Dans ce rapport, nous suivons les admissions et la délivrance des visas aux personnes qui sont autorisées à résider en permanence et temporairement au Canada, en analysant ces chiffres pour savoir s’ils cadrent avec les cibles du gouvernement fédéral dans le domaine de l’immigration.
Dans la lignée des plans fédéraux, les plus récentes Estimations démographiques trimestrielles de Statistique Canada ont confirmé une toute première baisse de la population en 2025, en raison de l’accélération des flux sortants vers la fin de l’année
- Les estimations nationales officielles et trimestrielles décalées font état d’une contraction de la population de plus de 103 000 habitants (-0,99 % sur un trimestre en chiffres annualisés) dans la période terminée le 1er janvier 2026; la population a ainsi enchaîné une deuxième baisse trimestrielle d’affilée. C’est pourquoi le gouvernement fédéral peut revendiquer une première année couronnée de succès dans son plan visant à endiguer les chiffres de l’immigration, à l’heure où le pays connaît sa première baisse annuelle de la population depuis que les annales modernes ont vu le jour : la population a baissé d’environ 102 000 habitants par rapport au 1er janvier 2025, pour inscrire une contraction de 0,25 %, portée essentiellement par d’autres baisses dans le total des résidents non permanents (RNP).
- Les baisses dans le nombre de RNP ont été plus généralisées comparativement aux précédents rapports : le nombre de titulaires du permis de travail a inscrit une baisse tendancielle constante (-108 885 habitants sur un trimestre; -12,2 % sur un an), après avoir atteint un plateau et être resté élevé durant l’hiver et le printemps 2025, ce qui explique probablement, en partie, la léthargie des chiffres sur le marché du travail du début de 2026, puisque l’offre de travailleurs continue de représenter une importante considération permanente. Si le nombre de titulaires du permis d’études ou de ceux qui sont titulaires du permis de travail et du permis d’études à la fois continue d’inscrire des baisses sur un trimestre, le rythme des sorties migratoires nettes semble se ralentir; il faudra toutefois capter d’autres données dans les prochains mois pour confirmer que les chiffres commencent à reprendre du mieux ou pour savoir s’il s’agit simplement d’un accident de parcours dans un repli par ailleurs constant.
- Dans la foulée des départs migratoires soutenus (en tenant compte des immigrants qui obtiennent le statut de résident permanent [RP] — et qui, même s’ils ne quittent pas le pays, sont comptabilisés par Statistique Canada dans les départs des RNP), le nombre de RNP en pourcentage de la population totale a baissé pour passer de 6,8 % dans le trimestre précédent à 6,5 %. Si l’objectif originel de 5 % d’ici la fin de 2026 paraît toujours hors de portée, il semble qu’on soit assez bien en mesure de l’atteindre d’ici la fin de 2027, si les départs des RNP se poursuivent à ce rythme.
- Les récentes baisses trimestrielles de la population totale, de concert avec le rythme auquel les RNP quittent le pays, permettent au Canada d’être en voie de connaître une autre année de croissance négative, ce qui cadre avec le plan fédéral. Or, les voltefaces et écarts spécifiques par rapport à la politique, dont l’objectif consiste à corriger les pénuries de main-d’œuvre (comme nous l’avons récemment constaté dans la décision du gouvernement fédéral de permettre aux employeurs des régions rurales d’accroître leur part des titulaires étrangers du permis de travail temporaire à bas salaire, qui est passée de 10 % à 15 % au 31 mars 2027) ainsi que le nombre d’arrivées d’étudiants internationaux inférieur à la cible pourraient ralentir le rythme des départs nets et faire enfin la différence entre une année de croissance négative ou de croissance nulle.
Les nouvelles cibles fixées pour les résidents permanents (RP) et le regain de l’importance consacrée à l’immigration économique et aux demandeurs qui résident déjà au Canada.
- Les cibles fixées en 2026 pour le nombre de RP (380 000), même si elles ont été réduites de 15 000 par rapport à l’année précédente, sont destinées à accroître la part des personnes admises dans la catégorie économique pour la porter à environ 63 % de toutes les admissions. Comme en 2025, l’on s’attend à ce que la majorité des admissions de nouveaux RP provienne de ceux qui habitent déjà au Canada et qui étaient déjà titulaires du permis de résidence temporaire. Près de 60 % des 393 500 personnes environ admises en 2025 appartiennent à cette catégorie; en 2026, ce pourcentage ne devrait pas bouger, mais pourrait augmenter encore.
- Le premier relevé statistique de l’année permet de constater un départ en force : environ 66 % des 24 140 demandeurs qui ont été admis dans le statut de RP en janvier appartiennent à la catégorie de l’immigration économique : la majorité d’entre eux ont été accueillis dans le cadre du Programme de l'expérience canadienne et du Programme des travailleurs qualifiés.
- Au-delà des chiffres bruts sur les admissions, les provinces de destination et la résidence de long terme de ces RP nouveaux et existants seront essentielles dans la gestion des retombées sur le marché du travail qui accompagnent irrémédiablement cet exode fulgurant de résidents temporaires dans l’ensemble du pays. Les départs de résidents temporaires, surtout ceux qui étaient venus au Canada pour des raisons professionnelles, n’auront pas d’incidence proportionnelle sur les provinces. Les provinces plus importantes comme l’Ontario, dont la base de population est déjà considérable, peuvent mieux résister aux départs migratoires, surtout lorsqu’une partie de ces départs peut être compensée par la migration interprovinciale. Or, les petites provinces comme celles de l’Atlantique sont plus exposées aux effets des titulaires des permis de travail et d’études qui quittent le pays, en étant aussi mis à rude épreuve par les taux de rétention des RP les plus anémiques dans l’ensemble du pays au cours des dernières années.
Les admissions de résidents temporaires sont peu nombreuses. Or, le nombre de résidents qui arrivent effectivement au pays pourrait être nettement plus faible…
- Les arrivées de nouveaux titulaires du permis de résidence temporaire, dont le nombre a déjà été inférieur à la cible l’an dernier, ont aussi entamé 2026 au ralenti : le Canada a accueilli 7 040 nouveaux étudiants en janvier, soit une baisse de 37 % des nouvelles arrivées par rapport au même mois il y a un an. Le même scénario s’applique aux arrivées de nouveaux travailleurs, qui ont inscrit une baisse de 20 % sur un an par rapport à janvier 2025 : le nombre d’entrées a baissé, parmi les titulaires de permis, dans le cadre du Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET) et du Programme de mobilité internationale (PMI).
- Les pics des entrées saisonnières régulières pourraient permettre de hausser le total des entrées en les rapprochant des cibles annuelles à mesure que l’année avance; toutefois, la léthargie soutenue des flux d’arrivées pourrait peser sur les marchés du travail et multiplier les pressions financières existantes sur les nombreux collèges et universités financièrement démunis, qui s’en remettent en partie aux droits de scolarité des étudiants internationaux comme source de revenu stable.
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