• Les prévisions sur les taux à terme n’ont pas bougé.
  • La réaction du dollar CA et des taux a été conciliante…
  • … uniquement parce que certains pensaient que la BdC durcirait aujourd’hui le ton.
  • La confiance que l’on portait aux vaccins a plongé.
  • Les prévisions sur la surcapacité et l’inflation ont peu changé.
  • La BdC a enfin reconnu les pressions salariales!
  • Dans l’ensemble, c’est un rendez-vous en janvier avec de nouvelles prévisions.
  • Une hausse des taux en avril reste le scénario probable le plus hâtif.

La Banque du Canada a essentiellement répondu à nos attentes dans sa déclaration d’aujourd’hui. Or, le segment de l’opinion du marché qui croyait que la BdC durcirait le ton en télégraphiant plus explicitement une hausse des taux en janvier a été pris de court.

En somme, le discours est devenu conciliant uniquement par rapport aux cours du marché qui s’étaient emballés et qui se révélaient plutôt inflexibles en raison du variant Omicron. C’est pourquoi les rendements des obligations du gouvernement du Canada à 2 ans ont perdu environ 8 points de base, ce qui a peut-être été exagéré par les basculements dans les positions parmi certains acteurs du marché. Dans l’ensemble, la courbe des obligations canadiennes surclasse le dégagement des taux américains. Le dollar CA a perdu environ un demi-cent.

Le plus important, c’est que la BdC a maintenu ses prévisions selon lesquelles elle ne procèdera à une hausse des taux qu’en avril prochain au plus tôt, et non avant. C’est ce qu’elle a exprimé en reprenant ses prévisions à terme, qui n’ont pas changé :

« Nous restons engagés à maintenir le taux directeur à sa valeur plancher jusqu’à ce que ces capacités excédentaires se résorbent, de sorte que la cible d’inflation de 2 % soit atteinte de manière durable. Selon la projection d’octobre de la Banque, cela se produirait au deuxième ou au troisième trimestre de 2022. »

L’indication d’une certaine distance par rapport aux projections d’octobre n’est pas terriblement importante, puisque la BdC avait tendance à ancrer ses points de vue dans les réunions distinctes du RPM en fonction de ses dernières prévisions. Pourtant, il faut se pencher sur d’autres statistiques dans la déclaration pour savoir dans quelle mesure elle s’en tient à ces prévisions ou si elle prend ses distances.

Dans l’ensemble, selon le ton général de la déclaration, on a l’impression qu’elle laisse ses options ouvertes pour la prochaine évaluation prévisionnelle de janvier.

Pour ce qui est des déclarations neutres ou conciliantes, voici ce qu’elle a déclaré :

  • La mention selon laquelle « les vaccins s’avèrent très efficaces contre le virus » est maintenant disparue. Je doute que ce soit involontaire. Aujourd’hui, tous sont logés à la même enseigne quand il s’agit d’évaluer les résultats des travaux de recherche sur l’efficacité des vaccins en réaction au variant Omicron. Ce qui ne veut pas dire que la BdC n’ait tout à coup plus confiance dans les vaccins, et si elle était obligée de le faire, je m’attendrais à ce que le sous-gouverneur Toni Gravelle déclare demain qu’il a toujours confiance dans les vaccins. Pourtant, cette omission traduit probablement plus d’incertitude vis-à-vis des vaccins actuels. Nous n’en savons encore pas suffisamment à ce propos. Toutefois, nous savons effectivement que dans le meilleur des cas, on peut faire preuve d’un optimisme prudent. Le variant Omicron s’abattra probablement sur les populations très inégalement, comme le fait valoir la note publiée dans l’avant-midi.
  • En outre, on continue d’insister sur la mollesse chronique de l’économie, sans évoquer des réflexions nouvelles sur le PIB potentiel. C’est ce que nous constatons quand la Banque affirme qu’au T3 de 2021, le PIB accuse toujours une baisse de 1,5 % par rapport au T4 de 2019.
  • C’est ce qu’elle affirme aussi dans ses prévisions sur l’écart de production et sur l’inflation, qui n’ont pas changé. La BdC s’attend toujours à ce que l’inflation « se modère aux environs de 2 % dans le deuxième semestre » de 2022. Elle n’a pas amplifié les inquiétudes inflationnistes; or, il faut se rappeler que sa fonction de réaction présumée sur les taux et sur les autres variables de la politique est enfouie dans ses prévisions, afin de produire ce résultat. Il faut aussi se rappeler que la BdC a gonflé jusqu’à maintenant ses prévisions inflationnistes et que traditionnellement, elle affirme toujours qu’elle atteindra sa cible inflationniste, ce qu’il faut donc prendre avec une montagne de sel. Toujours est-il que le retour sur la cible est toujours compatible avec les hausses de taux, puisque tous les autres facteurs sont à l’équilibre ou s’en approchent; il faudrait donc adopter un taux directeur plus neutre dans ce cas également.
  • S’agissant des solides comptes rendus sur l’emploi, la Banque affirme désormais que l’emploi est « ramené… au niveau d’avant la pandémie ». C’est peut-être ergoté, mais non : l’emploi comptabilise en fait un gain de 186 000 postes de plus qu’en février 2020, ce qui représente une hausse de l’ordre de 1 %. Il n’y a pas de quoi rire à mon avis. Il est évident qu’il y a des points épineux sur le jugement que porte la BdC à propos des conditions du marché du travail compte tenu des conclusions de l’examen stratégique en instance et de leur communication par le gouverneur Tiff Macklem et par la ministre des Finances Chrystia Freeland. Nous sommes déjà, à mon avis, en situation de plein emploi et nous n’avons pas besoin de nous aventurer sur le mandat de la BdC à un stade cyclique aussi sensible dans le cycle sans frôler un nouveau type de risque.

Le discours s’est durci sur les points suivants :

  • La déclaration reconnaît que « la croissance des salaires s’est accélérée elle aussi ». Enfin! Quelqu’un d’autre affirme ce que je dis depuis de nombreux mois maintenant! Cela dit, cette déclaration soulève d’autres questions. Une grande question est de savoir si la BdC fait état d’un regain de confiance dans la mesure des salaires de l’EPA tout en mettant en lumière la hausse des frais de main-d’œuvre unitaires et en se distançant de la lenteur et du décalage de la mesure « commune des salaires » qu’avait introduite l’ancien gouverneur Stephen Poloz. De plus, si la BdC confirme aujourd’hui les pressions salariales, est-ce à dire que la Banque s’inquiète désormais davantage du renforcement des effets des salaires et des prix?
  • La Banque a répété qu’elle « surveille de près les attentes d’inflation et coûts de main-d’œuvre pour s’assurer que les forces faisant grimper les prix n’ont pas, en fin de compte, une influence durable sur l’inflation ». Il faut se rappeler ce que démontrent les enquêtes de la BdC auprès des consommateurs et des entreprises en ce qui a trait à la hausse des attentes inflationnistes, en plus de se rappeler les statistiques sur la flambée de l’inflation des salaires. La BdC affirme que si ces pressions continuent de s’amplifier, elle réagira en durcissant le ton. Il est plutôt improbable que le variant Omicron aide à résoudre la pénurie de main-d’œuvre (et par le fait même les pressions salariales) ou les blocages de la chaîne logistique (et, partant, l’inflation).

Dans l’ensemble, la BdC a effectivement résisté aujourd’hui à l’envie de cracher dans le lait de poule des fêtes de qui que ce soit. Elle est restée fidèle à ses prévisions, selon lesquelles elle commencera à hausser les taux dès avril prochain. Elle peut aujourd’hui se relaxer et évaluer les nouvelles statistiques probantes sur plusieurs fronts, en plus de refaire le point à sa réunion du 26 janvier 2022, ce qui lui donnera l’occasion de réviser ses prévisions. Nous devrions alors avoir beaucoup plus d’informations sur le variant Omicron et ses effets, de même que sur la politique budgétaire canadienne et sur le suivi général des nouvelles données et de la conjoncture.

Demain, à 14 h, heure de l’Est, le sous-gouverneur Toni Gravelle déposera Le point sur la situation économique, qui sera suivi d’une conférence de presse aux environs de 15 h 15, heure de l’Est. Il pourrait se contenter de répéter les prévisions d’aujourd’hui et de mettre à jour le suivi de la performance de l’économie et de l’inflation. Pourtant, M. Gravelle dirige la division des Marchés financiers de la BdC, et la dernière qu’il a pris la parole en mars 2021, il a été question de la dynamique du bilan. Des questions restent sans réponse à propos de la gestion du bilan à terme; toutefois, on ne sait pas vraiment si la BdC est prête à étendre ses prévisions à cette étape ou si elle attendra quelques jours avant la première hausse des taux.

Nous invitons le lecteur à consulter ci-joint la comparaison des déclarations.

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