CANADA : CROISSANCE DES VENTES ANNUELLES, MAIS FIN D’ANNÉE EN DEMI‑TEINTE

En décembre, les ventes d’automobiles au Canada se sont chiffrées à 109 700 exemplaires en données non désaisonnalisées, en baisse de 6,2 % sur un an, selon les données d’Omdia (graphique 1). En données désaisonnalisées, les ventes d’automobiles ont flanché de 2,0 % sur un mois pour s’inscrire à 1,72 million d’exemplaires en rythme annualisé (et en données désaisonnalisées et annualisées).

Le rythme des ventes d’automobiles a continué de baisser vers la fin de l’année par rapport au printemps et à l’été : il s’est ralenti pour s’établir à une moyenne de 1,78 million d’exemplaires (en données désaisonnalisées et annualisées) au T4, soit un recul de 5,9 % sur un trimestre par rapport au T3 et de 4,3 % sur un an par rapport au T4 de 2024. Le ralentissement des derniers mois de l’année est probablement attribuable à l’anticipation de la demande au printemps : les consommateurs voulaient alors devancer les distorsions douanières des prix et de l’offre. Il n’empêche que les ventes annuelles des véhicules légers ont fini l’année à 1,89 million d’exemplaires en 2025, en hausse de 4,1 % sur un an contre 1,82 million d’exemplaires en 2024; elles se sont hissées à leur plus haut depuis 2019, alors que les ventes s’étaient chiffrées à 1,92 million d’exemplaires.

Pendant une grande partie de 2025, les statistiques économiques ont été plus résilientes que ce que l’on craignait au printemps. La croissance de l’emploi a recommencé à s’accélérer à l’automne, pour se chiffrer à une moyenne de 42 800 postes au quatrième trimestre; le taux de chômage, à 6,8 %, n’a pas varié par rapport à l’année précédente. Nous nous attendons à ce que la Banque du Canada temporise, en maintenant le taux directeur à 2,25 % : elle prendra la mesure de l’évolution de l’économie et de l’impact subséquent sur les perspectives inflationnistes, et sa prochaine intervention consistera probablement à hausser ce taux dans le deuxième semestre de 2026. C’est pourquoi il est improbable que dans le court terme, les coûts du crédit pour les consommateurs et les entreprises baissent encore plus; ils pourraient en fait augmenter sur le moyen terme. Pour les ventes de véhicules légers au Canada, nos prévisions s’établissent à 1,83 million d’exemplaires en 2026, puisque nous nous attendons à ce que le rythme des ventes rebondisse après avoir récemment accusé des baisses, même si elles ne se situent pas au même niveau que le printemps dernier, et à ce qu’il augmente pour s’inscrire à 1,87 million d’exemplaires en 2027.

ÉTATS‑UNIS : AMÉLIORATION DES VENTES EN DÉCEMBRE POUR CLORE UNE ANNÉE VOLATILE

En décembre, les ventes d’automobiles aux États‑Unis ont crû de 1,9 % sur un mois pour se chiffrer à 16,0 millions d’exemplaires en rythme désaisonnalisé et annualisé selon le Bureau of Economic Analysis des États‑Unis (graphique 2).

Les ventes désaisonnalisées de véhicules légers ont progressé pour un deuxième mois d’affilée; or, le rythme des ventes s’est replié dans la foulée de l’annulation de la subvention fédérale des véhicules électriques en septembre, pour s’inscrire à une moyenne de 15,7 millions d’exemplaires (en données désaisonnalisées et annualisées) au quatrième trimestre (‑4,4 % sur un trimestre). Comme au Canada, la léthargie des récentes ventes de véhicules pourrait dans une certaine mesure s’expliquer par l’anticipation de la demande pour éviter les effets des droits de douane. Pour l’ensemble de l’année 2025, les ventes de véhicules légers ont totalisé 16,2 millions d’exemplaires, en hausse de 2,4 % sur un an par rapport à l’année 2024. Or, en excluant les mois de mars et d’avril, au cours desquels la demande en prévision des droits de douane a bondi, les ventes des 10 derniers mois de l’année se sont chiffrées à une moyenne de 15,9 millions d’exemplaires (en données désaisonnalisées et annualisées) en 2025 et ont gagné à peine 0,5 % par rapport à la même période en 2024.

Si l’économie américaine a poursuivi une vigoureuse croissance, en s’accélérant de 4,3 % (sur un trimestre, en données désaisonnalisées et annualisées) au T3, grâce à l’accroissement de la consommation des particuliers (3,5 % sur un trimestre, en données désaisonnalisées et annualisées) et à l’amenuisement du déficit commercial, nous nous attendons à ce que le rythme de croissance se ralentisse. Les gains de l’emploi ont été freinés dans les derniers mois, hormis le secteur de la santé, et le taux de chômage a été tendanciellement de l’ordre de 4,4 % en raison du durcissement des politiques migratoires. Le ralentissement du marché de l’emploi est appelé à devenir une priorité absolue pour la Réserve fédérale et constitue un facteur qui porte nos attentes pour d’autres baisses de taux : le taux actuel de 3,75 % baisserait aux alentours de 3 % d’ici au milieu de 2026. Pour les ventes d’automobiles aux États‑Unis, nos prévisions s’établissent à 15,76 millions d’exemplaires en 2026, puisque nous nous attendons à ce que le ralentissement du marché du travail pèse sur la demande, avant de progresser pour s’inscrire à 15,82 millions d’exemplaires en 2027, grâce à d’autres baisses du coût du crédit pour les consommateurs à l’heure où les effets des baisses de taux d’intérêt antérieures et projetées se répercutent sur l’ensemble de l’économie.

VENTES MONDIALES D’AUTOMOBILES : RETOUR À LA TENDANCE À L’ÉCHELLE RÉGIONALE

Les ventes mondiales d’automobiles ont perdu 1,3 % sur un mois (en données désaisonnalisées) en novembre, puisque la progression des ventes en Amérique du Nord a été éclipsée par les baisses comptabilisées dans toutes les autres régions suivies (graphique 3). En Europe de l’Ouest, les ventes d’automobiles ont régressé de 3,2 % sur un mois (en données désaisonnalisées) : elles se sont en effet repliées de concert avec leur moyenne mobile sur 12 mois, mais ont continué de progresser de 2,2 % sur un an (en données non désaisonnalisées). Dans le même temps en Europe de l’Est, les ventes d’automobiles ont cédé 5,8 % sur un mois (en données désaisonnalisées) en novembre, après avoir soldé leur meilleur mois désaisonnalisé depuis 2014. Dans la région de l’Asie‑Pacifique, les ventes d’automobiles ont perdu 1,0 % sur un mois (en données désaisonnalisées) : elles ont en effet reculé dans la plupart des pays suivis, dont la Chine (‑0,5 % sur un mois, en données désaisonnalisées), pays qui intervient pour environ les deux tiers des ventes d’exemplaires dans la région. En Amérique latine, les ventes d’automobiles ont chuté de 3,8 % sur un mois (en données désaisonnalisées) : elles se sont ralenties pour atteindre leur rythme le plus lent en données désaisonnalisées depuis août 2025. Pour les ventes mondiales de véhicules, nos prévisions s’établissent à 3,4 % en 2025; leur croissance devrait se ralentir à 1,1 % en 2026 avant de reprendre du mieux pour s’inscrire à 2,0 % en 2027 (graphique 4).