L’initiative Femmes de la Banque Scotia

Sommaire du rapport de recherche

Le présent rapport jette un nouvel éclairage sur la disparité des connaissances et de la confiance en finance entre les hommes et les femmes propriétaires d’une petite entreprise au Canada. Ces nouvelles observations ont toute leur importance, puisque l’éducation et l’assurance en matière de finance sont deux déterminants de la prise de décisions financières1, qui sont elles-mêmes à la base de la réussite ou de l’échec des petites et moyennes entreprises (PME) canadiennes2, 3. Par ailleurs, le niveau de littératie financière influe aussi sur les objectifs de croissance que se fixent les propriétaires de PME4, sur leur capacité à mobiliser et à investir du capital5 ainsi que sur leur aisance à gérer les finances de leur entreprise6.

L’Organisation de coopération et de développement économiques7, la Banque mondiale8 et d’autres institutions internationales rapportent qu’en moyenne, les femmes s’en sortent moins bien que les hommes aux tests de connaissances financières. Et le Canada ne fait pas exception : en moyenne, ce sont les hommes qui obtiennent les résultats les plus élevés9. En outre, les femmes entrepreneures ont généralement moins d’expérience en commerce et en finance que leurs homologues masculins au démarrage de leur entreprise10. Le niveau de connaissances financières, tout particulièrement lorsqu’il est associé à la confiance en soi à ce sujet, peut alors se traduire par des problèmes d’accessibilité, notamment au capital, qui freinent la croissance des entreprises.

Mieux on comprend quelles sont les connaissances utiles à la gestion d’une petite entreprise, mieux les entrepreneurs seront outillés pour prendre des décisions financières éclairées. Par ailleurs, cela pourrait expliquer en partie les écarts entre les sexes qui existent au Canada en matière de financement pour les petites entreprises.

Pour analyser les corrélations entre entrepreneuriat, connaissances financières, confiance en finance et capital financier selon une perspective hommes-femmes, L’initiative Femmes de la Banque ScotiaMC s’est tournée vers deux experts mondiaux en entrepreneuriat féminin et en financement des petites entreprises : Barbara Orser, Ph. D., professeure Deloitte en gestion des entreprises de croissance, et Allan Riding, Ph. D., professeur émérite en finances, qui enseignent tous deux à l’École de gestion Telfer de l’Université d’Ottawa. L’équipe a créé une série d’indicateurs novateurs et un processus d’analyse inédit permettant de mesurer objectivement les connaissances financières sur les petites entreprises. En partenariat avec la Banque ScotiaMD, Research Strategy Group Inc. a réalisé un sondage auprès de 1 000 PME dans l’ensemble du Canada, dont les résultats ont alimenté le présent rapport. Les institutions financières comme les établissements d’enseignement pourront tirer parti de nos conclusions et de nos analyses pour aller à la rencontre des propriétaires de petites entreprises et mieux les épauler. Enfin, le présent rapport vient éclairer L’initiative Femmes de la Banque Scotia dans sa mission de soutenir les entreprises détenues par des femmes en leur offrant des formations, un accès au capital et du mentorat.

Principaux constats

Les demandes de prêt présentées par les femmes propriétaires d’entreprise sont plus souvent acceptées, mais aussi moins nombreuses. Dans les 12 mois précédant le sondage, 7 % des femmes interrogées avaient fait une demande de prêt, contre 11 % des hommes. Dans le sous-groupe de répondants ayant besoin de financement pour leur entreprise, ce sont 34 % des femmes qui avaient présenté une demande, tandis que les hommes étaient 47 % à avoir entrepris la démarche.

Parmi les demandeurs, 88 % des femmes ont vu leur demande acceptée, contre 77 % des hommes. Un tel résultat laisse penser qu’au-delà des écarts de connaissances et de confiance en finance entre les sexes, les femmes propriétaires d’une petite entreprise sont moins enclines à assumer les risques associés au financement par emprunt que les hommes. Cela souligne entre autres la nécessité de mettre en place des programmes didactiques visant à informer les clients du rôle important que joue leur éducation financière dans la croissance et la pérennité de leur entreprise, ainsi qu’à appréhender les effets potentiels de leur niveau d’acuité financière sur ces deux aspects.

La littératie financière est un facteur de croissance pour les entreprises, mais les écarts entre les sexes persistent. Le niveau de connaissances financières des femmes propriétaires d’entreprise est, en moyenne, inférieur à celui de leurs contreparties masculines. Même en tenant compte des différences systémiques comme l’âge, la scolarité, l’expérience et la langue parlée, les femmes étaient 56 % plus nombreuses que les hommes à avoir des connaissances financières « sous la moyenne », un écart qui persiste malgré le nombre d’années d’expérience en gestion. En outre, les femmes entrepreneures sont moins certaines de bien comprendre la réalité financière d’une petite entreprise. En effet, tandis que 58 % des hommes déclaraient maîtriser ou très bien maîtriser le sujet, seulement 45 % des femmes en ont fait autant. Enfin, les femmes accordent moins d’importance que les hommes au rôle des connaissances financières dans la croissance de leur entreprise.

Préférences en matière de financement : La majorité des répondants, quels que soient la taille de leur entreprise ou leur sexe, s’attendent à réinvestir les liquidités de leur entreprise et à puiser dans leur épargne personnelle pour en financer la croissance. Par rapport aux propriétaires de petites entreprises, ceux qui détiennent une grande entreprise sont relativement plus enclins à prévoir l’utilisation de sources formelles de financement (comme un prêt bancaire pour particuliers ou pour entreprise) et de solutions de crédit commercial. Comparativement à leurs homologues masculins, les femmes se déclarent considérablement moins susceptibles d’avoir recours à un crédit commercial ou à un emprunt bancaire – pour particulier comme pour entreprise – comme source de financement. Indépendamment de la taille des entreprises, la probabilité que presque toutes les sources de financement mentionnées soient utilisées est plus faible chez les femmes propriétaires d’entreprise que chez les hommes.

Renforcer les connaissances et la confiance en finance est porteur de valeur. Pour permettre aux femmes propriétaires d’entreprise au Canada d’atteindre leurs objectifs de croissance, les formations et autres initiatives doivent autant mettre l’accent sur les connaissances financières que sur la confiance qu’elles s’accordent à ce sujet. Il ne suffirait pas de miser sur la littératie financière uniquement. S’ils veulent outiller ces entrepreneures, les pédagogues, les mentors et les formateurs se doivent d’être réceptifs et capables de s’adapter à leur réalité : leur niveau d’assurance, leur expérience et leurs besoins en formation. Pour y parvenir, le matériel didactique doit permettre d’éveiller leur conscience et celle des investisseurs aux biais cognitifs qui peuvent affecter l’accessibilité des concepts financiers et de gestion financière d’une petite entreprise, ainsi que l’utilisation qui en est faite. Il est également crucial de remarquer que la façon dont ces concepts sont présentés aux entrepreneures peut combler leur manque d’assurance ou, au contraire, l’exacerber.

Dans le présent rapport, on se penche sur les implications que peuvent avoir les conclusions du sondage dans les pratiques, l’apprentissage et la formation des petites entreprises. Ces conclusions nous indiquent que corriger l’écart hommes-femmes en matière de connaissances financières, de confiance en finance et de financement aiderait les femmes à améliorer leur sécurité financière.

Pour obtenir davantage de détails sur le sondage, l’étude et ses conclusions, téléchargez notre rapport complet en haut de la page.

 

Citations

1. Organisation for Economic Cooperation and Development (OECD, 2016).
2. Thornhill, S., & Amit, R. (2003).
3. Baldwin, J., Gray T., Johnson J., Proctor J., Rafiquzzman, M., & Sabourin, D. (1997).
4. Constantinidis, C., Cornet, A., & Asandei, S. (2006).
5. Orser, B., & Hogarth-Scott, S. (2002).
6. Orser, B., Cedzynski, M., & Thomas, R. (2007).
7. OECD (2016).
8. Xu & Bilal (2012).
9. Drolet M. (2016)
10. Orser, B., Cedzynski, M., & Thomas, R. (2007).