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Le cyberrisque ne se limite plus aux systèmes informatiques : il est désormais ancré dans le fonctionnement même des entreprises. À mesure que le travail se décentralise et se numérise, chaque point d’accès, qu’il s’agisse d’un ordinateur portable, d’un téléphone mobile ou d’une connexion à distance, présente un risque. Les appareils mobiles comptent parmi les points d’accès dont la croissance est la plus rapide, mais ils s’inscrivent dans une transformation plus large qui exige une approche plus globale de la cybersécurité.

Le cyberrisque est désormais une réalité incontestable de l’environnement opérationnel, les incidents pouvant entraîner des perturbations généralisées et en cascade au sein des systèmes économiques et sociaux du quotidien1.

Les appareils mobiles se trouvent aujourd’hui à la croisée de la productivité, de l’accès et de la confiance, de sorte qu’une sécurité mobile insuffisante peut rapidement devenir un enjeu pour l’entreprise. Lorsqu’un seul appareil compromis peut perturber les activités ou exposer des renseignements sensibles, la sécurité mobile dépasse largement le simple cadre des préoccupations technologiques.

Les répercussions prennent plusieurs formes : pertes financières liées à la fraude, aux mesures correctives, aux interruptions des activités et aux risques de non-conformité; atteintes à la réputation susceptibles d’attirer l’attention des autorités et d’affaiblir la valeur de la marque; érosion de confiance de la clientèle, qui peut accroître le risque de perte de clientèle; et perturbations opérationnelles pouvant retarder la prestation de services, interrompre les flux de travail et alourdir les efforts de reprise.

Verizon a constaté que 80 % des organisations considèrent les appareils mobiles comme essentiels à leurs activités2, tandis qu’IBM a indiqué que le coût moyen d’une atteinte à la protection des données au Canada s’élevait à 6,32 millions de dollars canadiens en 20243.

Pour les dirigeantes et dirigeants d’entreprise, la question n’est pas de savoir si les appareils mobiles présentent un risque, mais si les pratiques de cybersécurité suivent réellement l’évolution des modes de travail du personnel. Les appareils mobiles sont particulièrement vulnérables aux cybermenaces, car ils sont souvent utilisés sur des réseaux Wi‑Fi publics et dans des espaces de travail partagés, ce qui accroît le risque d’infection par des logiciels malveillants, d’attaques réseau, d’hameçonnage et d’autres escroqueries.

Si la flexibilité stimule la productivité, elle soulève aussi des défis propres à la cybersécurité, notamment :

  • Risque d’exploitation : La perte d’appareils, les accès à distance non sécurisés et l’utilisation de réseaux Wi‑Fi publics peuvent perturber les processus d’affaires, retarder les approbations et exposer les systèmes à des risques de compromission. Ces répercussions ne touchent pas que les équipes des TI. Selon IBM, 70 % des organisations ayant subi une atteinte à la protection des données ont signalé des perturbations opérationnelles modérées ou importantes, ce qui illustre à quel point un incident cybernétique peut rapidement compromettre la continuité des activités4.
  • Risques liés aux données et à la protection des renseignements personnels : Les applications non sécurisées, les connexions ouvertes et des contrôles insuffisants entourant l’accès mobile peuvent exposer des renseignements sur la clientèle ou sur l’entreprise, augmentant ainsi les risques de sanctions réglementaires, d’atteinte à la réputation et d’érosion de la confiance. Au Canada, 28 % des organisations ayant subi une cyberattaque indiquent que celle‑ci a nui à leur réputation, et 26 % disent avoir perdu des clientes et des clients, preuve que les répercussions des cyberincidents dépassent largement les coûts liés à la résolution et peuvent fragiliser les relations à long terme avec la clientèle5.
  • Risques liés aux facteurs humains : Mots de passe faibles, hameçonnage et ingénierie sociale continuent de faire des membres du personnel un point de vulnérabilité majeur, particulièrement sur les appareils mobiles, où l’urgence et la commodité influencent les comportements. Verizon révèle que 77 % des personnes interrogées estiment que les attaques assistées par l’IA, comme l’hypertrucage et l’hameçonnage par texto, ont de fortes chances d’aboutir, ce qui renforce l’importance de solides mesures de sensibilisation, d’authentification et de mesures de contrôle2.

Comment protéger les appareils mobiles

Les organisations progressent généralement à travers différents stades de maturité en cybersécurité, passant d’une protection réactive à une gestion proactive des risques, puis à une véritable résilience à l’échelle de l’entreprise. La sécurité mobile joue un rôle à chaque étape.

Les appareils mobiles occupent désormais une place essentielle dans les communications de l’entreprise, l’approbation des transactions et le maintien des liens entre les parties prenantes. Leur commodité en fait une cible de choix pour les cybercriminelles et cybercriminels, qui misent de plus en plus sur l’urgence, l’usurpation d’identité et des messages trompeurs pour exploiter les comportements humains.

La réduction des risques liés aux appareils mobiles repose sur une approche coordonnée, alliant des contrôles rigoureux, une conception réfléchie et une sensibilisation continue du personnel.

  • Renforcer les contrôles de base : Privilégier des mesures de protection de base, comme des codes d’accès robustes, l’authentification multifacteur, la biométrie, le verrouillage automatique des appareils et les mises à jour logicielles régulières afin de réduire les risques et de renforcer la résilience.
  • Favoriser des comportements sécuritaires par conception : Intégrer la sécurité à l’expérience du personnel pour faciliter l’adoption de bons réflexes et rendre les choix plus cohérents et moins tributaires du jugement individuel au quotidien.
  • Accroître la vigilance au sein de l’organisation : Sensibiliser le personnel grâce à des formations continues qui lui permettent de repérer les tentatives d’hameçonnage, les messages suspects et les demandes inhabituelles, et d’y réagir avec discernement.
  • Faire de la sécurité mobile une priorité pour l’entreprise : Positionner la sécurité mobile comme un enjeu stratégique commun à l’ensemble de l’entreprise, englobant à la fois les technologies, les politiques et la formation du personnel, plutôt que comme une responsabilité incombant à un seul service.

La gestion des appareils mobiles peut consolider ces bases en offrant aux entreprises une meilleure visibilité et un contrôle accru sur les téléphones intelligents, les tablettes et les ordinateurs portables. Qu’il s’agisse d’imposer des mises à jour, de limiter l’accès aux applications à risque ou d’effacer à distance les données des appareils perdus ou volés, la gestion des appareils mobiles permet aux entreprises de passer d’une approche réactive à une gestion des risques plus proactive.

En quoi l’accès à un RPV est-il utile?

À mesure que le travail s’étend au-delà des environnements de bureau traditionnels, l’accès à distance sécurisé devient un impératif d’affaires. Un réseau privé virtuel (RPV) permet de protéger les données en transit en établissant une connexion sécurisée entre les appareils du personnel et les systèmes de l’entreprise, ce qui réduit le risque d’interception de renseignements sensibles en contexte de télétravail, de déplacement ou d’utilisation de réseaux publics.

Le Centre canadien pour la cybersécurité recommande aux organisations de déterminer leurs exigences et leurs capacités opérationnelles, puis d’évaluer les risques avant de choisir un RPV6.

Concrètement, cela suppose de retenir une solution adaptée non seulement aux exigences techniques, mais aussi aux modes de travail réels du personnel et aux pratiques de gestion des accès de l’organisation dans l’ensemble de l’environnement. Les RPV sont également plus efficaces lorsqu’ils sont associés à l’authentification multifacteur, qui ajoute un niveau de protection contre les accès non autorisés.

Quatre principaux types de RPV sont couramment utilisés par les entreprises :

  • De passerelle à passerelle : Connexion de deux réseaux au moyen d’un RPV établi sur un réseau public, qui permet de sécuriser tout le trafic transmis de l’un à l’autre. On utilise généralement ce type de RPV pour connecter des lieux de travail distants.
  • D’hôte à passerelle (accès à distance) : Connexion permettant d’accéder à distance à un réseau d’entreprise, par exemple, à partir de l’ordinateur portable d’une personne en télétravail.
  • D’hôte à hôte : Connexion permettant de connecter un hôte à une ressource particulière se trouvant sur un réseau d’entreprise ou à un autre hôte en particulier.
  • RPV tiers : Connexion sécurisée entre un point d’accès public (comme le réseau Wi-Fi d’un aéroport ou d’un hôtel) et le RPV d’un fournisseur tiers. Ce dernier redirige alors le trafic de manière à ce qu’il semble provenir de son réseau.

La cybersécurité, c’est l’affaire de tous

Une cybersécurité robuste dépasse largement le cadre technique : elle repose sur une véritable capacité organisationnelle. Elle exige une mobilisation concertée de la direction, du personnel et des responsables des politiques et des technologies, afin d’intégrer la sécurité aux décisions prises au quotidien. Une approche de sécurité à plusieurs niveaux appuyée par des règles claires, des mécanismes de surveillance et un accompagnement fiable permet de mieux définir et ancrer les comportements sécuritaires attendus du personnel.

Les entreprises qui misent à la fois sur la technologie et sur leur personnel pour renforcer la sécurité de leur organisation seront mieux armées pour préserver la confiance de leur clientèle, limiter les perturbations et faire preuve de résilience face aux menaces.

Face à l’évolution constante des cybermenaces, les entreprises ne sont pas laissées à elles-mêmes. À la Banque Scotia, nous accompagnons nos clientes et nos clients au moyen d’initiatives de sensibilisation aux risques de fraude, de formations et de conseils pratiques visant à renforcer leur cybersécurité et à protéger leurs activités. Découvrez comment renforcer la sécurité des appareils mobiles de votre entreprise.

 

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Sources :

1.      Centre de la sécurité des télécommunications Canada. (2024). Évaluation des cybermenaces nationales 2025-2026. Centre canadien pour la cybersécurité. https://www.cyber.gc.ca/fr/orientation/evaluation-cybermenaces-nationales-2025-2026

2.     Verizon. (2024). 2024 Mobile Security Index. https://www.verizon.com/business/resources/Tbec/reports/2024-mobile-security-index.pdf

3.     IBM Canada. (30 juillet 2024). IBM Report: Escalating Data Breach Disruption Pushes Cybersecurity Costs in Canada. https://canada.newsroom.ibm.com/2024-07-30-IBM-Report-Escalating-Data-Breach-Disruption-Pushes-Cybersecurity-Costs-in-Canada

4.     IBM. (juillet 2024). Cost of a data breach report 2024

5.     Autorité canadienne pour les enregistrements Internet. (1er octobre 2024). Une étude de CIRA révèle que la cybercriminalité éloigne les client·es des entreprises canadiennes touchées. https://www.cira.ca/fr/ressources/nouvelles/cybersecurite/2024-cira-etude-cybercriminalite-cyber-crime-eloigne-clientes/

6.     Centre canadien pour la cybersécurité. Les réseaux privés virtuels. https://www.cyber.gc.ca/fr/orientation/les-reseaux-prives-virtuels-itsap80101