moyenne tronquée, évolution sur un mois en %, en données désaisonnalisées et en rythme annualisé : 1,7 (auparavant non révisé par rapport à 2,8 %)
- IPC en médiane pondérée, évolution sur un mois en %, en données désaisonnalisées et en rythme annualisé : 1,6 (auparavant révisé pour passer à 2,2 % contre 1,6 %)
- IPC sous‑jacent traditionnel, hors aliments et énergie : 0,8 (auparavant révisé à 2,3 % contre 3,1 %)
Les baromètres de l’inflation sous‑jacente au Canada n’ont guère bougé même si l’IPC de synthèse a été essentiellement au rendez‑vous des attentes (graphiques 1 et 2). Il n’empêche que la tendance dans l’évolution des baromètres de base reste supérieure à 2 % en chiffres annualisés sur un mois, ce qui vient télégraphier des pressions inflationnistes sous‑jacentes chroniques, qui laisseront la BdC sur les lignes de côté. Les marchés ont réagi en portant une légère remontée des obligations à deux ans du Canada, ce qui a donné lieu à une baisse des rendements de l’ordre de 3 points de base après la publication, alors que la paire USD/CAD a très légèrement augmenté.
C’est sans importance, et voici pourquoi
Il y a plusieurs raisons de ne pas porter trop d’attention — voire pas du tout — aux chiffres.
D’une part, la BdC met l’accent sur les tendances. C’est aussi ce que nous faisons. Et c’est aussi ce que vous devez faire. En tenant compte des effets des révisions, les moyennes mobiles sur trois mois de l’IPC sous‑jacent traditionnel (2,1 %), l’IPC en médiane pondérée (2,2 % sur un mois en données désaisonnalisées et annualisées) et l’IPC en moyenne tronquée (2,4 %) sont tous égaux ou légèrement supérieurs à la cible de 2 % de l’IPC de synthèse à moyen terme. Il s’agit essentiellement d’un mois à peine pour les baromètres fondamentaux estimatifs.
D’autre part, il y a toujours un risque de révision notable essentiellement parce que Statistique Canada ajuste les facteurs de désaisonnalisation. Par exemple, Statistique Canada a cette fois révisé à la baisse, de 0,8 point de pourcentage sur un mois, en données désaisonnalisées et annualisées en octobre, l’IPC sous‑jacent traditionnel et a révisé à la hausse, de 0,6 % sur un mois, en données désaisonnalisées et annualisées, l’IPC en médiane pondérée. Ce sont des baromètres volatils.
En outre, il ne faut guère prêter attention aux chiffres parce qu’il s’agit de l’un des deux rapports sur l’inflation avant la prochaine décision de politique monétaire de la Banque du Canada le 28 janvier 2026.
De plus, la politique monétaire accuse des décalages longs et variables de l’ordre de 12 à 24 mois, de sorte que de nombreuses baisses de taux antérieures ne se sont pas encore répercutées sur le système. Après tout, on ne peut pas baisser les taux sans donner aux décalages l’occasion d’opérer leur magie.
Il y a aussi eu d’importantes révisions positives du PIB qui ont réduit les estimations de la marge excédentaire, et le marché du travail s’est illustré en s’enrichissant des 187 000 emplois créés dans les trois derniers mois. Les politiques budgétaires du gouvernement fédéral et des gouvernements provinciaux se situent elles aussi à l’état embryonnaire dans leurs effets sur le système.
Le résultat des négociations commerciales est tout à fait imprévisible. Je reste prudemment optimiste : nous devrions connaître une assez bonne situation avant les élections de mi‑mandat, mais le parcours sera cahoteux.
Les détails
Il s’agit de l’un des résultats les plus léthargiques de l’IPC de synthèse sur un mois, en données non désaisonnalisées, dans les annales par rapport aux mois comparables de novembre (puisque l’IPC n’est pas désaisonnalisé). (Graphique 3)
Ce qui compense cette léthargie, c’est que le facteur de désaisonnalisation a été l’un des plus élevés dans les annales. (Graphique 4)
Tous les grands baromètres fondamentaux ont été anémiques. L’IPC sous‑jacent traditionnel, hors aliments et énergie, a peiné à atteindre 0,8 % sur un mois en données désaisonnalisées et annualisées contre 2,3 % dans les mois précédents. L’IPC en moyenne tronquée s’est chiffré à 1,7 % et l’IPC en moyenne pondérée a été égal à 1,6 %.
L’inflation des biens de base (hors aliments et énergie) a été assez bien contenue, même si elle a atteint un sommet en six mois. (Graphique 5)
Ce qu’il faut toutefois surtout retenir, c’est que l’inflation des services est en décrue et continue d’être très volatile. (Graphique 6)
L’ampleur des pressions qui pèsent sur les prix n’a guère évolué, et les prix sont toujours relativement élevés selon les normes statistiques pour ce qui est de la part du panier qui a gagné 3 % ou plus sur un an. (Graphique 7)
Les graphiques 8 à 17 donnent la répartition du panier par constituante.
Les graphiques 18 et 19 font état des variations non pondérées et des apports pondérés par constituante, sur un an dans les deux cas.
Les graphiques 20 et 21 font de même pour les chiffres sur un mois.
Nous invitons aussi le lecteur à consulter le tableau complémentaire, qui donne d’autres détails et qui comprend des micrographiques.
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