La pandémie de COVID-19 a créé une période d’incertitude inédite, mais la Banque Scotia demeure bien positionnée grâce à son grand volume de capital et de liquidités, et sa mission première est d’aider ses clients et ses employés à surmonter la crise, a fait savoir son chef de la direction, Brian Porter.

« Nous sommes conscients que nous devons servir d’amortisseur pour l’économie, alors nous allons tout faire pour aider les petites entreprises et les ménages canadiens à tenir bon, et leur fournir le capital dont ils besoin pour traverser la crise », a-t-il déclaré lors d’un appel avec des investisseurs et des analystes ce mardi.

M. Porter s’est exprimé lors d’une discussion virtuelle destinée à démêler les tenants et les aboutissants de la pandémie du nouveau coronavirus et à établir le niveau de préparation et la stratégie d’intervention de la Banque face aux défis à venir, tandis que les activités commerciales non essentielles et la consommation ont été mises sur pause dans l’espoir de ralentir la progression du virus.

S’exprimant au sujet de la capacité de la Banque Scotia à affronter le ralentissement, M. Porter estime qu’elle a un volume plus que suffisant de capital, et l’ensemble du secteur bancaire canadien dispose de près de trois fois plus de ressources que durant la crise financière de 2008, rappelle celui qui était chef de la gestion du risque de la Banque à cette époque.

Par ailleurs, la Banque Scotia détient environ 10 milliards de dollars de capital de plus que les minimums exigés ainsi que 5 milliards de dollars de provisions pour pertes sur créance, a ajouté M. Porter.

« Nous avons un excellent bilan, de nombreuses liquidités, un important capital, et les pertes envisagées dans le secteur de l’énergie sont négligeables et facilement gérables par la Banque. »

La guerre des prix du pétrole entre la Russie et l’Arabie saoudite a fait dégringoler le cours du pétrole brut, ce qui a eu des répercussions sur le secteur énergétique du Canada.

M. Porter a fait remarquer que l’exploration et la production pétrogazières ne représentent que 1 % des investissements de la Banque dans le monde, et que sur cette portion, 53 % sont des prêts de qualité.

« Cela montre la qualité de notre portefeuille. Nous allons subir des pertes, comme toutes les banques du monde, relativement au secteur de l’énergie. Cela ne fait aucun doute. Mais je pense qu’il faut mettre les choses en perspective. »

Comme autre aspect essentiel de la préparation de la Banque, M. Porter a mentionné les investissements massifs réalisés ces dernières années dans la technologie, en lien notamment avec la cybersécurité et, surtout, la planification de continuité des activités (PCA).

La Banque Scotia a mis l’accent sur la PCA, en déployant des systèmes pour prévenir les perturbations ou y réagir, à la suite d’événements qui se sont produits dans certains de ses marchés internationaux, tels que des ouragans aux Antilles et des tremblements de terre au Chili, a également indiqué M. Porter.

« Nous avons appris de nos expériences passées, et considérant que la majeure partie de notre personnel est actuellement en télétravail, nos investissements dans la PCA s’avèrent aujourd’hui très payants. Il y a même des employés des Centres de contact qui travaillent de la maison. Ils ont accès au RPV, ce qui leur permet de continuer à s’occuper de nos clients. »

La Banque Scotia et d’autres banques canadiennes ont annoncé plusieurs mesures pour venir en aide aux clients et aux entreprises touchées par la crise de la COVID-19, sous la forme d’allègements tels que des reports de versements hypothécaires.

Le Centre d’appels de la Banque a traité plus de 80 000 appels par jour dans les différents Centres de contact, et les appels aux équipes des prêts hypothécaires et des prêts personnels ont augmenté de plus de 500 %, a rapporté M. Porter.

La Banque Scotia a récemment lancé un programme de report de versements hypothécaires en ligne, qui a conduit à plus de 60 000 approbations de report en cinq jours, selon M. Porter.

Pour lui, cette période marquée par les exhortations des autorités sanitaires à rester à la maison aura de profondes conséquences sur la façon dont les clients utilisent les services bancaires. Il a mentionné que la Banque a reçu plus de demandes pour des relevés électroniques ces deux derniers mois qu’au cours de toute l’année dernière.

« Nous voyons que les Canadiens s’adaptent aux circonstances. Les gens changent leur façon d’effectuer leurs opérations bancaires, puisque la nécessité fait loi. »

M. Porter a assuré que la Banque ne prévoyait pas de réduire sa main-d’œuvre au Canada.

« Tous nos employés sont en activité en ce moment. Pour ce qui est de la structure des coûts, nous n’avons pas l’intention de mettre à pied qui que ce soit au pays alors que nous traversons cette épreuve. Nous voulons continuer à faire travailler nos employés. Nous accordons des primes aux personnes en première ligne, et nous nous efforçons de protéger notre personnel, sa santé, et sa volonté d’offrir un service de qualité à nos clients. »

Parmi les mesures de soutien prises par la Banque pour protéger ses employés, M. Porter a fait état d’un accès accru à des conseils médicaux.

« La Banque a pour priorité ses employés et leur sécurité, et elle met en œuvre tous les protocoles nécessaires, par exemple le déploiement d’infirmières dans les Centres de contact, et la possibilité pour le personnel de communiquer avec notre médecin en chef. On fait tout notre possible pour assurer la sécurité de nos employés, et donc celle de nos clients. »