• Tous les baromètres fondamentaux de l’inflation de plus grande fréquence sont nettement supérieurs à la cible…
  • … alors que tous les chiffres de l’inflation sur un an sont de l’ordre de 2 % ou plus…
  • … et que l’écart de production devrait se combler dans un ou deux trimestres.
  • Les décalages dans les remaniements de la politique monétaire placent de nouveau la BdC en situation de rattrapage.
  • Notre taux terminal de 3 % est modéré. 
  • La ministre responsable doit se pencher sur les défaillances du site Web de Statistique Canada.
 
  • Canada : IPC, évolution sur un mois/sur un an en %, en données non désaisonnalisées, août :
  • Données réelles : -0,1/3,0
  • Banque Scotia :  0,1/3,2
  • Consensus : -0,1/3,0
  • Auparavant :  0,5/3,0
  • Canada : Inflation sous-jacente, évolution sur un mois, en données désaisonnalisées et annualisées, août :
  • IPC en moyenne tronquée :  3,9
  • IPC en moyenne pondérée :  2,7
  • IPC hors alimentation et énergie : 2,8

L’inflation sous-jacente s’envole au Canada et continue de justifier une hausse des taux à la réunion d’octobre.  Ces chiffres laissent fortement entendre que la Banque du Canada accuse du retard sur la courbe dans la lutte contre l’inflation.  Encore une fois.

Les trois grands indicateurs de l’inflation sous-jacente prennent tous plus de vitesse que les 2 % de la cible inflationniste.

· IPC sous-jacent traditionnel (hors alimentation et énergie) :  Cet indice s’est établi à 3,9 % sur un mois, en données désaisonnalisées et annualisées, ce qui est sans précédent depuis avril 2025.  Cette situation s’est produite dans plusieurs cas.  La moyenne mobile sur trois mois s’inscrit à 3,6 % sur un mois, en données désaisonnalisées et annualisées.  La moyenne mobile sur quatre mois est de 3,6 %, ce qui constitue un sommet depuis novembre 2023.  Cet indicateur est égal ou supérieur à 3 % sur un mois, en données désaisonnalisées et annualisées, depuis quatre mois d’affilée.  Graphique 1.

  • L’IPC en médiane pondérée a crû de 2,7 % sur un mois, en données désaisonnalisées et annualisées, pour le deuxième mois de suite.  Sa moyenne mobile sur trois mois est de 2,2 %.  Graphique 2.
  • L’IPC en moyenne tronquée a gagné 2,8 % sur un mois, en données désaisonnalisées et annualisées, pour le deuxième mois consécutif.  Sa moyenne mobile sur trois mois est de 2,2 %.  À nouveau, graphique 2.

Les taux sur un an pointent tous la même conclusion : la BdC accuse du retard dans la lutte contre l’inflation.   Dans l’ensemble, l’IPC monte de 3 % sur un an.   L’IPC sous-jacent traditionnel se chiffre à 2,1 % sur un an. L’IPC en médiane pondérée et l’IPC en moyenne tronquée s’élèvent respectivement à 2,1 % et 1,9 %.   Il y a deux mises en garde à faire.

D’abord, il faut faire attention aux baromètres de la tendance centrale de l’inflation sous-jacente (moyenne tronquée et médiane pondérée). Il ne s’agit pas d’indicateurs ponctuels sur un an.  Ce sont des chiffres annualisés composés sur un mois, qui éliminent chaque mois l’ancien chiffre pour le remplacer par le chiffre du nouveau mois. Ces indicateurs évoluent très lentement et peuvent donner une impression trompeuse des pressions inflationnistes plus récentes.

Deuxièmement, ces indicateurs sont tous essentiellement égaux ou supérieurs à la cible inflationniste de 2 % de la BdC.  C’est important.  Il ne faut pas rester autour de la borne inférieure de la fourchette neutre avec un taux directeur réel proche de zéro, voire négatif, quand tous les baromètres de l’inflation atteignent ou surpassent la cible.

Les pressions inflationnistes prennent plus d’ampleur (graphique 3).

L’inflation sous-jacente des biens a été relativement discrète (graphique 4).  Elle pourrait se relever dans les prochains mois en raison des effets limités produits par la riposte douanière. Je m’attends toutefois à ce que leur relèvement, bien qu’incertain, soit modeste. Les stocks, les commandes anticipées et les vastes marges bénéficiaires pourraient faire partie des arguments pour des répercussions haussières limitées sur les prix.

L’inflation sous-jacente des services a été le grand coupable, puisque la progression des prix des services hors logement s’est accélérée (graphique 5).

S’il en est ainsi, c’est parce que les prix des voyages organisés et l’hébergement des voyageurs ont constitué les catégories les plus fulgurantes, d’où le bond des prix de la catégorie des loisirs, de la lecture et de la formation (graphique 6).  Or, les services de voyage n’ont pas fait partie du 50e percentile (et n’ont donc pas porté l’IPC en médiane pondérée); ils n’ont pas non plus fait partie de l’IPC en moyenne tronquée, qui élimine le haut (dans ce cas) et le bas des variations de prix d’après les apports pondérés.  C’est pourquoi cette catégorie n’a pas joué de rôle dans l’accélération de la moyenne tronquée et de la médiane pondérée.

Le logement a aussi pris de la vitesse, en raison de l’accélération des logements loués.

Les graphiques 7 à 23 donnent la ventilation des constituantes du panier.

Les graphiques 24 et 25 donnent la répartition du panier sur un mois, en chiffres bruts et d’après les apports pondérés respectivement. Les graphiques 26 et 27 font de même pour les taux sur un an.

Nous invitons aussi le lecteur à consulter le tableau complémentaire, qui donne de plus amples renseignements.

Je constate qu’il s’agit de points de vue qui ne sont pas exprimés dans la presse financière.  Je n’ai aucune explication à donner à ce sujet.  L’anticipation de la réunion de la BdC dans les cours boursiers se situe aujourd’hui à 75 % de probabilités d’une hausse en octobre, à 80 % d’une hausse anticipée de 50 points de base en décembre et à 1,25 % environ de hausses anticipées d’ici l’été prochain.  Vous entendrez ces agences de presse parler de hausses alors qu’il est beaucoup trop tard pour que leurs propos soient d’actualité.

La ministre responsable de Statistique Canada – Mélanie Joly – doit encore une fois exiger des réponses et des comptes rendus puisque le site Web et les fils de données de Statistique Canada ont failli dans cette diffusion majeure.