• L’IPC sous-jacent a été supérieur au consensus.
  • L’ampleur des hausses de prix est toujours aussi considérable.
  • Les prix de l’essence et des produits d’épicerie ont augmenté comme attendu.
  • Les prix des biens de base se sont à nouveau rassérénés, ce qui pourrait toutefois ne pas s’inscrire dans la durée.
  • Les effets sur les dépenses de consommation des ménages dépendent aussi de l’IPP de demain.
  • Il faut surveiller l’estimation de l’IPC en moyenne tronquée.
 
  • IPC américain/IPC de base, évolution en % sur un mois en données désaisonnalisées, avril 2026 :
  • Données réelles : 0,6/0,4
  • Banque Scotia : 0,7/0,4
  • Consensus : 0,6/0,3
  • Auparavant : En données non révisées par rapport à 0,9/0,2

L’inflation selon l'IPC sous-jacent correspond à mon estimation. Or, il est important, cette fois, de retrancher le logement.  Ce faisant, l’inflation sous-jacente des services s’est accélérée en continuant de défier les liens avec les salaires, alors que les hausses de prix continuent de prendre de l’ampleur.

Les marchés ont réagi aux données, puis au durcissement du discours du président de la Fed de Chicago, Austan Goolsbee, en portant à la hausse les rendements des obligations du Trésor américain à deux ans et en rehaussant légèrement la progression à environ 10 points de base.

Le graphique 1 nous apprend que l’IPC sous-jacent s’est accéléré à 4,6 % sur un mois, en rythme désaisonnalisé et annualisé.

Graphique 1 : États-Unis : L'inflation selon l'IPC fondamental

L’ampleur des hausses de prix est toujours très forte (graphique 2).

Graphique 2 : L'envergure de l'inflation aux États-Unis

L’inflation est restée élevée, même après avoir éliminé l’anomalie statistique que représente le traitement du logement.  Les prix des logements ont bondi de 0,6 % sur un mois, en données désaisonnalisées : les loyers ont augmenté de 0,6 %, et l’équivalent en loyers des propriétaires, de 0,5 %.  Ces effets s’expliquent eux-mêmes en grande partie par le simple rattrapage du BLS pour mieux capter l’inflation du logement puisque l’IPC d’avril constituait pour lui la première occasion de corriger l’omission des prix du logement en octobre 2025 en raison de la paralysie budgétaire de l’État américain.  Cette omission a produit des effets durables sur la méthodologie de calcul de l’inflation du logement.  Faisons peu de cas de cet effet et disons qu’il s’agit d’une anomalie statistique passagère, puisque l’inflation des prix du logement est appelée à baisser dans la prochaine vague de données.

Toutefois, essentiellement, l’IPC sous-jacent des services, sauf l’énergie et le logement, a gagné 0,45 % sur un mois en données désaisonnalisées, ou 5,5 % sur un mois en données désaisonnalisées et annualisées.  Ce sont des chiffres explosifs, qui s’inscrivent dans le prolongement de la tendance plurimensuelle, qui fait état de données généralement élevées (graphique 3).

Graphique 3 : L'IPC sous-jacent aux États-Unis : services sauf le logement

L’IPC des biens essentiels sauf aliments et énergie s’est fait encore une fois discret, ce qui a permis de compenser en partie les prix élevés des services essentiels.  L’IPC des biens essentiels sauf aliments et énergie n’a pas bougé après avoir enchaîné trois légères hausses de 0,1 % sur un mois en données désaisonnalisées (les chiffres du graphique 4 sont annualisés), ce qui pourrait vouloir dire que les effets de transmission des droits de douane sur l’économie se sont apaisés; or : a) cette constatation ne revient pas à dire que les effets plus vastes et plus complexes de la chaîne logistique se sont résorbés; et b) le risque douanier perdure compte tenu du discours de Donald Trump.  Il se pourrait aussi que les prix des produits de base généralement plus élevés se répercutent facilement sur les prix des biens essentiels dans les mois et les trimestres à venir.

Graphique 4 : L'inflation des biens aux États-Unis

Les prix non désaisonnalisés ont augmenté plus que d’habitude pour avril (graphique 5), et le facteur de désaisonnalisation a été plus élevé que la normale, ce qui a attisé la progression des prix (graphique 6).

Graphique 5 : La comparaison de l'IPC sous-jacent aux États-Unis pour tous les mois d'avril; Graphique 6 : La comparaison des facteurs de désaisonnalisation de l'IPC sous-jacent aux É.-U. pour tous les mois d'avril

Les graphiques 7 à 15 font état de plusieurs constituantes.  À nouveau, il faut essentiellement faire peu de cas du logement.

Graphique 7 : L'inflation des loyers aux États-Unis; Graphique 8 : L'inflation du logement; Graphique 9 : Les prix des aliments aux États-Unis; Graphique 10 : IPC des États-Unis : essence
Graphique 11 : L'inflation des voitures neuves par rapport aux voitures d'occasion; Graphique 12 : États-Unis : Vêtements; Graphique 13 : Les prix des billets d'avion aux États-Unis; Graphique 14 : IPC des États-Unis : Ameublement des ménages
Graphique 15 : Les services financiers aux États-Unis

Les prix des produits d’épicerie n’ont pas tardé à s’envoler! Les « produits alimentaires à domicile » (soit les produits d’épicerie) ont augmenté de 0,7 % sur un mois en données désaisonnalisées,  ce qui s’explique par un ensemble de facteurs; il faut toutefois prendre garde d’en attribuer la faute à la guerre.  Cette guerre n’a pas d’impact direct sur les prix de la viande, par exemple, et ces prix ont monté de 1,8 % sur un mois en données désaisonnalisées et de 8,8 % sur un an, le bœuf en tête.  La solution de Trump : réduire les droits de douane sur le bœuf.  Les consommateurs ont la possibilité de remplacer le bœuf par le porc et la volaille, dont les prix ont à peine bougé, ou par les produits de la mer, dont les prix ont moins augmenté que ceux du bœuf.

Les prix de l’essence ont de nouveau brusquement flambé, mais moins que l’effet du choc initial en mars.

Les billets d’avion et les vêtements ont participé à la hausse des prix, au même titre que les services financiers, même s’ils ont peu de poids, en raison des services de préparation des déclarations de revenus, qui ont été cette fois plus complexes pour certains en raison des effets de la Big Beautiful Bill Act.

Après redressement pour tenir compte des différences de pondération, le gain de 0,6 % sur un mois de l’IPC publié aujourd’hui et l’augmentation de 0,4 % de l’IPC sous-jacent laissent entendre que les dépenses de consommation des ménages (DCM) progresseront de 0,4 % et que les DCM essentielles augmenteront de 0,25 %.  Nous actualiserons ce calcul demain en prenant connaissance des chiffres sur les prix des producteurs, puisque certains de ces prix entrent dans le calcul des DCM.

Les graphiques 16 et 17 donnent la répartition du panier selon les variations non pondérées et pondérées sur un mois.  Les graphiques 18 et 19 font de même pour les variations sur un an.

Graphique 16 : L'évolution, en avril, dans les catégories de l'IPC de synthèse aux États-Unis, sauf l'essence; Graphique 17 : Les apports pondérés, en avril, à l'évolution mensuelle de l'IPC de synthèse aux États-Unis, sauf l'essence
Graphique 18 : L'évolution sur 12 mois, en avril, dans les catégories de l'IPC de synthèse aux États-Unis; Graphique 19 : Les apports pondérés, en avril, à l'évolution sur 12 mois de l'IPC de synthèse aux États-Unis

Nous invitons aussi le lecteur à consulter le tableau complémentaire, qui donne d’autres détails et qui comprend des micrographiques.

Il faut aussi surveiller le baromètre de l’IPC en moyenne tronquée de la Fed de Cleveland compte tenu des commentaires que livrera Kevin Warsh, le nouveau président de la Fed, lorsqu’il exprimera ses préférences.

Tableau : RÉPARTITION DES CONSTITUANTES DE L'INFLATION AUX ÉTATS-UNIS
Tableau : RÉPARTITION DES CONSTITUANTES DE L'INFLATION AUX ÉTATS-UNIS
Tableau : RÉPARTITION DES CONSTITUANTES DE L'INFLATION AUX ÉTATS-UNIS