Nous mettons en lumière les estimations de la population nationale et les constituantes de la croissance, en mettant l’accent sur les niveaux et les courants de résidents permanents et de résidents temporaires. Dans ce rapport, nous suivons les admissions et la délivrance des visas aux personnes qui sont autorisées à résider en permanence et temporairement au Canada, en analysant ces chiffres pour savoir s’ils cadrent avec les cibles du gouvernement fédéral dans le domaine de l’immigration.
Les plus pressantes Estimations de la population de Statistique Canada font état d’une baisse trimestrielle de la population canadienne; il s’agit de la première baisse dans les annales (en excluant la COVID‑19) et de la preuve que les rigoureuses politiques migratoires annoncées l’an dernier sont fermement implantées.
- D’après les estimations nationales officielles et trimestrielles décalées, la population a perdu un peu plus de 76 000 habitants, ce qui donne une contraction trimestrielle annualisée de 0,7 %; la croissance sur un an s’est ralentie à 0,2 % environ en date du 1er octobre. En excluant l’ère pandémique de la COVID‑19, il s’agit de la première baisse trimestrielle de l’ensemble de la population depuis qu’on a commencé à tenir, en 1947, les annales actuelles.
- Les baisses de la population des résidents non permanents (RNP) expliquent essentiellement cette contraction : en chiffres nets, la population des RNP a perdu plus de 176 000 habitants par rapport au précédent trimestre, ce qui donne un repli de 5,8 % dans le nombre total de RNP au pays.
- Les étudiants internationaux ont essentiellement fait les frais de la baisse du nombre de RNP, en inscrivant un vertigineux plongeon de 16,4 % de leur nombre par rapport au précédent trimestre. Même si les derniers mois de l’été inscrivent normalement un sursaut saisonnier de la population étudiante, puisque les semestres de l’automne commencent en septembre, en raison des arrivées moindres qu’attendu (et nettement inférieures au Plan des niveaux d’immigration de l’an dernier), les chiffres sur les étudiants internationaux en 2025 ont inscrit un brusque plongeon, au lieu de connaître une glissade progressive.
- Un certain nombre de raisons expliquent la forte dégringolade dans l’arrivée des nouveaux étudiants : l’adoption de cibles pour les résidents temporaires, l’augmentation du coût de la vie, la surveillance plus étroite de l’immigration, le durcissement des règles d’implication, le parcours incertain sur la voie de la résidence permanente, les autres pays qui font valoir leurs attraits et les solutions de rechange à long terme, entre autres. Puisqu’il est improbable que ces facteurs changent de sitôt, on peut s’attendre à ce que le nombre d’étudiants continue de régresser. Toutefois, puisque d’autres données trimestrielles englobent les semestres en cours, les questions porteront essentiellement sur la continuité du rythme de la baisse du nombre d’étudiants internationaux, ou sur la stabilisation du taux de croissance global de leur nombre.
La croissance de la population que laissent entendre les données plus ponctuelles de l’Enquête sur la population active justifie le ralentissement de la tendance enregistré dans le rapport trimestriel sur les Estimations de la population, même si cette tendance est toujours supérieure au rythme à tenir pour répondre aux compressions envisagées par le gouvernement.
- En novembre, la croissance mensuelle de la population des 15 ans et plus s’est chiffrée à 0,6 % sur un mois en données annualisées (en chiffres désaisonnalisés et annualisés), en faisant plonger à 0,8 % (en données désaisonnalisées et annualisées) la moyenne mobile sur trois mois, avec un taux de croissance sur un an de 1,4 %. Malgré les fortes baisses de la population des étudiants internationaux (dont la majorité ont plus de 15 ans), les données sur la croissance de la population de l’Enquête sur la population active continuent d’être remarquablement élevées par rapport à la croissance comptabilisée dans le rapport sur les Estimations de la population trimestrielles.
La décélération de la tendance et les politiques réactualisées laissent entendre que le ralentissement est appelé à se poursuivre
- La cible annuelle des résidents permanents (RP) est appelée à reculer de 15 000 résidents; l’objectif consiste à admettre 380 000 nouveaux RP en 2026 dans le nouveau Plan — contingent qui n’a pas changé par rapport au Plan des niveaux d’immigration de 2024. Toutefois, au lieu de continuer de baisser de 15 000 résidents encore dans l’année suivante, les admissions de RP devraient rester fixes à 380 000 résidents en 2028, en priorisant l’immigration économique, ainsi que l’accroissement des admissions de RP francophones hors du Québec (soit la priorité dans les admissions pour ceux qui habitent déjà dans le pays).
- Dans le même temps, les nouvelles cibles de résidents temporaires (RT) sont appelées à baisser substantiellement dans les trois prochaines années : 385 000 arrivées de RT sont planifiées pour 2026 (contre 516 600 dans le Plan de l’an dernier), pour ensuite se stabiliser à 370 000 chaque année dans les deux années suivantes.
- Les étudiants internationaux sont appelés à constater une nouvelle baisse de leurs admissions : le plafond de 2026 est fixé à 155 000, puis à 150 000 en 2027 et 2028.
La cible du gouvernement fédéral pour la population des RNP, soit 5 % de la population totale du Canada, reste lointaine, bien qu’il soit réaliste de penser qu’on pourra l’atteindre d’ici la fin de 2027.
- La part des RNP dans la population totale s’établit à 6,8 % en date d’octobre 2025; le rétrécissement de la population des étudiants internationaux favorise essentiellement cette baisse.
- Les titulaires du permis de séjour temporaire constatent une baisse progressive de l’ensemble de leur nombre, qui a atteint un plateau à la fin de 2024 et au début de 2025. D’autres grandes catégories accusent elles aussi une baisse progressive constante de l’ensemble de leurs chiffres, même si les demandeurs d’asile ont comptabilisé une légère augmentation (1,5 %) sur les trois derniers mois et que leur nombre dépasse aujourd’hui le demi‑million.
- À l’évidence, le nombre des RNP suit une tendance baissière, et il est beaucoup plus réalisable qu’à la fin de 2026, à ce rythme, d’atteindre probablement la cible de 5 % en deux ans. La grande question est de savoir si cet élan se poursuivra, puisqu’il faudra des travailleurs temporaires en raison des réalités économiques de l’ensemble du pays, alors qu’on ne peut pas compter en permanence sur les nombreux départs d’étudiants. Il est aussi important de noter que les départs des RNP tiennent compte des résidents temporaires qui deviennent des résidents permanents. Donc, ce ne sont pas toutes les personnes désignées comme ne faisant plus partie des RNP qui ont effectivement quitté le pays.
Le nombre de résidents permanents continue de converger sur la cible, alors que le nombre total de permis de séjour temporaires délivrés rend compte de la baisse des chiffres constatée parmi les nouveaux arrivants.
- D’après la comptabilisation des 10 premiers mois de l’année, le nombre total de RP admis s’établir à 343 415, ce qui représente environ 87 % de la cible de 395 000 pour l’année. Et puisqu’il ne reste que deux mois à écouler, le gouvernement fédéral est en mesure d’atteindre son objectif.
- Le total des permis de séjour temporaires délivrés a continué d’inscrire des baisses dans les deux chiffres cette année, même en tenant compte des mois afférés de l’été, lorsque les nouvelles arrivées ont tendance à rehausser le nombre total de permis délivrés. Le nombre de permis délivrés a été nettement inférieur à celui des saisons correspondantes dans les années précédentes, et seul le Programme des travailleurs étrangers temporaires a accusé une légère baisse sur un an par rapport à 2024 (entre autres grands volets).
Au‑delà des chiffres stricts, nous surveillerons aussi les mutations de la composition puisque les nouvelles politiques visent à privilégier les catégories économiques supérieures, ainsi qu’un ensemble de programmes ciblés, dont les volets des grands talents et des compétences.
- Nous constatons déjà que les baromètres par habitant commencent à reprendre du mieux à l’heure où la population se normalise et que les nouveaux arrivants déjà installés au pays poursuivent leur long processus pluriannuel d’intégration. . Ces forces continueront probablement d’effacer partiellement d’autres vents économiques contraires, dont la baisse des chiffres des effectifs dans une certaine mesure.
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