• Le gain de 850 k emplois déjoue les attentes.
  • Or, les détails ont été léthargiques.
  • Les salaires pourraient télégraphier un durcissement du marché de l’emploi.
  • Les marchés ont essentiellement fait fi des données publiées.

Salaires non agricoles, États-Unis, sur un mois en milliers//taux de chômage, en chiffres désaisonnalisés, juin 2021 :
Données réelles : 850/5,9
Banque Scotia : 700/5,7
Consensus : 720/5,6
Auparavant : 583/5,8 (révisées à partir de 559/5,8)

Synthèse : Les États-Unis ont créé beaucoup plus d’emplois que prévu, grâce à un gain de 850 k; il s’agit d’une hausse statistiquement importante, compte tenu de l’intervalle de confiance de 90 % des emplois non agricoles, soit +/-110 k. Or, la qualité du gain dans son ensemble a été moindre, en raison de sa très forte concentration dans à peine deux secteurs (loisirs-hébergement et gouvernement) et du volet gouvernemental qui comporte un faux risque statistique. En retranchant ces deux catégories, tout le reste de l’économie américaine n’a gagné que 319 k emplois. C’est honnête, sans toutefois être exceptionnel pour la relance de l’économie, ce qui laisse entendre que les problèmes de l’offre perdurent par rapport au nombre colossal d’offres d’emplois. La croissance des salaires continue de laisser entendre que le marché de l’emploi pourrait se durcir plus que ce que le président de la Fed, Jerome Powell, a eu tendance à affirmer.

MOINDRE ENVERGURE

Le graphique 1 donne la ventilation de l’évolution du nombre d’emplois en juin par secteur. Dans les services, le nombre d’emplois a augmenté de 642 k, et dans le secteur des biens, il n’a augmenté que de 20 k. Dans ce dernier secteur, le gain est surtout attribuable à l’activité manufacturière (15 k); dans la construction, le nombre d’emplois a peu évolué pour un troisième mois d’affilée.

Dans les services, le gain a été de moindre envergure. Les loisirs et l’hébergement ont gagné 343 k emplois pour inscrire un troisième gain d’affilée dans la fourchette des 300 k emplois. Ce secteur est parmi les plus fortement sanctionnés par des restrictions pandémiques et devrait rebondir et connaître l’essor le plus fulgurant à mesure que les restrictions seront levées; or, à cause de ce rythme, le secteur a toujours perdu 2,18 millions d’emplois depuis la période qui a tout juste précédé la pandémie. Parmi les autres secteurs de services, les services aux entreprises (+72 k) viennent ensuite : un peu moins de la moitié du nombre d’emplois gagnés l’a été grâce à l’aide temporaire (33 k). Les échanges commerciaux et le transport ont gagné 99 k emplois, dont 67 k emplois dans le commerce de détail. L’éducation et la santé ont comptabilisé une hausse de 59 k emplois, les TI, 14 k emplois, et le secteur des finances n’a pas bougé.

DISTORSION DES GAINS DANS LE SECTEUR DE L’ÉDUCATION

Au gouvernement, le nombre d’emplois a augmenté de 188 k; il faut toutefois lancer un sérieux avertissement sur la qualité des données. Tout ce gain s’explique par les administrations des États et gouvernements locaux, puisque le gouvernement fédéral a perdu 5 k emplois.

Le Bureau of Labor Statistics (BLS) a averti que dans le secteur de l’éducation, les gains d’emplois étaient faussés. Dans l’ensemble, on a comptabilisé 269 k emplois de plus dans le secteur de l’éducation, soit 155 k emplois de plus dans les administrations locales, 75 k emplois de plus dans les administrations des États et 39 k emplois de plus dans le secteur privé. Il s’agit du résultat des distorsions imputables à des facteurs saisonniers exceptionnels. Le BLS a fait savoir que l’évolution saisonnière normale était faussée par des mises à pied moins nombreuses que d’habitude à la fin de l’année scolaire, ce qui a donné lieu à un gain faussé dans les chiffres désaisonnalisés. En somme, parce qu’il y a eu un retour graduel à l’apprentissage en présentiel, on a l’impression qu’il s’agit d’un gain de l’emploi dont ne tiennent pas compte les corrections saisonnières types à une époque de l’année dans laquelle le secteur mène typiquement la transition avec des pertes d’emplois non désaisonnalisées.

LES SALAIRES POURRAIENT TÉLÉGRAPHIER UN DURCISSEMENT DU MARCHÉ DE L’EMPLOI

La croissance des salaires s’est accélérée à 3,6 % sur un an et a donc presque doublé le rythme précédent de 1,9 %, comme prévu et en tenant compte des effets de base.

Or, tout ne s’explique pas par les effets de base, puisque le rythme des gains de salaires sur un mois s’est établi à 0,3 % en chiffres désaisonnalisés dans la foulée des gains précédents de 0,4 % et de 0,7 %. Le graphique 2 fait état de la vigoureuse progression annualisée et désaisonnalisée des gains sur un mois (4 % en juin). Il s’agit peut-être d’un signal de prix qui indique le durcissement du marché de l’emploi par rapport aux nouveaux travailleurs et aux compétences recherchées. Il est difficile de faire table rase d’un gain compositionnel, compte tenu de la concentration des gains de l’emploi dans les secteurs dans lesquels les salaires sont relativement faibles. Les anecdotes des pressions sur les salaires continuent de se multiplier dans l’économie américaine.

AUTRES DÉTAILS

Le taux de chômage s’est hissé à 5,9 % contre 5,8 % dans le mois précédent (graphique 3); le taux de participation à la population active n’a pas évolué, à 61,6 %. Le taux de chômage est dérivé de l’enquête complémentaire sur les ménages, qui fait état d’une baisse de 18 k emplois par rapport à la hausse de 151 k emplois dans la taille de la population active, ce qui explique l’augmentation du taux de chômage. L’enquête sur les ménages est notoirement volatile.

Les révisions ont inscrit une légère augmentation de 15 k emplois, répartie entre mai (+24 k) et avril -9 k).

Le total des heures de travail a augmenté d’à peine 0,2 % sur un mois, ce qui est identique aux deux mois précédents. Cette hausse est satisfaisante, sans toutefois être exceptionnelle, puisqu’elle indique qu’au-delà de la moindre envergure des gains de l’emploi, soit que les employeurs agitent le fouet sur les heures de travail des employés en poste, soit que les effectifs réduits travaillent déjà à plein régime! Or, en rythme trimestriel désaisonnalisé, les heures de travail ont gagné environ 4,5 % au T2 (graphique 4).

Le nombre de travailleurs en disponibilité temporaire et permanente n’a pas bougé dans un cas comme dans l’autre. Le nombre de chômeurs à long terme a augmenté de 233 k à 4 millions. Le nombre de ceux qui affirment ne pas participer à la population active surtout en raison de la pandémie a plongé à 1,6 million contre 2,5 millions, pour un autre creux pandémique (graphique 5).

La perte cumulative nette des emplois depuis février 2020 est maintenant ramenée à 6,76 millions. Je continue de croire que ce chiffre surestime peut-être de millions d’emplois la mollesse du marché de l’emploi. Veuillez consulter le graphique 6 pour prendre connaissance des changements cumulatifs qui se sont produits jusqu’à maintenant durant la pandémie.

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