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Gestion des placements et des liquidités en période de ralentissement économique

Fred Ketchen : Bienvenue aux balados de la Banque Scotia. Je suis Fred Ketchen, directeur, Négociation de titres chez ScotiaMcLeod. Cette série de balados met en vedette certains des experts les plus chevronnés de la Banque Scotia et a pour but de vous aider à faire valoir vos avoirs et à élaborer des stratégies qui vous mettront aux commandes de vos finances.

Dans cet épisode, nous parlerons davantage des défis particuliers que les grandes entreprises doivent relever à l'égard de leurs placements en cette période de ralentissement de l'économie mondiale. Nous en discuterons avec Alberta Cefis, vice-présidente à la direction et chef, Transactions bancaires mondiales.

Alberta, pouvez-vous nous décrire l'impact de la conjoncture économique actuelle sur nos entreprises clientes et leurs placements?

Alberta Cefis : Si nous remontons deux ans en arrière, le paysage économique était fort différent. Le premier changement est survenu en août 2007 lorsque le marché des prêts hypothécaires à risque américains a commencé à s'effondrer, entraînant une grave crise de liquidité d'envergure mondiale. Cette crise a surtout été provoquée par la profonde incertitude entourant la valeur des titres qui soutenaient le papier commercial adossé à des actifs, lequel était en grande partie garanti par ces prêts hypothécaires. En septembre 2008, cette crise de liquidité a dégénéré en une crise de crédit mondiale largement précipitée par ce qui arrivait aux institutions financières du monde - on pense notamment à Lehman et AIG. Avant l'éclatement de ces crises, nos entreprises clientes n'avaient pas les mêmes préoccupations et attentes qu'aujourd'hui quant à leurs fonds excédentaires et à la façon de les placer. On insistait sur les rendements élevés.

F.K. : Donc, les gens recherchaient le rendement, en ne faisant peut-être pas attention au risque lié aux placements à rendement plus élevé.

A.C. : Absolument. On mettait l'accent sur le rendement élevé, et beaucoup moins sur le profil de risque du produit de placement, voire de l'émetteur. Désormais, les chefs des finances, trésoriers et chefs de la direction des entreprises se demandent plutôt comment préserver la liquidité et les flux de trésorerie et comment limiter le risque. Ils recherchent donc des placements liquides à court terme et des institutions sûres et bien capitalisées.

F.K. : Nous serions donc passés soudainement d'une période où l'on prenait beaucoup de risques censés procurer plus de récompenses à une période où l'on a tâché de corriger le tir en retirant ses billes des placements pouvant rapporter davantage. Chose certaine, nous sommes devenus beaucoup moins tolérants à l'égard du risque. Cela signifie-t-il que nous allons soudainement nous retrouver dans une position beaucoup trop prudente?

A.C. : À ce point-ci du cycle, c'est trop tôt pour le dire. Évidemment, le marché est dynamique et nos clients le sont aussi. Ainsi, lorsque les marchés se rallieront et que les tendances remonteront, nous assisterons probablement au passage d'une stratégie axée sur l'atténuation du risque à une stratégie d'équilibre entre la gestion du risque et le rendement. Cependant, je ne crois pas que nous revenions un jour à la situation antérieure. Ce qui était normal avant la crise de liquidité et la crise du crédit ne l'est plus après.

F.K. : Gère-t-on mieux le crédit qu'avant ou cette gestion présente-t-elle encore un défi?

A.C. : Le problème de liquidité semble s'être atténué en 2009. Le crédit reste un enjeu. Cependant, ces deux facteurs ont exercé une influence dominante sur les économies du monde entier. Ils ont créé pour ainsi dire «un nouvel ordre mondial».

F.K. : Comment l'évolution des taux d'intérêt a-t-elle influencé les décisions que les entreprises prennent à l'égard de leurs placements?

A.C. : Il y a un an à peine, en juin 2008, le taux préférentiel s'établissait à 4,75 % au Canada. Il est actuellement de 2,25 %, en baisse de 250 points de base. Les taux d'intérêt ayant atteint un creux historique, les clients ne recherchent pas vraiment le rendement. Ils vont plutôt penser au risque et, dans cette conjoncture où les taux sont si bas, très peu de choses les motivent à immobiliser des fonds pour une longue période.

F.K. : Dans ce contexte, optez-vous pour des durées très longues ou vous concentrez-vous sur des durées très courtes afin de pouvoir faire des ajustements lorsque la situation change?

A.C. : Toutes nos entreprises clientes cherchent fortement à mitiger le risque et à disposer de liquidité (parce que c'est encore un problème), et optent donc pour des placements à court terme. Elles ne veulent pas immobiliser leurs fonds et désirent plutôt avoir une marge de manœuvre pour réagir à l'évolution des marchés et de l'économie.

F.K. : À votre avis, compte tenu de l'état dans lequel se trouvent les marchés du monde, combien de temps la récession mondiale va-t-elle durer?

A.C. : C'est une bonne question. Précisons que je ne suis pas économiste. Cependant, puisque nous avons un portefeuille mondial et faisons affaire avec des clients dans plus de 50 pays, je suis en mesure d'observer la situation. Les choses varient selon l'endroit où vous vous trouvez. Ainsi, le Canada et les États-Unis sont encore aux prises avec la récession mondiale, mais le rythme de la contraction ralentit. Le service des études économiques de la Scotia croit que nous sommes à la veille de passer de la récession au redressement, mais que cela ne se fera pas rapidement. Ce ne sera pas la nette remontée que nous avons déjà connue. C'est vrai au Canada et aux États-Unis, mais la situation est assez différente en Europe. Ce continent n'est pas rendu à la même étape du cycle et certains pays sont encore dans l'œil du cyclone comme la Russie, l'Europe orientale et les États membres de la CEI. Par ailleurs, le Fonds monétaire international prévoit (mais la prévision est un art plutôt qu'une science) un redressement de 1,9 %, soit en deçà des 4 % que nous considérons normalement comme une reprise économique. Une autre constatation inquiétante ressort de notre portefeuille de clientèle, à savoir que le commerce international se contracte de 9 % cette année. Or, c'est en grande partie le commerce international qui a fait grimper le PIB, de sorte que cette contraction est très préoccupante en raison de son lien direct avec le PIB. Nous assistons aussi à une montée du protectionnisme dans certains pays. Ce serait très, très mauvais pour l'économie mondiale et pour toutes les entreprises qui la soutiennent.

F.K. : Les ministres des finances, les banques centrales et d'autres responsables financiers ont recommandé des programmes de stimulation pour sortir du marasme. Les projets de stimulation fusent de partout. Cela fonctionne-t-il vraiment? A-t-on fait plus que distribuer de l'argent qui aboutit dans des comptes bancaires?

A.C. : Nous avons observé une synchronicité sans précédent dans le monde; les banques centrales ont adopté une stratégie coordonnée consistant à stimuler puissamment l'économie par des injections de fonds rapides et massives. Il s'agit d'une première historique. Cependant, il faut du temps pour que ces mesures produisent leurs effets. Par ailleurs, la baisse du prix des produits de base a quelque peu amélioré la situation. L'impact du prix du pétrole sur les consommateurs et les entreprises n'est plus du tout le même qu'il y a 12 mois. La baisse des prix a fait son chemin dans l'économie. Les choses sont plus faciles, mais il n'y a pas de solution rapide. J'ajouterais une variable très importante : on ne peut avoir d'économie solide à l'échelle nationale et mondiale sans un système financier international sain. La guérison du système financier n'est pas terminée dans certains pays, et nous avons besoin d'institutions financières vigoureuses pour une reprise vigoureuse de l'économie.

F.K. : Qu'est-ce que cela signifie pour les entreprises et comment leurs institutions financières naviguent-elles dans la situation économique actuelle?

A.C. : Un banquier fiable est toujours un partenaire important et c'est ainsi que je vois notre rôle auprès des entreprises. Il faut être là quand les choses vont bien et quand elles vont mal. Lorsque l'économie est moins certaine, les entreprises ont encore plus besoin des conseils et des approches axées sur les solutions des banques. En fait de services aux entreprises, nos clients attendent de nous des solutions de gestion des liquidités (comment l'optimiser), des solutions de gestion de trésorerie (comment la maîtriser) et des solutions entourant le fonds de roulement qui est si important pour eux. Sur le plan des produits, cela suppose que nous offrions une gamme complète de services de financement des opérations commerciales, de services de gestion de trésorerie, de services de paiement et de services bancaires électroniques, associée à une stratégie assez résiliente en matière de dépôts et de placements.

F.K. : La gestion de trésorerie suppose que l'on possède des fonds excédentaires. Qu'est-ce qu'une société attend de sa banque en fait de conseils sur la façon de placer cet excédent?

A.C. : À mon avis, deux choses. Premièrement, vu l'état des marchés et de l'économie, les clients ne veulent pas immobiliser des fonds à long terme. Donc, en matière de dépôts et de placements, nous disons à nos clients qu'ils devront toujours disposer des fonds nécessaires pour leurs activités quotidiennes, ce qui est l'affaire des comptes d'entreprise et d'exploitation. S'ils ont un excédent de fonds, nous étudierons les options en partenariat avec eux, qu'il s'agisse de placements à un jour, d'épargne à intérêt élevé ou de CPG encaissables. Ces instruments leur donneront un rendement satisfaisant, avec une très bonne atténuation du risque et une grande latitude. Deuxièmement, nos entreprises clientes attachent une importance primordiale à notre plateforme de gestion de trésorerie, qui permet le déplacement d'argent d'un compte à l'autre pour le remboursement des dettes ou les placements, les paiements, la compensation d'intérêts et la consolidation avec comptes miroirs et leur procure le SIG robuste dont ils ont besoin pour gérer leur position de liquidité.

F.K. : Si je comprends bien, il s'agit d'offrir une gestion de placement professionnelle profitant à tout le monde dans les circonstances actuelles. À cet égard, le Canada jouit d'une excellente réputation sur le marché mondial. Est-ce une bonne nouvelle pour les entreprises canadiennes?

A.C. : C'est une excellente nouvelle pour les entreprises canadiennes, et un atout formidable pour nous auprès de la clientèle internationale dans une foule de domaines. Le système bancaire canadien est considéré comme un modèle à l'échelle de la planète. Le forum économique mondial a placé le pays au premier rang des centres de services financiers du monde, classement confirmé par le FMI et Standard & Poor's. Par contraste, les États-Unis arrivent 40e et la Grande-Bretagne 44e. Nos banques sont extrêmement bien capitalisées. Elles ont une notation de crédit solide. Elles ont un coefficient du capital de catégorie 1 solide. Elles ont été bien réglementées et gérées rigoureusement. Elles ont adopté des politiques très différentes des autres. Par exemple, aucune banque canadienne ne s'est précipitée pour accorder des prêts hypothécaires à risque. Notre profil de risque est donc très différent. Comme je l'ai dit tout à l'heure, nos clients se soucient désormais de l'intégrité de l'émetteur des titres portant intérêts. Ils regardent non seulement le produit, mais aussi l'institution qui garantit le papier ou le dépôt. Les banques canadiennes se retrouvent donc dans une situation privilégiée à cet égard, ce qui est de bon augure pour notre économie et nos clients. Cette année, la Banque Scotia figure parmi les dix banques les plus performantes du monde selon le classement international des sociétés de services financiers d'Oliver Wyman.

F.K. : De toute évidence, les entreprises font encore face à des défis de taille, mais les perspectives semblent s'éclaircir. Que vous disent vos clients? Qu'est-ce que l'avenir leur réserve?

A.C. : Là encore, cela dépend du pays. Au Canada, aux États-Unis et même au Mexique, nos clients de la zone ALENA veulent actuellement en priorité atténuer le risque, avoir des politiques de placement très solides et disposer d'amples liquidités. C'est une préoccupation clé. Ils ne courent pas après le rendement et désirent plutôt se positionner pour profiter du rebond des marchés quand il surviendra. Soucieux de sécurité, ils font attention à la solidité de la banque avec qui ils font affaire et de l'émetteur du papier qu'ils possèdent. Par ailleurs, ils s'associent avec nous dans le cadre d'une relation bancaire globale, où le crédit s'ajoute à ce dont je viens de parler, à savoir les services de gestion de trésorerie, de paiements, de dépôts et de placement pour procurer des solutions optimales. Dans la conjoncture présente, ils voient dans leur banquier un partenaire de confiance.

F.K. : Un thème qui ressort de vos propos est celui de nos relations avec les clients. Nous devons faire en sorte qu'ils aient confiance en nous, qu'ils sachent que leur banque marche d'un pas solide et que les choses vont s'améliorer.

A.C. : Oui, et c'est cette confiance qu'ils trouvent au Canada en raison de la robustesse du système financier et de la position très solide de toutes les banques. De notre côté, nous leur inspirons confiance par la compétence des spécialistes que nous mettons à leur service, des gens qui peuvent examiner leur bilan et leurs mouvements de trésorerie et recommander des stratégies adaptées à l'entreprise. C'est ce qui compte pour le client : Comment économiser? Comment optimiser ses placements? Comment gérer le risque?

F.K. : Tout cela est empreint de bon sens et je vous remercie de nous avoir fait part de vos idées. Nous espérons que ce balado spécial entreprises aidera nos clients commerciaux et nos grandes sociétés clientes à relever les défis du marché et de l'économie. Ici Fred Ketchen qui vous remercie. Pour de plus amples renseignements concernant nos services de transactions bancaires mondiales, veuillez consulter notre site www.banquescotia.com/tbm.



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