• Le gouverneur Tiff Macklem n’est « pas à l’aise » avec l’inflation.
  • Son discours fait peu de place à la souplesse pour sonder le plein-emploi…
  • … puisque l’inflation dépasse nettement la cible de la BdC.
  • Les principaux extraits de son discours indiquent qu’il est plus pressé de durcir la politique monétaire.

La fonction de réaction de la Banque du Canada semble basculer rapidement, comme en témoignent aujourd’hui les déclarations du gouverneur.

Le discours du gouverneur Tiff Macklem (accessible en cliquant sur ce lien) explique plus clairement comment la BdC entrevoit l’accord sur l’inflation plutôt modifié avec le gouvernement fédéral et à appliquer dans le contexte actuel. Le ton révèle discrètement une volonté de durcissement. Les marchés ont en quelque sorte compris le message en inversant essentiellement la remontée d’une feinte de tête dans les taux des marchés à court terme d’après les chiffres de l’inflation (récapitulatif accessible en cliquant sur ce lien), tout en plafonnant la dévalorisation en dollars CA. Il s’agit de réactions plutôt discrètes des marchés par rapport au message central.

Le ton du discours est venu généralement renforcer ses propos dans la conférence de presse de lundi — lorsqu’il a précisé que ce n’est pas encore le moment, dans ce cycle, de donner la priorité au ciblage de l’emploi maximum au lieu de se concentrer sur l’inflation. Le ton de son discours indique que la banque centrale favorise peut-être l’emploi maximum quand l’inflation se rapproche de la cible des 2 %, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. Selon le message fortement télégraphié dans ce discours, la BdC coche essentiellement la case de la reprise de l’emploi et passe en deuxième vitesse dans son mandat inflationniste — essentiellement comme le fait la Fed, sauf que dans ce cas, il n’y a pas de double mandat en bonne et due forme.

Voici donc, à mon avis, les extraits les plus pertinents. Ils font savoir clairement que la souplesse dans le sondage dans les cas où l’emploi maximum existe est un luxe quand l’inflation se rapproche de la cible et que la BdC n’a pas ce luxe, compte tenu de la conjoncture actuelle, comme l’indique l’inflation élevée. Il laisse la porte ouverte à une hausse de taux en janvier, en attendant l’évolution du variant Omicron, les données sur l’emploi et sur l’inflation, ainsi que la conjoncture en général.

« Nous ne sommes pas à l’aise avec l’évolution de l’inflation. » La réflexion de Tiff Macklem sur la question a progressé à peu près comme suit : il s’agit de tous les effets de base —> c’est transitoire —> les hausses de prix sont de moindre envergure —> l’inflation est de courte durée, mais n’est pas transitoire —> et aujourd’hui, il n’est pas à l’aise avec l’évolution de l’inflation.

« Il est évident que ce moment se rapproche. » Telle est sa réponse quand on lui a demandé si le moment est venu de délaisser les indications prospectives pour envisager une flambée de l’inflation.

« Je crois que ce que l’on constate dans l’ensemble, c’est que la marge de capacité excédentaire importante dont nous disposions dans l’économie est substantiellement diminuée. » [Note de la rédaction : Nous attirons votre attention sur le verbe au temps passé dans cette déclaration.]

« Il ne fait aucun doute que la capacité excédentaire du marché du travail est absorbée. Il y a des postes vacants qui continuent d’indiquer qu’on a besoin de travailleurs dans l’économie. »

« Nous surveillerons très attentivement les données qui seront publiées. Quand nous nous réunirons le 26 janvier pour prendre notre prochaine décision, nous aurons un RPM complet, ainsi qu’un compte rendu sur les perspectives et sur les risques, et je vous donne l’assurance que nous adopterons les mesures voulues pour stimuler l’économie. » À mon avis, on peut facilement interpréter cette déclaration comme un signe annonçant une hausse des taux en janvier.

« L’entente énonce aussi que lorsque les conditions le justifient, [la Banque pourrait] utiliser la flexibilité de la fourchette de maîtrise de l’inflation de 1 [%] à 3 % pour rechercher activement le niveau d’emploi durable maximal. Et quand est-ce que les conditions pourraient le justifier? Quand l’inflation est [proche] de la cible, les taux d’intérêt sont plus [proches] de la normale, et nous ne sommes pas certains que le niveau d’emploi durable maximal a véritablement été atteint. Évidemment, ces conditions ne sont pas réunies à l’heure actuelle, car l’inflation dépasse considérablement la cible et le taux directeur est très bas. Mais une fois que nous serons sortis de la pandémie et que l’économie se sera normalisée, l’incertitude quant au niveau d’emploi durable maximal est appelée à perdurer. Donc, dans les bonnes conditions, cette approche exploratoire pourrait consister à faire preuve de plus de patience pour mieux cerner le niveau d’emploi durable qui serait compatible avec la stabilité des prix. »

« Même si nous nous attendons à ce que l’inflation ralentisse au cours du deuxième semestre de 2022, nous surveillons de près les attentes d’inflation et les coûts salariaux. Nous veillerons à ce que les forces qui font grimper les prix n’aient pas, en fin de compte, une influence durable sur l’inflation. Et c’est exactement ce que le cadre nous permet de faire. » [Note de la rédaction : Cette déclaration laisse entendre que la BdC est ouverte à l’idée de faire basculer les attentes pour une baisse de l’inflation, à mon avis.]

« Comme je l’ai déjà souligné, la stabilité des prix et le niveau d’emploi durable maximal vont main dans la main. »

« Et vous pouvez vous attendre à nous entendre parler plus souvent de la façon dont notre analyse des marchés du travail intervient dans nos décisions de politique monétaire. »

Aujourd’hui, puisque la conjoncture de l’équilibre de l’économie peut exister alors que dans l’ensemble, la capacité excédentaire se referme et qu’on atteint le niveau d’emploi maximal, peut-on dire que la BdC n’a plus la souplesse d’explorer exactement le moment auquel se referme la capacité excédentaire? Les journalistes n’ont pas posé cette « question cruciale »; or, le ton des déclarations de Tiff Macklem indique qu’il est en train de perdre patience vis-à-vis de l’inflation malgré les mesures qui indiquent qu’il y a une capacité excédentaire, ce qui voudrait dire qu’il mettrait de côté son engagement à ne pas hausser les taux tant que cette capacité excédentaire ne sera pas résorbée ou qu’il faut réviser le PIB potentiel qui permettra de combler avant terme cette capacité excédentaire.

Vivement la Fed!

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