Changer pour le mieux : Comment l’expérience d’Ana Gatti en tant que femme de la communauté LGBT dans le secteur des services financiers s’est améliorée tout au long de sa carrière.

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Ana Gatti a passé une entrevue dans une entreprise où les directeurs de toutes les 52 succursales étaient des hommes. Aujourd’hui première directrice et chef auditeur pour Scotiabank Uruguay, elle revoit le parcours des dix dernières années du secteur financier qui a fini par accepter les femmes et des membres de la communauté LGBT+ comme elle.

 

Par Katy Paul-Chowdhury

Cet article a d’abord été publié dans womenofinfluence.com.

Après avoir travaillé dix-sept ans comme auditeur externe pour un cabinet comptable mondial, Ana Gatti a été invitée à poser sa candidature au poste de chef auditeur dans une banque locale de l’Uruguay. Durant l’entrevue, elle a appris que tous les 52 directeurs de succursale étaient des hommes, mais elle ne s’est pas préoccupée des difficultés possibles dans ses relations au sein d’un environnement à prédominance masculine. Elle se disait : « Et alors? Quelle est la différence? »

Cette histoire résume la façon intrépide et ouverte dont Ana aborde la vie et les difficultés, ainsi que sa carrière dans le secteur bancaire habituellement dominé par les hommes.

Elle a décroché le poste et deux ans plus tard, la Banque Scotia a fait l’acquisition de l’entreprise pour laquelle elle travaillait. Ana est maintenant chef auditeur à Scotiabank Uruguay (SBU) et est responsable du Service d’audit interne. Elle relève directement du comité d’audit du conseil de SBU et du chef auditeur de la Banque Scotia.

Dans le cadre de ses fonctions, Ana fournit une opinion indépendante sur l’évolution de la gestion du risque, les mesures de contrôle et la gouvernance d’entreprise au sein de l’organisation. « Cela me fascine », dit-elle. « L’évolution du monde est si rapide que de nouveaux risques surviennent tout le temps. La cybersécurité, par exemple, est un grand débat en ce moment. »

Ana s’est retrouvée à un tournant décisif de sa carrière quand, en tant que jeune comptable, elle a été détachée auprès de la division d’audit des services bancaires et des marchés des capitaux du cabinet à Londres, en Angleterre. « J’ai déjà été à des misions à court terme en Amérique du Sud, mais deux ans dans une ville aussi cosmopolite avec une culture complètement différente, c’était exceptionnel. Le Service de comptabilité était plus grand que celui d’Uruguay et notre clientèle aussi était à une échelle différente. C’était un tout nouveau mode de vie – j’interagissais avec des gens des quatre coins du monde et de tous les milieux économiques. De nouveaux horizons se sont ouverts à moi. »

Ana revoit sa carrière au sein des services financiers en tant que banquière principale et membre de la communauté LGBT. « Il y a eu de nombreux progrès au cours des dix dernières années. Les nouvelles générations sont beaucoup plus ouvertes. Les gens sont mieux informés. Le droit égal au mariage dans plusieurs pays, y compris l’Uruguay, a été essentiel à cet égard. Et les membres de la communauté LGBT+, y compris ceux qui sont célèbres et qui ont de la visibilité, sont de plus en plus nombreux à vivre leur vie ouvertement. Mais nous avons encore du chemin. »

Est-ce que le fait d’être membre de la communauté LGBT a façonné sa carrière ou sa perspective en tant que banquière? Ana répond non. « Je crois pas que ma vie serait différente si j’étais mariée à un homme. Ce sont les valeurs, les objectifs et les décisions d’une personne qui façonnent sa carrière. Cela aide aussi d’avoir des organisations comme la Banque Scotia qui favorisent un milieu inclusif où tous les employés réalisent leur plein potentiel. » Son conseil aux gestionnaires et aux membres de la direction en ce qui a trait à l’avancement des femmes et des membres de la communauté LGBT+ reflète cette perspective. « Donnez l’exemple. Incarnez les valeurs de la Banque Scotia au quotidien : respect, intégrité, passion et responsabilité. Encouragez les autres aussi à le faire quel que soit leur sexe, leur orientation sexuelle, leur race ou leur religion. Soutenez-les afin qu’ils puissent donner le meilleur d’eux‑mêmes et amorcer leur cheminement de carrière. »

Ana félicite les efforts de la Banque Scotia en ce qui concerne l’avancement des femmes et la création d’un milieu plus accueillant pour les membres de la communauté LGBT+. « Les membres de la haute direction font de l’égalité des genres et des LGBT+ une priorité. Lors de son passage, notre chef régional a dîné avec des dirigeantes et nous a encouragées à amorcé notre cheminement de carrière ainsi que notre avancement au sein de la Banque. Notre chef de la direction et chef national en Uruguay est un champion de la haute direction de HeForShe à a Banque Scotia, une initiative par laquelle les hommes font de l’égalité des genres une priorité en apportant de vrais changements au sein de leur équipe et ailleurs. L’année dernière, pour la première fois en Uruguay, des bannières arc-en-ciel ont été affichées dans certaines succursales de la capitale avec le message « La diversité nous rend plus forts » et chaque employé a reçu un stylo arc-en-ciel. On m’a demandé de faire une entrevue pour notre site intranet et les commentaires recueillis étaient très positifs. »

Avez-vous rencontré des difficultés? « Beaucoup! Mais sans elles, je ne serais pas la personne que je suis. Je considère les difficultés comme des occasions; elles vous rendent plus forts et plus résilients. Je les affronte et j’agis de manière positive afin de donner le meilleur de moi-même et d’en tirer parti. »

Le dernier défi d’Ana? Son MBA qu’elle a entamé. « C’est stimulant! On a toujours quelque chose d’intéressant à apprendre dans ce monde en constante évolution. Ce qui me plaît le plus, ce sont les échanges d’idées avec les différents étudiants. » Cet intérêt pour la diversité est certainement à la base de sa passion pour les voyages. « Ma compagne depuis 25 ans, une artiste visuelle contemporaine, et moi adorons voyager. Nous avons commencé à l’âge de 22 ans et nous n’avons jamais arrêté. »

Quand elle n’est pas au travail ou en voyage, Ana sort souper ou va au théâtre avec des amis, prend une marche tout le long du Rio de la Plata ou passe du temps avec sa famille élargie. Son enthousiasme pour son travail et pour la vie se reflète dans le conseil professionnel qu’elle donne aux jeunes femmes : « Vous avez de la valeur. Soyez confiantes. Foncez, quoi qu’il en soit. »