LE MARCHÉ CANADIEN DU LOGEMENT :   L’INCERTITUDE QUI RÈGNE SUR LES PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES ET INFLATIONNISTES PÈSE SUR LA CONJONCTURE DU MARCHÉ

RÉSUMÉ

Les ventes nationales de logements et les nouvelles inscriptions ont toutes fléchi en septembre par rapport à août.  En chiffres nets, la conjoncture nationale du marché de la revente s’est légèrement détendue selon le ratio des ventes sur les nouvelles inscriptions et d’après les mois de stocks.  L’IPP MLS a accusé en septembre sa plus forte baisse mensuelle depuis février 2026 et continue d’évoluer tendanciellement à la baisse depuis mars 2022.

En septembre, le volume des ventes nationales déclaré par l’Association canadienne de l’immeuble a plongé de 2,3 % (sur un mois, en données désaisonnalisées), pour enchaîner une deuxième baisse mensuelle consécutive, ce qui a dans l’ensemble effacé près de la moitié des gains constatés dans la période d’avril à juillet.  Environ les deux tiers des marchés locaux que nous suivons ont comptabilisé un repli des ventes en septembre par rapport à août; les reculs les plus prononcés ont été enregistrés à Victoria (-24,5 %), à Sudbury (-11,4 %) et à Barrie (-9,4 %).  Sur la période de 12 mois terminée en septembre, les ventes de logements ont reculé de 7,7 % (en données non désaisonnalisées), et près des trois quarts des marchés locaux suivis ont affiché une baisse.  Les replis annuels les plus importants dans les ventes ont été observés à Moncton (-26,1 %), à Sudbury (-22,4 %) et à Victoria (-17,2 %).

Dans l’ensemble du pays, les nouvelles inscriptions ont diminué de 1,8 % (en données désaisonnalisées) en septembre par rapport à août, dans la foulée de leur légère baisse tendancielle amorcée en septembre 2025.  Depuis, les nouvelles inscriptions ont perdu 5,4 % (en données non désaisonnalisées) dans l’ensemble du pays : un peu plus de 60 % des marchés locaux suivis ont aussi inscrit une baisse annuelle.

Puisque les ventes ont reculé un peu plus rapidement que les nouvelles inscriptions en septembre, le ratio national des ventes sur les nouvelles inscriptions a un peu diminué pour passer de 49,1 % (en données désaisonnalisées), en août à 48,8 % en septembre; ce ratio se situe toujours tendanciellement dans la moitié inférieure de la fourchette de la conjoncture nationale équilibrée, ce qu’il fait depuis la fin de 2024.  Cet indicateur a légèrement décliné depuis septembre 2025 (de 0,6 point de pourcentage, en chiffres désaisonnalisés); toutefois, moins de la moitié des marchés locaux suivis ont aussi accusé une baisse.  L’autre indicateur de la conjoncture du marché que nous suivons, soit les mois de stocks, s’est lui aussi un peu ralenti en septembre par rapport à août, pour passer de 4,8 à 4,9 mois, en se rapprochant un peu de sa moyenne prépandémique à long terme de 5,2 mois.

L’indice des prix des propriétés (IPP) MLS pour l’ensemble du pays a poursuivi en septembre la baisse tendancielle entamée en mars 2022, en perdant 0,4 % (en données désaisonnalisées) par rapport à août, pour enregistrer sa plus forte baisse mensuelle depuis février 2026.  Tous les types de logements ont inscrit une baisse durant cette période; le recul mensuel le plus important a été observé pour les habitations individuelles de deux étages (-0,5 %), et les maisons en rangée ont inscrit le recul le moins considérable (-0,2 %).  En septembre, cet indicateur des prix a perdu 3,4 % (en données non désaisonnalisées) par rapport au même mois en 2025; tous les types de logements ont aussi comptabilisé une baisse annuelle. 

CONSÉQUENCES

En septembre, le marché national du logement est resté anémique, comme en témoignent le ralentissement des ventes et la poursuite de la tendance baissière soutenue de l’IPP MLS qui s’est enclenchée au début de 2022.  Même si les taux hypothécaires ont fléchi par rapport à leur récent pic de l’été et de l’automne 2023, le cycle de la demande a continué de se ralentir en septembre, percuté par la multiplication des tensions commerciales mondiales et, à une époque plus récente, des tensions géopolitiques.  Ces tensions ont avivé les craintes inflationnistes et les pressions qui s’exercent sur les taux d’intérêt et ont eu pour effet de hausser le degré d’incertitude à propos de la conjoncture projetée des revenus (réels) et des coûts du financement hypothécaire.  Et comme nous l’avons mentionné dans nos précédents rapports, le rythme supérieur à la moyenne des logements nouvellement construits a aussi pour effet de détendre la conjoncture du marché et de faire baisser les prix.  C’est pourquoi cette approche attentiste des acheteurs potentiels devrait plomber la demande de logements jusqu’à ce que les tensions commerciales et géopolitiques – de concert avec l’impact qu’elles produisent sur la conjoncture escomptée de l’inflation et du pouvoir d’achat – commencent à s’apaiser.

Tableau 1: Ventes, Nouvelles inscriptions, Prix moyen, IPL MLS, Ratio ventes/Mois d’inscriptions actives; Graphique 1: Ventes de logements dans certaines villes
Veille du marché du logement de la Banque Scotia — septembre 2026
Indice des prix des logements (IPL) MLS — ouest du Canada
Indices des prix des logements MLS (suite) — est du Canada
Indices des prix des logements MLS (suite) — est du Canada et total du Canada