- L’IPC total a sous-ciblé toutes les estimations : les baromètres sous-jacents de prédilection de la BdC se sont tous rétablis de leurs creux.
- L’inflation sous-jacente des biens s’est envolée; l’inflation des services a plongé et on pense savoir pourquoi.
- Mais un rapport ne change rien dans les balbutiements du risque inflationniste.
- IPC canadien, évolution sur un mois en %, en données non désaisonnalisées, en avril :
- Données réelles : 0,35/2,8
- Banque Scotia : 1,0/3,5
- Consensus : 0,7/3,1
- Auparavant : 0,9/2,4
Au Canada, l’inflation est inférieure aux attentes de tous, surtout les miennes, pour tout dire. Il s’agit d’une bonne nouvelle pour la veille de l’inflation jusqu’à maintenant; cette bonne nouvelle est toutefois très embryonnaire dans l’évaluation du risque inflationniste produit par la répercussion des prix des producteurs avant la guerre et par la répercussion du bond des cours des produits de base en raison de cette guerre.
Une catégorie me paraît douteuse et a joué un rôle important. Je vais en expliquer les raisons.
Toujours est-il que le Canada émerge d’un passage à vide pour les baromètres de l’inflation sous-jacente de grande fréquence, mais à un rythme modéré jusqu’à maintenant. Il y a encore beaucoup de données à venir, et un seul rapport ne règle rien.
Les graphiques 1, 2 et 3 font état de l’inflation désaisonnalisée sur un mois en rythme annualisé pour les baromètres sous-jacents de l’inflation. La moyenne tronquée s’est établie à 1,7 % sur un mois, en données désaisonnalisées et annualisées; la médiane pondérée ressort à 2,2 % sur un mois, en données désaisonnalisées et annualisées, sans révision. Ces deux baromètres ne font plus état des faibles données publiées dans les mois précédents. L’IPC sous-jacent traditionnel (hors aliments et énergie) s’est chiffré à 0 % sur un mois, en données désaisonnalisées et annualisées; il a été révisé à la baisse pour passer de 0 % sur un mois, en données désaisonnalisées et annualisées en mars à -0,75 %.
L’inflation des biens de base (hors aliments et énergie) s’est brusquement accélérée dans le mois écoulé (graphique 4) pour inscrire le résultat le plus explosif depuis mai 2022. Font partie des catégories qui ont porté l’inflation sous-jacente des biens, les voitures particulières, les vêtements et les chaussures. L’inflation des services a masqué cette progression en accusant la plus forte baisse depuis juillet 2020 (graphique 5).
Qu’est-ce qui explique que l’inflation des services ait si peu augmenté, au point de déjouer mes prévisions? Quelqu’un a-t-il remarqué que les voyages touristiques tendent à se dévaloriser rapidement? C’est ce qu’affirme Statistique Canada. La baisse de l’inflation dans la catégorie des loisirs, de la formation et de la lecture, dont le poids dans le panier de l’IPC s’élève à 10,1 %, a rogné environ 0,22 % sur l’évolution de l’inflation de synthèse sur un mois, qui se serait élevée à 0,6 % en excluant cette catégorie. J’aurais pensé que l’embrasement des prix des billets d’avion et les comportements conséquents auraient porté l’inflation à la hausse.
Le plaidoyer pour l’exclusion de la catégorie des loisirs, de la formation et de la lecture porte essentiellement sur les données suspectes d’une constituante : les prix des voyages touristiques (graphique 6). Statistique Canada affirme que ces prix ont plongé de 69 % sur un mois en chiffres annualisés et non désaisonnalisés, ce qui a ensuite provoqué le deuxième plongeon en importance des prix totaux des services de voyage sur un mois en chiffres désaisonnalisés pour les mois comparables d’avril dans les annales (graphique 7). Il s’agit d’une catégorie difficile à estimer à partir de données objectives, et je pense qu’il est utile de signaler cet important problème de qualité statistique.
Pour ce qui est de l’ampleur, vous avez le choix entre le graphique 8 et le graphique 9 : il s’agit soit d’une dérive chiffrée sur un an, soit d’une hausse chiffrée sur un mois en données désaisonnalisées et annualisées.
Les graphiques 10 à 21 donnent la répartition des autres constituantes du panier. Les graphiques 22 à 25 donnent la ventilation des variations sur un an et sur un mois en chiffres non pondérés et en chiffres pondérés. Nous invitons aussi le lecteur à consulter le tableau complémentaire.
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