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Alors que l’intelligence artificielle permet des cyberattaques de plus en plus sophistiquées, les incidents de cyberfraude deviennent à la fois plus fréquents et plus coûteux. À l’échelle mondiale, les coûts liés à ce type d’incident devraient atteindre 265 milliards de dollars américains d’ici 2031, sans compter les coûts indirects importants découlant des atteintes à la réputation et du rétablissement à long terme1.

Le cyberrisque est désormais une réalité incontestable de l’environnement opérationnel, les incidents pouvant entraîner des perturbations généralisées et en cascade au sein des systèmes sociaux et d’entreprise utilisés au quotidien1. Pourtant, de nombreuses organisations ne se sont pas encore préparées à y faire face. Lorsque des incidents ont des répercussions sur les activités, les données, les paiements, la clientèle ou la réputation, il reste peu de temps pour établir l’orientation, fixer les priorités ou coordonner les communications. Sans approche d’intervention définie, les organisations sont contraintes de prendre des décisions importantes sous pression, ce qui augmente souvent les risques de perturbation, de retard dans le rétablissement des activités et de perte de confiance.

Cet écart entre le risque et une bonne préparation se reflète dans le comportement des dirigeants mondiaux. Selon le rapport Global Cybersecurity Outlook 2026 du Forum économique mondial, 77 % des organisations signalent une augmentation des incidents, plaçant la cyberfraude et l’hameçonnage au premier rang des préoccupations en matière de cyberrisques des chefs d’entreprise. Or, seulement 19 % des organisations croient que leur cyberrésilience dépasse les exigences de base, tandis que 45 % citent les pénuries de main-d’œuvre qualifiée comme un obstacle majeur à l’amélioration2.

Ces constats mettent en lumière une réalité plus vaste : pour de nombreuses organisations, l’intervention en cas d’incident n’est pas encore pleinement intégrée comme une capacité opérationnelle essentielle. C’est la raison pour laquelle l’élaboration d’un plan d’intervention en cas d’incident est essentielle.

Les incidents touchent les entreprises de toutes tailles.

Ce défi ne se limite pas aux grandes entreprises. Le Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe estime que 40 % des petites et moyennes entreprises cessent leurs activités après une perturbation majeure, et que seulement 20 à 30 % d’entre elles ont mis en place des plans écrits de continuité des activités3. Au Canada, les lacunes en matière de préparation pourraient être encore plus prononcées. Ann Wyganowski, vice-présidente chez HZX Business Continuity Planning et formatrice au Disaster Recovery Institute Canada, estime que près de 90 % des petites entreprises ne disposent pas d’un plan de continuité4. Bien qu’ils ne soient pas propres aux cyberincidents, ces constats mettent en lumière une vérité plus vaste : les organisations qui se préparent à l’avance sont mieux placées pour s’adapter, se rétablir et poursuivre leurs activités en cas de perturbation.

Quelle que soit leur taille, les organisations les mieux placées pour gérer les perturbations sont celles qui se sont préparées, en mettant en place les structures nécessaires pour intervenir rapidement, prendre des décisions éclairées et poursuivre leurs activités dans les moments qui comptent le plus.

Atténuation des effets négatifs d’un incident

Un plan d’intervention efficace en cas d’incident constitue la base d’une action rapide et coordonnée.

En définissant à l’avance les rôles, les processus de recours hiérarchique et les cadres décisionnels, les organisations peuvent endiguer les problèmes plus rapidement, réduire les perturbations opérationnelles et assurer la continuité pendant les événements à fort impact avant qu’ils ne perturbent davantage les activités.

La valeur de cette préparation est mesurable. Le Rapport sur le coût d’une violation de données d’IBM a révélé que les organisations dotées d’une équipe et de plans d’intervention en cas d’incident réduisent les coûts d’une violation de 473 706 $ US en moyenne5.

Au-delà des coûts, un plan clair contribue également à protéger les systèmes, les données et les renseignements qui sont essentiels aux activités quotidiennes et à la résilience organisationnelle à long terme.

Consolidation de la croissance à long terme

L’incidence de la planification des interventions en cas d’incident va au-delà de l’endiguement immédiat. Dans les situations où les enjeux sont importants, les clients, les partenaires, le personnel et les autres parties prenantes observent non seulement la rapidité d’intervention d’une organisation, mais aussi la justesse et la crédibilité de son leadership. Les entreprises qui peuvent agir avec coordination et transparence sont mieux placées pour consolider leur réputation d’organisation sécuritaire, en plus d’accentuer et de maintenir la confiance de leurs clients et partenaires, même sous pression.

Au fil du temps, le processus d’élaboration et de maintien d’un plan d’intervention renforce également l’organisation elle-même. Une bonne planification permet de repérer les vulnérabilités, de clarifier les dépendances et d’améliorer la coordination avant qu’un incident ne se produise. Comme le recommande le Centre canadien pour la cybersécurité, les organisations devraient définir les services essentiels, documenter les procédures d’intervention et mettre régulièrement à l’essai les plans de continuité6.

En ce sens, la planification des interventions en cas d’incident ne consiste pas seulement à gérer les perturbations, c’est aussi un moyen pratique de bâtir une organisation plus résiliente et adaptable à long terme.

L’échange de renseignements protège le milieu des affaires.

À mesure que les capacités d’intervention en cas d’incident se développent, les organisations de premier plan étendent leur champ d’action au-delà de la coordination interne pour inclure la communication et l’échange de renseignements à l’externe. Les lignes directrices du Centre antifraude du Canada mettent l’accent sur l’importance de signaler les incidents de fraude et les cyberincidents aux forces de l’ordre et aux systèmes nationaux, afin de permettre aux autorités de cerner les tendances, d’établir des liens entre les cas et de renforcer les efforts de prévention dans l’ensemble de l’économie7.

Au bout du compte, les organisations les mieux placées pour résister aux perturbations sont souvent celles qui ont investi du temps dans la préparation avant qu’un incident ne se produise. Dans un environnement où la confiance, la continuité et la réactivité ont un poids considérable, l’élaboration d’un plan ne consiste pas seulement à intervenir en situation de crise. Il s’agit de s’assurer que l’organisation peut diriger avec clarté, crédibilité et contrôle dans les moments les plus importants, et en ressortir en ayant maintenu la confiance dont dépendent les relations à long terme.

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Sources

1.      Vergara Cobos, Estefania et Cakir, Selcen. (2024), A Review of the Economic Costs of Cyber Incidents. Washington, DC : Banque mondiale. https://documents1.worldbank.org/curated/en/099092324164536687/pdf/P17876919ffee4079180e81701969ad0a18.pdf

2.     Forum économique mondial. (janvier 2026), Global Cybersecurity Outlook 2026. https://www.weforum.org/reports/global-cybersecurity-outlook-2026

3.     Bureau des Nations Unies pour la réduction des risques de catastrophe. (27 juin 2025), Continuity planning empowers businesses to adapt, recover, and thrive. https://www.undrr.org/news/continuity-planning-empowers-businesses-adapt-recover-and-thrive

4.     The Globe and Mail. (mai 2025), After a crisis, can your small business keep going?, https://www.theglobeandmail.com/business/adv/article-after-a-crisis-can-your-small-business-keep-going

5.     IBM. (s. d.), Qu’est-ce que la réponse aux incidents?, IBM Think. https://www.ibm.com/fr-fr/think/topics/incident-response

6.     Centre canadien pour la cybersécurité. (janvier 2026), Élaboration de votre plan de continuité des activités (ITSAP.10.005), Gouvernement du Canada. https://www.cyber.gc.ca/fr/orientation/elaboration-plan-continuite-activites-itsap10005

7.     Centre antifraude du Canada. (27 novembre 2025), Signaler les cas de fraude et de cybercriminalité, Gouvernement du Canada. https://antifraudcentre-centreantifraude.ca/report-signalez-fra.htm